Depuis le 10 juillet 2022, 49 soldativoiriens en tenue militaire, non armés, ont été arrêtés par la junte militaire au pouvoir au Mali, à Bamako dès leur descente d’un avion civil, de la compagnie nationale Air Côte d’Ivoire.


Depuis un mois, la négociation et la diplomatie ont été les voies privilégiées par le Gouvernement ivoirien pour obtenir leur libération. Accusés d’être des “mercenaires”, inculpés pour “tentative d’atteinte à la sûreté de l’État”, et mis sous mandat de dépôt”, ils ont été écroués ce dimanche 14 aout, et ce, en pleine médiation notamment du Togo.

La détention injustifiable de ces militaires en mission pour l’ONU met en avant les tensions entre le fragile régime Malien, soutenu à bout de bras par la Russie, et la Côte d’Ivoire, en pleine croissance, alliée stratégique des États-Unis et de la France.

 

 

Alors que la censure bat son plein au Mali, à Abidjan, la détention des 49 militaires ivoiriens à Bamako préoccupe des jeunes réunis au sein de la Coalition Nationale pour le Sursaut (CONASU).

Issus de partis politiques et de la société civile, ils s’opposent à la tenue des différents concerts d’artistes maliens à Abidjan, du moins tant que les soldativoiriens sont encore en détention à Bamako.

Hier samedi 13 et ce dimanche 14 août 2022, Abdoul Awassa et ses camarades de la CONASU ont empêché la tenue des concerts respectifs de Toumani Touré et de Mariam Ba, deux artistes maliens en vogue.

Pour eux, ce geste vise à soutenir les efforts de retour à la normalité entre les deux pays. Est jugée “anormale” la tenue à Abidjan chaque semaine de concerts d’artistes Maliens pendant que des militaires ivoiriens sont illégalement en détention à Bamako.

Ce dimanche, la CONASU avait organisé une manifestation devant le palais de la culture de Treichville, comme sur place constaté par KOACI.

En présence des différents leaders de jeunesse, une procession a été organisée du palais de la culture à la garde républicaine où un meeting fut tenu.

Prenant la parole, Awassa Abdoul a insisté pour préciser que la manifestation de ce jour n’est pas dirigée contre le peuple malien, mais plutôt contre le comportement de la junte malienne au pouvoir.


Pour lui, détenir injustement 49 militaires ivoiriens au Mali est un acte de défiance aux autorités ivoiriennes, qui, dira-t-il, gère avec diplomatie cette affaire.

« Populations de Côte d’Ivoire, jeunes ivoiriens, la CONASU a pris ses responsabilités et nous sommes ce jour à la salle Anoumabo du palais de la Culture à Treichville pour constater notre appel au boycott et à l’annulation du concert de l’artiste malienne Mariam Ba. Nous rassurons nos populations pour rassurer nos populations que le concert a été bel et bien annulé. Nous profitons pour remercier le président ivoirien Alassane Ouattara qui a privilégié la voie diplomatique pour régler le problème », a déclaré Abdoul Awassa, initiateur de ce mouvement qui a appelé, au nom de la CONASU tous les jeunes ivoiriens à la mobilisation.

« Nous, fils et filles de Côte d’Ivoire, avons décidé d’apporter tout notre soutien à nos soldativoiriens détenus au Mali. Nous n’accepterons jamais qu’on humilie la Côte d’Ivoire et son président Alassane Ouattara. Je lance un appel au président de la junte malienne pour dire qu’on aime bien les étrangers, mais on n’aime pas la foutaise. Aujourd’hui, nous avons décidé d’apporter tout notre soutien au président Alassane Ouattara et son Gouvernement »,

L’initiateur de mouvement de protestation de ce jour a invité les Ivoiriens à faire la part des choses. Pour lui, il ne s’agit pas d’une guéguerre entre Ivoiriens et maliens.

Awassa Abdoul et ses camarades de la CONASU font par ailleurs savoir qu’ils organiseront une procession devant l’Ambassade du Mali en Côte d’Ivoire pour remettre une motion de protestation contre la détention injuste des soldats ivoiriens à Bamako.


Enfin, pour bon nombre d’observateurs, cette affaire de soldativoirien écroués depuis ce dimanche au Mali malgré les médiations en cours, revêt d’une diversion politique de la junte militaire face aux revers sécuritaires infligés par les djihadistes, depuis son arrivée au pouvoir après la chute d’IBK.

 

Jean Chrésus, Abidjan 

koaci