Au Sahel, c’est l’enlisement. L’opération Barkhane est dans l’impasse, ne parvenant pas à contenir l’expansion jihadiste.
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Comment le pourrait-elle, d’ailleurs, avec seulement 4 500 soldats pour contrôler un territoire aussi vaste que l’Europe ? Sans parler des matériels mis à rude épreuve tout comme les hommes,  avec la chaleur et la poussière qui usent prématurément véhicules, blindés et hélicoptères.
Le savoir-faire reconnu de nos soldats et leur expérience inégalée des théâtres d’opérations africains ne suffisent pas à compenser la faiblesse de l’aide apportée par nos partenaires européens. Leur présence est symbolique, à la hauteur de leur manque de motivation pour mener cette lointaine guerre contre le terrorisme. Pour l’UE, l’Afrique, c’est d’abord l’affaire des Français…
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Seule la France tient ces pays à bout de bras. Sans nos marsouins et nos légionnaires, les régimes en place auraient cessé d’exister, donnant naissance à un nouveau califat.
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Sans la magistrale opération Serval, en 2013, Bamako serait tombée aux mains des islamistes. Mais depuis, tout empire.
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Tous ces pays sont en train de se disloquer et retournent à leurs vieux démons. Ils cumulent tous les handicaps.
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La France coloniale avait pacifié des territoires vastes comme 20 fois la France. Mais de tout cela, il ne reste rien ! L’indépendance a tout emporté.
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Chômage, corruption, démographie galopante et analphabétisme font des ravages. À la menace jihadiste s’ajoutent les ancestrales violences interethniques, les conflits entre éleveurs et agriculteurs, les pillages, les trafics et les rackets de l’armée.
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Désert et savane deviennent le domaine d’action des pillards et des coupeurs de route, puisqu’il n’y a plus d’État. Les chefs coutumiers, jadis respectés, ont perdu toute autorité dans leurs villages. L’anarchie est partout.
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Le G5 Sahel, censé renforcer les soldats de l’opération Barkhane, est inefficace. Les armées nationales, mal payées, mal équipées et peu motivées, sont incapables d’assurer la sécurité et de combattre les islamistes.
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Lors d’attaques de camps militaires par les groupes jihadistes, on a vu des officiers déserter, abandonnant leurs hommes aux assaillants.
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Si Daech ne fait plus la loi au Levant, sa branche sahélienne EIGS, État islamique au Grand Sahara, a pris le relais.
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Et Al-Qaïda n’est pas en reste avec le GSIM, Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. Ce groupe est soupçonné de l’enlèvement des touristes au nord du Bénin, dont le sauvetage avait coûté la vie à deux commandos marine.
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De son côté, le chef de l’EI, Abou Bakr Al-Baghadi,  harangue ses troupes et les exhorte à tuer les croisés français.
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Combien d’années encore l’armée française devra-t-elle servir de bouclier à des pays corrompus et à des leaders dont le sens de l’État est inexistant ?
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Des pans entiers des territoires nationaux échappent à l’autorité du pouvoir central et sont tombés aux mains des jihadistes. Après le Mali, c’est le Burkina Faso qui est rongé par le cancer islamiste.
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Des centaines de milliers d’habitants fuient les violences vers le sud.
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Personne ne voit l’issue du conflit. Le départ des troupes de Barkhane signerait l’effondrement immédiat des pays du Sahel, avec l’instauration d’un nouveau califat qui s’étendrait vers le sud jusqu’au golfe de Guinée.
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La France a perdu 30 de ses soldats au Sahel depuis 2013. Il est temps que l’Europe partage le fardeau, si on ne veut pas voir l’Afrique subsaharienne tomber sous le joug islamiste.
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Jacques Guillemain

Sourceripostelaique

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Au Sahel, c’est l’enlisement. L’opération Barkhane est dans l’impasse, ne parvenant pas à contenir l’expansion jihadiste. . Comment le pourrait-elle, d’ailleurs, avec seulement 4 500 soldats pour contrôler un territoire aussi vaste que l’Europe ? Sans parler des matériels mis à rude épreuve tout comme les hommes,  avec la chaleur et la poussière qui usent prématurément...