Abdel Razaq Zorgi, un journaliste âgé de 32 ans, est décédé après s’être immolé par le feu en raison des conditions de vie difficiles en Tunisie.

Sa mort a déclenché des manifestations dans la ville à la tombée de la nuit et des affrontements ont éclaté dans la nuit avec la police qui a lancé des gaz lacrymogènes sur des dizaines de personnes qui avaient incendié des pneus et bloqué la rue principale.

Sofiane al-Zaq, porte-parole du ministère de l’Intérieur, a déclaré que six membres des forces de sécurité avaient été blessés et neuf manifestants interpellés. Les manifestants étaient de retour dans les rues de Kasserine dans l’après-midi après les funérailles de Zorgi.

Les autorités ont également déployé des renforts dans les principales rues de Kasserine, à 270 km de la capitale Tunis. «Pour les fils de Kasserine qui n’ont aucun moyen de subsistance, je lance aujourd’hui une révolution. Je vais m’immoler par le feu », a déclaré Zorgi dans une vidéo publiée avant sa mort.

L’immolation du journaliste “est un signe de refus d’une situation catastrophique et d’un déséquilibre régional, d’un fort taux de chômage parmi les jeunes et de la misère que vivent nos concitoyens dans les régions intérieures”, écrit mercredi le journal Le Quotidien.

Les habitants des régions défavorisées se sentent victimes de ‘hogra’, (dédain, en arabe) qui persiste depuis l’ère du premier président de la Tunisie Habib Bourguiba (1956–1987), en passant par le régime de Ben Ali puis par les multiples gouvernements qui se sont succédé depuis la révolution, explique-t-il.

Les menaces du journalistes avant de s’immoler par le feu

«Nous allons faire une révolution, et quiconque voudra me rejoindre et me soutenir est le bienvenu. Je vais manifester seul et je vais m’immoler. Et que Dieu vienne en aide à quiconque essaiera de m’arrêter», a averti Abderrazak Zorgui dans une vidéo poignante, publiée sur sa page Facebook.

«Pendant 8 ans j’ai tenté de trouver un travail mais année après année, rien n’a marché. Tout n’est que mensonge. Je ne suis lié à aucun parti politique…», a-t-il ajouté.

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«Je ne vais attendre ni janvier, ni février, ni mars. A quoi bon ? Il ne me reste que 20 minutes, après quoi je vais m’asperger d’essence et m’immoler. Pourvu que l’Etat daigne penser à Kasserine», a-t-il averti, avant de mettre ses menaces à exécution.

Afrikmag

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Abdel Razaq Zorgi, un journaliste âgé de 32 ans, est décédé après s’être immolé par le feu en raison des conditions de vie difficiles en Tunisie. Sa mort a déclenché des manifestations dans la ville à la tombée de la nuit et des affrontements ont éclaté dans la nuit avec...