Face à la multiplication des crises multiformes en Afrique, certains se précipitent pour attribuer à celles-ci une portée continentale.

 

Des rebellions, du terrorisme, des conflits « intercommunautaires », de la xénophobie en passant par le trafic d’êtres humains et l’esclavage, l’Afrique souffre d’un mal profond que certains commencent à assimiler à une incapacité notoire des Africains à se gouverner. Mais cela constitue une interprétation erronée des situations se passant dans le monde et un réveil des vieux préjugés sur le continent et ses habitants. Quel est ce continent où des problèmes n’existent pas? En Amérique, en Europe, en Asie, en Inde, des problèmes existent partout même si la nature des maux est différente l’unes de l’autre. Alors faudrait-il arriver à la conclusion que le monde est incapable de se gouverner ?

Si l’existence de tous ces maux dont souffre l’Afrique traduit la barbarie de ses peuples, l’incapacité de ses dirigeants ou encore, comme disait des intellectuels, un continent de la sorcellerie, de la déraison, de la magie, alors mieux vaut soutenir la barbarie du monde. Combien de migrants meurent chaque année sur la Méditerranée en tentant d’entrer en Europe ? Si l’humanisme existait sur ces continents, leurs frontières n’allaient pas rester fermées aux migrants africains surtout sachant que les hommes de ce continent les ont beaucoup servi dans le temps durant les deux guerres mondiales. L’esclavage a privé l’Afrique de combien d’hommes ? Qu’en est-il de la situation des États-Unis où le président Donald Trump construit un mur de séparation avec le Mexique ? Est-ce des Africains qui commettent des attentats en France ou aux États unis ? D’où viennent alors la barbarie et la sorcellerie ?

Il n’y a pas de monde sans problèmes. L’existence des problèmes ne fait pas d’un peuple des barbares, mais traduit des modifications historiques. Les problèmes sont intrinsèques au monde puisqu’il n’existe nulle part de paradis sur cette terre. Certes, la plupart des pays africains restent gouvernés par des mauvais dirigeants tout comme la plupart des pays  sur les autres continents. Ce n’est pas seulement en Afrique que nous assistons à des manifestations contre la gouvernance d’un chef d’État.

Ce que nous devons comprendre c’est que l’homme est de nature l’éternel insatisfait. Du coup, aucun homme ne peut faire son affaire. Admettons que le degré d’humanisme du monde se dégrade de plus en plus.

Fousseni TOGOLA

Source : Le Pays

MaliwebAfrique
Face à la multiplication des crises multiformes en Afrique, certains se précipitent pour attribuer à celles-ci une portée continentale.   Des rebellions, du terrorisme, des conflits « intercommunautaires », de la xénophobie en passant par le trafic d’êtres humains et l’esclavage, l’Afrique souffre d’un mal profond que certains commencent à assimiler à une...