Au Mali comme en Guinée Conakry, les forces spéciales ont-elles  finalement trouvé mieux que de lutter contre le terrorisme et toute autre forme de banditisme ? En tous cas, ce sont désormais dans les palais présidentiels, loin des lignes du front,  que leurs chefs semblent en train de donner leurs ordres.

 

Créées pour lutter contre le terrorisme et le banditisme sous toutes ses formes, les forces spéciales se sont finalement retournées contre leurs chefs suprêmes au Mali et en Guinée Conakry.

C’est le colonel Assimi Goïta qui aura ouvert le bal au Mali avec le coup d’Etat du 18 août 2020 contre le président Ibrahim Boubacar Kéita. Commandant d’un groupement tactique dans le cadre de la lutte contre les groupes terroristes et le narcotrafic dans la région de Kidal de 2008 à 2010, avant de rejoindre, à partir de 2014, les Forces spéciales, l’actuel président de la transition au Mali a suivi une formation au Centre européen d’études de sécurité George C. Marshall, en août 2016. C’est en 2018 qu’il devient le commandant du Bataillon autonome des Forces spéciales et des centres d’aguerrissement (BAFS-CA), créé en mai 2018, par le président Ibrahim Boubacar Kéita.

Basé à Mopti, le BAFS-CA est chargé de planifier, coordonner et conduire des opérations de lutte contre le terrorisme ; de participer à la recherche et à la transmission de renseignements ; d’appuyer les forces conventionnelles en cas de besoin et d’assurer la protection des autorités locales du centre du pays. De là, Assimi arrive à Bamako, dégage Ibrahim Boubacar Kéita et devient le patron du pays. Aujourd’hui, il donne ses ordres à partir du palais présidentiel.

En Guinée, il faut retenir également que le nouvel homme fort, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, qui a renversé le président Alpha Condé le 5 septembre 2021, aurait des contacts avec notre Assimi Goïta. Comme le BAFS-CA au  Mali, le Groupement des Forces spéciales de la Guinée Conakry (GPS) est une unité d’élite. Béret rouge et lunettes de soleil, Mamady Doumbouya, un malinké originaire de la région de Kankan, qui fait partie de la Légion étrangère française, a été rappelé en 2018 par le même Alpha Condé, pour commander le GPS. Trois ans après le voici, comme notre Assimi. Il a dégagé son chef suprême et veut s’installer confortablement sa place pour mieux commander et donner ses ordres.

S’agit-il d’un cancer qui pourra atteindre d’autres présidents de la sous-région ? Difficile de répondre à cette question. En tout en cas la prudence doit-être de mise. D’autant plus que l’on sait qu’au Niger, il existe trois bataillons spéciaux d’intervention (BSI) et une Unité spéciale d’intervention de la Gendarmerie nationale (USIGN) chargée de la lutte contre le terrorisme, la grande criminalité et les prises d’otages ; au Burkina Faso, il y a l’Unité spéciale d’intervention de la gendarmerie nationale (USIGN), chargée de la lutte contre le terrorisme, la grande criminalité et les prises d’otages, tout comme le Groupement des Forces spéciales (GFS) en Côte d’Ivoire. Pour l’heure, même s’il y a rien à craindre officiellement, le président du Niger, Mohamed Bazoum, celui du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré et celui de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, vont sûrement redoubler de vigilance afin d’évider de se faire piqué par le même syndrome que le Mali et la Guinée. Mais, faut-il également accepter ou encourager les coups d’État constitutionnels de ces chefs d’Etat dont le seul but est de se maintenir au pouvoir ? Ou alors, faut-il les laisser vandaliser toutes les ressources nationales par leurs systèmes de gestion souvent peu orthodoxes.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

MaliwebAfrique
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