Le président congolais a été investi vendredi pour un quatrième mandat de 5 ans. Le président de la Transition, Bah N’Daw, a pris part à la cérémonie d’investiture à Brazzaville, aux côtés d’une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement

Le chef de l’État était accompagné du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Zeïni Moulaye, à cette cérémonie d’investiture qui s’est déroulée au Palais des congrès de Brazzaville. Outre les chefs de l’État et de gouvernement, on notait aussi la présence du président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, de la secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, et d’autres responsables d’instituions régionales ou sous-régionales.

À l’occasion, les bordures du boulevard passant devant le Palais des congrès, situé en face du parc zoologique, ont été badigeonnées de peintures neuves. Les clôtures alentours ont également fait peau neuve. Massés le long de l’autoroute, les militants du Parti congolais du travail (PCT) étaient là pour soutenir leur champion. La rumba congolaise en fond sonore, la musique de l’armée tonnait à fond dans la cour. Les drapeaux de différents pays flottaient au vent frais sec qui caractérise les pays côtiers.

Le niveau des contrôles sécuritaire et sanitaire était monté de plusieurs crans. Fouille systématique des sacs, contrôle des appareils électroniques, prise de température, application de gel hydroalcoolique, distribution de nouveaux masques à porter obligatoirement.

C’est dans cette ambiance festive qu’a eu lieu cette cérémonie d’investiture. Elle s’est déroulée en deux temps : la prestation de serment du président réélu dans la salle des congrès du Palais des congrès dont l’un des temps a été son discours d’engagement, et la parade militaire devant des chapiteaux installés à cet effet.

La prestation de serment est exigée par les articles 76 et 77 de la Constitution. Elle a lieu devant la Cour constitutionnelle, en présence des deux chambres : Sénat et Assemblée nationale. L’audience solennelle convoquée à cet effet commencé par la lecture de l’arrêt de la Cour ayant validé la victoire du président réélu. Au terme de cet arrêt, le président Denis Sassou-N’guesso a obtenu 88,40% des suffrages avec un taux de participation estimé à 67,17%.

Le grand chancelier des Ordres nationaux lui fera porter le collier de Grand maître des Ordres nationaux. Ainsi revêtu de tous les signes, insignes et symboles inhérents au pouvoir et incarnant «dévouement, loyauté, bravoure, etc.», Denis Sassou-N’guesso se tiendra debout devant la Cour à la demande de celle-ci.

La main droite levée, le drapeau en bandoulière, il jurera de «servir loyalement le Congo, de préserver son unité, son intégrité, sa forme laïque et républicaine, de défendre ses intérêts supérieurs en tout lieu…» La Cour valide cet engagement pris devant elle, le peuple à travers ses représentants et l’opinion internationale. Symbole de commandement et de souveraineté, le drapeau lui est remis. Il va s’asseoir sur le fauteuil présidentiel. Denis Sassou N’guesso est ainsi intronisé pour un quatrième mandat de cinq ans.

Un pacte social pour l’accomplissement duquel il faudra rester attentif «aux joies, angoisses et attentes» exprimées par les Congolais lors de ce scrutin du 21 mars dernier, a rappelé le président de la Cour. «Vos compatriotes sont en droit d’attendre tout de vous au regard de votre riche parcours tant professionnel qu’en matière de connaissance des hommes», insistera Auguste Iloki, avant de renvoyer le président de la République à l’exercice de ses fonctions.

Charges nobles et exaltantes qui seront, au cours des cinq prochaines années, consacrées à la diversification de l’économie et à la promotion de la jeunesse, s’est engagé le président congolais dans un discours d’investiture rassembleur et panafricaniste. «Par ce vote, le peuple a choisi la paix, la stabilité et le développement. Il a choisi le Congo de tous et pour tous», a déclaré Denis Sassou-N’guesso sous les ovations nourries de l’assistance.

À cet égard, le chef de l’État a promis une attention particulière aux voix exprimées contre lui lors de l’élection. Pour y arriver, son projet de société : «Ensemble poursuivons la marche», élaboré en se basant sur les leçons tirées des chocs endogènes et exogènes qui ont plombé l’économie congolaise, sera sa boussole.

Brièvement présenté à l’assistance, ce projet s’apparente à un plan de développement économique, social, culturel et environnemental durable. Par exemple, la révolution agricole : une agriculture modernisée, mécanisée, intégrée aux échanges mondiaux, sera une réalité «pour ne plus subir l’importation d’aliments impropres à la consommation». Outre la réforme du climat des affaires, l’accès au crédit, la formalisation du secteur informel, le projet présidentiel prévoit la construction d’une deuxième raffinerie de pétrole pour créer plus d’emplois et d’opportunités pour les jeunes.

Le président Sassou N’guesso s’est engagé pour l’opérationnalisation de la couverture maladie obligatoire. La préservation des forêts sera la priorité des priorités pour «redonner à l’Afrique sa place sur l’échiquier international et pour une prospérité verte», a insisté le président congolais, avant de recevoir les félicitations des personnalités présentes. La parade militaire à laquelle le président Bah N’Daw n’a pas assisté a mis fin à la cérémonie officielle d’investiture.

Envoyé spécial
Cheick M. TRAORÉ

Source: L’Essor

MaliwebAfrique
Le président congolais a été investi vendredi pour un quatrième mandat de 5 ans. Le président de la Transition, Bah N’Daw, a pris part à la cérémonie d’investiture à Brazzaville, aux côtés d’une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement Le chef de l’État était accompagné du ministre des Affaires...