L’Égypte veut devenir une base pour les entreprises européennes et françaises soucieuses de se projeter vers l’Afrique. Au passage les industriels du Caire espèrent attirer les capitaux et le savoir-faire européen sur leur sol.

Depuis trois ans, l’Égypte est le pays d’Afrique qui attire le plus d’investissements étrangers. Les neuf zones franches sont un succès, elles ont permis la création de deux cent cinquante mille emplois. Et Le Caire entend devenir plus attractive encore. Le Gafi, l’Autorité gouvernementale pour les investissements et les zones franches, se bat pour faciliter les procédures administratives.

« On a tout changé », explique Amr Noureldin, conseiller au Gafi. « On travaille sur les réformes économiques depuis quatre ans. Tous les obstacles auxquels devaient faire face les investisseurs étrangers ont été levés. Nous avons adopté une nouvelle loi sur les investissements avec plusieurs incitations et garanties pour les étrangers. Enfin, nous avons réduit les lenteurs bureaucratiques. On a vraiment tout changé ! »

Des entreprises égyptiennes prêtes à aider

Si les portes de l’Égypte sont ouvertes, l’insécurité juridique et les lourdeurs administratives pèsent toujours sur le climat des affaires, relevait cependant il y a un an le Trésor français. La solution viendra peut-être des industriels égyptiens qui proposent aux investisseurs leurs bons offices. Ainsi le groupe Elsewedy, l’un des leaders de l’énergie est venu à Paris chercher des partenaires.

Ahmed Elsewedy est le PDG de cette entreprise, deuxième groupe privé égyptien. « Nous faisons la promotion de l’Égypte et pas seulement pour notre entreprise. Nous soutiendrons toutes les entreprises françaises qui viendront en Égypte. Nous les aiderons, et nous leur montrerons les avantages qu’il y a à travailler chez nous », assure-t-il.

L’ouverture vers l’Afrique, une ambition nationale

Autre argument pour attirer les entreprises en Égypte, Elsewedy leur propose de les accompagner sur les marchés africains. « Nous avons de fortes implantations dans vingt-cinq pays d’Afrique. Et je pense que cela peut être une bonne porte d’entrée pour les sociétés françaises. Si elles veulent venir en Afrique, nous pouvons y aller avec elles et travailler ensemble », déclare Ahmed Elsewedy.

La politique d’ouverture vers l’Afrique est d’ailleurs une ambition nationale, un peu sur le modèle marocain, comme l’explique Amr Noureldin. « Notre but principal est de vendre l’Égypte comme un carrefour vers l’Afrique. Et pas uniquement vers l’Afrique de l’Est. Nous avons déjà des accords avec l’Afrique de l’Ouest et quelques pays d’Afrique australe. Aucun autre pays n’a signé autant d’accords de libre-échange sur le continent… que l’Égypte. »

Pour les industriels égyptiens, l’un des enjeux de cette ouverture est aussi d’acquérir le savoir-faire de ses partenaires étrangers, afin de constituer des champions internationaux.

RFI

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L’Égypte veut devenir une base pour les entreprises européennes et françaises soucieuses de se projeter vers l’Afrique. Au passage les industriels du Caire espèrent attirer les capitaux et le savoir-faire européen sur leur sol. Depuis trois ans, l’Égypte est le pays d’Afrique qui attire le plus d’investissements étrangers. Les neuf...