Après la tentative d’assassinat ratée de son presque-frère Blaise, le Capitaine Thomas Sankara avait continué à dérouler son programme sans se détourner du droit chemin, ni donner dans les représailles. Les menaces sponsorisées par l’étranger étaient devenues une blague récurrente entre lui et son bon ami Fidel Castro. Etonnant le monde et s’attirant l’amitié des Africains, il a pris sa retraite en 1992 après s’être assuré de la pérennité des institutions. Le désormais « vieux sage » n’a jamais cédé aux appels de la gloriole qui l’auraient poussé à un retour sur le devant de la scène, mais continue d’incarner l’image d’un Burkina droit dans ses bottes, farouchement indépendant, bien qu’ouvert à ses voisins.

 

Hier encore, le Président actuel s’est discrètement rendu dans la villa du Capitaine-Président pour évoquer les questions de terrorisme qui ont fini par atteindre nos frontières, en dépit des efforts déployés par le Burkina pour endiguer la menace des fous de Dieu venus du Mali.

Notre armée, principalement concentrée sur les efforts humanitaires au profit des pays voisins, fait face à la cruauté sans bornes des terroristes d’Amadou Kouffa. C’est donc tout naturellement que le Président est allé chercher conseil auprès du « Père la Nation » comme on l’appelle aujourd’hui.

« Il faut protéger les Peuhls et ne pas avoir peur de l’affrontement » m’a dit le Capitaine-Président Sankara et « je ne peux que reconnaître mon erreur d’avoir trop tardé à tendre l’oreille vers nos concitoyens du Nord ». Après cet acte d’humble contrition si typique des élites issues du sankarisme, le Président a annoncé la livraison de radios pour chaque village du Soum et du Bam, ainsi que la mise en place d’un réseau d’alerte qui s’appuiera sur les CDR, afin de repousser les incursions terroristes. Afin de ne pas « tomber dans la brutalité facile », il a aussi annoncé que se tiendrait la semaine prochaine le procès de trois militaires ayant donné l’ordre de brûler un village Peuhl en représailles après une attaque du côté de Baraboulé. « Que ce soit bien clair, nous ne sommes pas des terroristes, nous n’appliquerons donc pas leurs méthodes. La nationalité burkinabè transcende les ethnies et autres illusions du passé ».

Hormis ces mesures de sauvegarde qui tombent sous le sens, le Président annonce avoir demandé le déploiement ponctuel d’une force internationale d’interposition de l’ONU limitée à 500 hommes pour protéger les centres urbains du cancer djihadiste. « Notre armée pour sa part va se concentrer sur nos frontières intérieures pour face aux terroristes, et ira porter le combat dans la jungle, là où se terrent ces hyènes… ». Fidèle à la doctrine volontaire de notre Nation, le président ne refuse pas l’affrontement et s’en tient aux préceptes de son illustre prédécesseur : « oser lutter, savoir vaincre ! ». Déjà les premiers succès arrivent, et le CDR de Salmossi vient de livrer aux autorités une paire d’aigrefins qui préparaient un assaut contre la mosquée !

Chers compatriotes et amis, pardonnez-moi donc ce détour par la fiction, mais il faut que je vous pose la question : qu’est-il advenu de nos rêves de 1983 ? Où sont les idéaux de Sankara aujourd’hui ? Ceux qui s’en réclament font ils tout ce qu’ils peuvent pour contribuer à la lutte ?

Renouons avec l’âme de notre Nation, dépassons nos différences et gagnons la guerre avant de se trouver en République Islamiste du Burkina Faso !

Issa Bâ

 

PS : « Je remercie mon ami Adama, bien meilleur que moi en informatique, qui m’a aidé ce week-end à vieillir ce portrait du Cne Sankara. La photo d’origine date en effet du 17 novembre 1986 , elle avait été prise à l’occasion de la visite du président Mitterand à Ouagadougou 😉 »

SourceMalijet

MaliwebAfrique
Après la tentative d’assassinat ratée de son presque-frère Blaise, le Capitaine Thomas Sankara avait continué à dérouler son programme sans se détourner du droit chemin, ni donner dans les représailles. Les menaces sponsorisées par l’étranger étaient devenues une blague récurrente entre lui et son bon ami Fidel Castro. Etonnant...