Les préalables à ce modèle ne sont pas souhaitables. Après le génocide, j’ai eu à contribuer pour la Banque mondiale à la restructuration du système financier rwandais, du programme de développement du secteur privé et des 5 banques existant alors à Kigali.

Madani Tall Chevalier Ordre Nationa

Je fut fséduit par la beauté du pays, son potentiel agricole et surtout par la modernité de l’Université de Butare. Mais m’étais dés l’époque demandé s’il fallait le génocide d’un million de personne pour que les gens se réveillent ? Ce n’est un modèle souhaitable.

Second hiatus du modèle : il faut faire fi de la démocratie, car pour l’imposer il faut prendre le pouvoir par les armes, museler toute opposition et seulement après si l’on a la chance d’avoir un Kagame plutôt qu’un Amin Dada l’espoir est permis. un pays dépendant d’un seul homme peut-il être un modèle ?

Ensuite, je pensais à l’époque, voici un pays facile à développer, 100 km d’un bout à l’autre. 26000 km2, même pas 1/3 de la région de Koulikoro. Si l’on y déployait les routes du Mali le Rwanda deviendrait un damier. Ce petit pays avec la 2ème plus forte densité d’Afrique est plus simple à gérer que le Mali 40 fois plus grand et moins densément peuplé, ce qui fait qu’un malien à Tessalit, aussi loin de Bamako que Lagos peut se sentir hors l’État.

Sur le plan économique, le Rwanda est très loin derrière le Nigéria l’Éthiopie et la Cote d’Ivoire, loin derrière le Sénégal le Mali et le Burkina, moins riche que le Bénin. On ne peut considérer cela comme un modèle.

Evidemment, le très capitaliste Forum Economique Mondial note le Rwanda 7e pays le mieux géré du monde, ce qui n’est pas rien ! Mais ce classement classe le Qatar 1er et Singapour 2ème Or le Qatar est supposé parrain du salafisme et le salaire d’un ministre à Singapour est de 600 millions CFA. Et dans ces pays les mêmes dirigeants sont au pouvoir depuis 20 ans après avoir succédé à leurs pères. Un modèle suivre ?

J’apprécie Paul Kagame, qui a su stabiliser son pays, mais ne considère pas le Rwanda comme modèle. Le Kenya fait mieux en silence, La Cote d’Ivoire fait mieux avec une situation plus complexe. Pour réussir l’Afrique doit sortir des stéréotypes, le seul secret est un peuple conscient. Dieu veille.

 

La rédaction

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Les préalables à ce modèle ne sont pas souhaitables. Après le génocide, j’ai eu à contribuer pour la Banque mondiale à la restructuration du système financier rwandais, du programme de développement du secteur privé et des 5 banques existant alors à Kigali. Je fut fséduit par la beauté du pays,...