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En Tanzanie, le braconnage des éléphants reprend de plus belle. Au moins 60 éléphants ont été tués pendant les mois de novembre et décembre 2013, selon les autorités. La raison principale serait la suspension d’une campagne anti-braconnage controversée qui a connu des dérives.

Le gouvernement tanzanien avait mis en place une opération anti-braconnage radicale. Baptisée Tokomeza, qui signifie annihiler en swahili, cette campagne a selon les autorités, permis une protection efficace des éléphants. Mais elle a connu de graves dérives. Des accusations de brutalité, meurtres et viols sur les populations ont entraîné la suspension de l’opération en octobre et le limogeage de quatre ministres à la mi-décembre.

Un arrêt qui a eu des effets immédiats selon les autorités. Au moins 60 éléphants auraient été tués en Tanzanie en deux mois. Après le Botswana, la Tanzanie est le pays qui accueille la plus grande population d’éléphants ; entre 110 000 et 165 000 animaux, selon l’estimation de l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Mais le braconnage a entraîné en cinq ans une baisse de 40% de la population dans les deux principaux parcs du pays. Pour certaines ONG la Tanzanie joue un double jeu, comme l’explique Andrea Crosta, le directeur de l’Elephant Action League, basée aux Etats-Unis : « La Tanzanie prétend être concernée par l’extinction des éléphants à cause de la pression de la communauté internationale. Mais Dar es-Salam reste un des deux principaux points de sortie de l’ivoire envoyée vers l’Asie. La Tanzanie cherche aussi à écouler son propre stock d’ivoire. On parle de 137 tonnes d’ivoire, des dizaines de millions de dollars ».

Problème du marché chinois

Cette augmentation du braconnage sur le continent africain s’explique principalement par l’explosion de la demande d’ivoire en Asie selon les ONG : « Le problème le plus grave est l’existence d’un marché légal de l’ivoire en Chine. En Chine, il y a des magasins, des ateliers de façonnage qui travaillent avec l’autorisation du gouvernement. La classe moyenne chinoise est de plus en plus nombreuse. La demande de produits en ivoire comme des bracelets ou des bijoux explose. Le stock légal que possède la Chine n’est pas suffisant. Ils ont besoin d’importations massives obtenues de manière illégale. Bien sûr, il y a d’autres marchés importants comme la Thaïlande ou Hong Kong. Mais la menace principale qui pèse sur l’existence des éléphants est ce marché légal chinois. Tant que ce marché existe, le massacre va continuer », détaille Andrea Crosta.

En Afrique, la population des éléphants est estimée à moins de 500 000 aujourd’hui. Les éléphants étaient de deux millions sur le continent au début du 20e siècle selon le Fonds international pour la protection des animaux.

 

RFI

abdoulaye ouattaraAfrique
En Tanzanie, le braconnage des éléphants reprend de plus belle. Au moins 60 éléphants ont été tués pendant les mois de novembre et décembre 2013, selon les autorités. La raison principale serait la suspension d’une campagne anti-braconnage controversée qui a connu des dérives. Le gouvernement tanzanien avait mis en place...