L’affaire des soldats ivoiriens arrêtés dans notre pays, le 10 juillet dernier, tarde à trouver une issue favorable. Pour le moment, toutes les démarches visant la libération de ces militaires, qualifiés par les autorités maliennes comme des mercenaires, restent infructueuses. Le jeudi dernier, les Présidents ghanéen et gambien Nana Akufo-Addo et Adama Barrow et le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, étaient à Bamako afin de négocier la libération desdits militaires. Cette mission qui était qualifiée par certains comme étant celle de la dernière chance s’est terminée en queue de poisson. Aucune déclaration n’a été faite à l’issue de la mission et les soldats restent emprisonnés au Mali. Face à cette détention qui perdure, l’opposant ivoirien, Guillaume SORO, depuis son lieu d’exile, a appelé le Président Alassane Dramane OUATTARA à s’excuser tout bonnement. D’ailleurs, ceci est une condition posée par les autorités de la transition dont les autorités ivoiriennes ne veulent pas exécuter.

 

La situation des soldats ivoiriens détenus dans notre pays depuis près de trois mois maintenant n’est pas encore résolue. L’ancien Premier ministre ivoirien, Guillaume SORO, s’est exprimé sur la situation. Dans un communiqué, Guillaume SORO, en exil depuis trois ans, a reconnu que dans ce dossier, «un seul mot de travers» de sa part et «ce sera une nouvelle condamnation à perpétuité». Néanmoins, l’opposant recherché par les autorités ivoiriennes, Guillaume SORO, se dit convaincu que seule la diplomatie permettra de résoudre la crise entre son pays et le nôtre. Il a fait savoir que «ni menace de sanctions économiques ni menaces d’intervention militaire» n’apporteront de solution à cette situation.
«La vie de ces pères de famille ne doit pas être un enjeu d’ego personnel ni une variable de politique interne. Il ne faut pas ruser avec la liberté de nos soldats. Il n’y a pas d’échappatoire : il faut s’excuser sincèrement, honnêtement, regretter ce qui s’est passé, donner des gages de confiance. Et nos soldats retrouveront leurs familles et fêteront la fin de l’année avec leurs proches», a conseillé l’ancien député de Ferké.
En tout cas, les autorités maliennes restent sur leur position. Lors de la 77e session de l’Assemblée générale de l’ONU, le Premier ministre par intérim, Abdoulaye MAIGA, a rappelé que ces soldats ivoiriens présents sur le sol malien étaient bel et bien des mercenaires.
Avant Guillaume SORO, l’ancien Président de la Côte d’Ivoire, Laurent GBAGBO, avait donné son avis sur la situation de ces militaires détenus dans notre pays. Pour lui, ‘’étant entendu qu’un militaire obéit à des ordres, s’ils s’y sont rendus, obéissant à un ordre, il faut qu’une enquête nous révèle quel est ce ordre et pourquoi on les a arrêtés ? Des gens nous disent que ce n’est pas la première fois et que c’est la huitième fois. Une fois qu’on sait la vérité, on peut prendre des décisions, on peut mener la réflexion », avait-il analysé la situation.
Laurent GBAGBO a informé que son parti, le PPA-CI, avait déjà publié un communiqué demandant que l’Assemblée nationale fasse une enquête sur le sujet pour que la population sache la vérité.
« L’Assemblée nationale n’a jamais fait l’enquête or pour que le peuple puisse se prononcer sur une affaire, il faut qu’il sache les tenants et les aboutissants de cette affaire. Il faut qu’il sache d’abord si ce sont des militaires, des militaires ivoiriens et qu’on sache ce qu’ils faisaient au Mali », a conseillé le parti de Laurent GBAGBO.
Pour sa part, l’ancienne première dame de Côte d’Ivoire, Simone GBAGBO, présidente du mouvement des générations capables, au cours d’une interview accordée à la chaine de télé Diez, a affirmé : « je vais vous avouer que ne comprends rien à ce problème de 49 militaires ivoiriens arrêtés au Mali. Qu’est-ce qu’ils sont allés faire au Mali ? Qui les a envoyés au Mali ? Pour faire quoi au Mali ? Je n’ai pas encore réussi à avoir des réponses claires et satisfaisantes à ce niveau-là. Moi, je regarde et je continue à m’instruire à ce niveau ».
De son côté, l’ancien président ivoirien, Henri Konan BÉDIÉ, a demandé d’agir avec ‘’ humilité et diplomatie. Le Porte-parole du Parti démocratique de Côte d’Ivoire ( PDCI), Bredoumy Kouassi Soumaïla a affirmé que relativement à l’affaire des soldats ivoiriens détenus au Mali ( désormais 46 soldats ), Henri Konan BÉDIÉ recommande pour leur libération d’agir avec ‘’ humilité, discrétion et diplomatie ‘’.
‘’ Le problème est tellement sensible qu’on parle à voix basse. Nous, nous sommes des Houphoüetistes. Nous tenons beaucoup à nos rapports avec les pays voisins. Le Président Bédié a dit qu’il faut agir avec humilité, discrétion et diplomatie ‘’, a-t-il informé.

PAR MODIBO KONÉ

Source : Info-Matin