Après le retour d’exilés du Ghana jeudi, l’acquittement de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé il y a deux semaines, l’annonce de ce vendredi 1er février marque une nouvelle occasion de se réjouir pour les militants de l’EDS, la plateforme qui regroupe de nombreuses organisations politiques de la galaxie Gbagbo, dont la branche du FPI qui lui est restée fidèle. Tout d’abord, un témoignage exclusif recueilli par RFI : la soeur cadette de Laurent Gbagbo. Jeannette Koudou est actuellement en exil au Ghana.

Elle réagit quelques minutes après l’annonce de la CPI à La Haye. Pour elle, c’est une joie et aussi la manifestation évidente de l’innocence de son frère à l’époque de la crise post-électorale de 2010-2011 Naturellement, c’est un sentiment de joie qui plonge ses racines dans le verdict qui a été prononcé le 15 janvier quand il a été acquitté. Acquitté veut dire selon moi qu’il est lavé de toute souillure, il est lavé de tout soupçon, il est lavé de toute accusation qu’on avait de toute pièce fabriquée et qu’on lui avait jeté à la face et à la tête. Ma joie vient de ce verdict-là. Aujourd’hui, ma seconde joie qui dérive du verdict, est qu’il quitte le milieu carcéral. C’est une joie, une autre victoire. Jeannette Koudou 02-02-2019 – Par Frédéric Garat A-t-elle, la soeur de Gbagbo, un sentiment de grand gâchis pour son frère ? « C’est surtout un grand échec pour les comploteurs, pour ceux qui l’ont mis-là. Ils ont tout fait, ils auront tout essayé.

Et lui, patiemment, il aura attendu ; c’est sa nature, il attend. » Laurent Gbagbo doit désormais rentré, approuve Jeannette Koudou : « C’est chez lui, c’est la terre de ses aïeux. Il n’a aucune montre maison, dans aucun autre pays du monde. La seule maison qu’il a, c’est en Côte d’Ivoire. » Les chants des partisans Dans les locaux de l’EDS dans une ruelle du quartier Anono à Cocody, les cris de joie des militants résonnent. Après l’acquittement le 15 janvier, la libération de Laurent et Charles Blé Goudé, même assortie de conditions, constitue une nouvelle victoire pour eux dans la bataille pour le retour au pays de l’ancien président. « La CPI a utilisé tout ce qu’elle pouvait avoir comme ressources, mais la CPI n’a rien obtenu, clame ce partisan au micro de RFI. Aujourd’hui, on en est à des questions de procédures.

 

Alors pourquoi la décision a été rendue avec libération immédiate ? C’est parce qu’il n’y avait rien dans le fond. De sorte que maintenant, nous avons confiance. S’ils veulent, ils peuvent faire dix appels, dix fois ils se commueront. Quand l’appel sera fini, ils vont retrouver la plénitude de leur liberté et vont rentrer en Côte d’Ivoire. Inéluctable. » Tant pris pour les restrictions de libertés. Tant pis s’il faut encore attendre pour voir leur champion revenir. Les militants affichent la sérénité des vainqueurs. « Depuis 2011-2012, on est resté dans la confiance pour savoir que quand tu n’as rien à te reprocher, je pense bien que tu dois rester serein. On va remercier le seigneur car on savait qu’au bout on allait forcément avoir la victoire. » Encore un motif de réjouissance pour ces partisans de Laurent Gbagbo, comme le mois de janvier en a offert beaucoup. On a confiance, on a la foi que dans les semaines à venir, dans les mois à venir, pour la réconciliation surtout, le président Laurent Gbagbo doit rentrer pour se réconcilier avec les autres forces du pays La joie des pro-Gbagbo 02-02-2019 – Par Pierre Pinto Au quartier Blockhaus, une joie plus réservée Un peu plus loin, le quartier Blockhaus de Cocody célèbre en silence la mise en liberté de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Ici, nulle scène de liesse ni de démonstration de joie.

 

D’abord par crainte d’un débarquement des forces de l’ordre, glisse-t-on prudemment. Mais aussi parce que les deux hommes ne jouissent que d’une liberté restreinte. Dans un petit café, les clients enragent : « quelqu’un qui est acquitté, la condition c’est quoi ? Qu’il parte vivre ailleurs. Tu peux avoir une maison chez toi au pays et partir vivre chez quelqu’un, ça n’existe pas. S’il est libéré, il vient chez lui », demande cet homme. « On est content parce qu’il est libéré, mais le reste c’est du foutage de gueule. Il faudrait le laisser rentrer dans son pays. Certes, ça peut créer des émeutes, on ne sait pas. Mais pour qu’il y ait une vraie paix, il faudrait que le président Laurent Gbagbo revienne en Côte d’Ivoire », clame son voisin.

La réconciliation et la paix. C’est ce qu’ils répètent en boucle : elles ne seront possibles qu’avec le retour de leur président. Ils constatent que l’acquittement de Laurent Gbagbo a motivé des figures du régime de l’ex-président à rentrer d’exil jeudi dernier : « les ministres exilés son rentrés hier chez eux, en Côte d’Ivoire. Ils ont fait sept ans sans voir leur pays. Ils veulent la paix, la vraie : le retour du président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé. » En attendant, les soutiens de Gbagbo fêtent sa libération. Avec ou sans conditions, ils croient dur comme fer que le retour de leur champion est inéluctable.

RFI

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Après le retour d’exilés du Ghana jeudi, l’acquittement de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé il y a deux semaines, l’annonce de ce vendredi 1er février marque une nouvelle occasion de se réjouir pour les militants de l’EDS, la plateforme qui regroupe de nombreuses organisations politiques de la galaxie...