Un proverbe au Mali dit « i kana kilo don, n’ka bôrô falen, i kan ko dôn », en traduction : « tu peux ne pas connaître les poids mais un sac rempli, ça tu peux reconnaître ».

Nos autorités ne tirent jamais de leçons du passé, ce qui nous aurait évité bien des écueils depuis le début de notre crise.

En 2010-2011, Le Général ATT alors Président du Mali s’est égosillé tel un assoiffé réclamant un verre d’eau devant ses pairs du Sahel (Algérie, Mauritanie, Tchad, Niger-Burkina) et des partenaires européens pour la mise en place d’une Task-Force Africaine permettant de se prémunir et contenir les germes d’un Terrorisme naissant à la suite de la déstabilisation de la Libye par l’OTAN avec la France en tête. Hélas, cet appel est resté sans réponse.

L’Algérie et la Mauritanie, chatouilleux sur leur indépendance et leur liberté d’actions, ont fait la sourde oreille préférant trouver des modus operandi de bon voisinage avec ces terroristes et repoussant le reste de la racaille vers les frontières poreuses de celui qu’ils ont appelé le « Maillon Faible » le Mali. Pire, ils leur permettent de se ravitailler régulièrement en logistiques et toutes autres formes d’appuis à partir de leur territoire.

Le deal étant que leur territoire soit épargné d’attaques, d’enlèvements spectaculaires et trop embarrassant pour eux.

Le Niger quant à lui, a préféré prendre les devants avec un accord courageux avec ses Touaregs, ce qui eût pour conséquence leur intégration dans l’administration publique et dans les instances de gouvernance en réponse à un partage du pouvoir. Ce qui permît d’avoir un pays uni face au terrorisme, une belle réussite à saluer malgré la persistance de « Boko Haram » dans sa frontière avec le Nigeria.

Le Tchad arrive aussi, tant bien que mal, à travers des opérations coup de poings, à les contenir avec une aide massive de l’armée Française.

Le Burkina de Blaise qui était occupé à déstabiliser son voisin, le Mali, sous le couvert de négociateur entre protagonistes maliens a finalement été frappé d’instabilité et de terrorisme.

En 2017, lors du sommet France-Afrique au Mali, la France de l’arrogant Macron a réussi à se faufiler entre nos Chefs d’Etats inconsistants à travers le fameux G5 Sahel (en réalité G6) en leur promettant Fonds et Appuis diplomatiques. Deux ans plus tard, le constat est amer, ils ont été trimballés de sommet en sommet à travers le monde et RIEN N’A BOUGÉ !

En octobre 2019, Vladimir Poutine réunit toute l’Afrique chez lui à Sotchi pour parler de coopération WIN-WIN en égratignant au passage « les plus morveux » prédateurs qui, sous le couvert d’assister nos pays africains ne font que les maintenir la dépendance.

Paris a dû apprécié !

En ce début novembre 2019, au lendemain d’une énième attaque terroriste sanglante contre les FAMA, Florence PARLY, Ministre française de la défense, visite Barkhane au Mali pour saluer le sacrifice du 16ème soldat français tombé au Mali en 7 ans de présence (même si naïvement IBK croit que c’est pour venir pleurer nos 54 martyrs Fama tombés à Indelimane, Que nenni!)

Devant les micros, nous assistons médusés, à l’annonce d’une énième opération, déjà même baptisée « TAKUBA » (Sabre en langue Tamashek) et qui serait composée de la France et de ses amis européens (incapables eux-mêmes d’assurer leur propre sécurité et préférant le parapluie américain).

De qui se moque-t-on ?

Suis-je étonné ? OH QUE NON !

Tout le monde, sauf nos Présidents, encore dans le déni et le sommeil profond à moins que ce ne soit de la HAUTE TRAHISON, a compris que toutes ses artifices ne marcheront jamais et n’ont pour seul but que de maintenir la présence pérenne de la France (derrière elle en embuscade les USA) et ses amis de l’UE face aux coups de boutoir encore timides de la Russie vers le continent et de la forte présence économique chinoise sur le continent.

Nous sommes donc un gros damier de pions que les autres poussent allègrement selon leurs intérêts, et nous, tels des moutons de panurge, les suivons bêtement sans agenda ni cap.

Cela suffit ! Assez !

Nous disons NON à TAKUBA !

Notre salut passe par le renforcement de la coopération sécuritaire entre pays touchés par ce fléau qu’on nous a imposé.

Burkina-Mali-Niger peuvent, à travers un front uni endiguer et assécher les va-et-vient de terroristes en y injectant forces et moyens avec droit de poursuites réciproques entre leurs territoires respectifs.

La France est celui par qui le Malheur est arrivé et c’était justement fait à ce dessein-là, trouvons-lui une alternative car elle a montré ses limites ou plutôt elle ne veut pas en finir avec cette épée de Damoclès maintenu sur nos têtes.

Nos pays devraient diversifier leurs partenariats avec d’autres puissances et se donner un deadline pour nettoyer nos Etats de ces vermines mises dans nos pattes pour hypothéquer notre avenir et notre élan.

La Russie peut-être un de ces partenaires eût égard à ce qu’elle a réussi en Syrie qui a les mêmes similitudes avec notre cas du Sahel.

Mettre tous ses œufs dans le panier ‘’France’’ est suicidaire pour le Mali et ses amis de la bande saharo-sahélienne, cela, l’Algérie et la Mauritanie l’ont compris et développé une autre approche qui porte ses fruits manifestement.

Faisons de même où à défaut explorons d’autres pistes car ce statu quo macabre est intenable.

Nous, maliens, ne nous laisserons pas faire et devrons nous opposer farouchement à ce projet machiavélique concocté pour régenter nos vies et leur garantir à eux, parts de marché et ouverture de nos frontières permanemment.

L’heure du Sursaut est arrivée et nous devons, nous lever et dire, tous ensemble, ÇA SUFFIT !

Abdramane DIALLO, malien.

Malijet

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Un proverbe au Mali dit « i kana kilo don, n’ka bôrô falen, i kan ko dôn », en traduction : « tu peux ne pas connaître les poids mais un sac rempli, ça tu peux reconnaître ». Nos autorités ne tirent jamais de leçons du passé, ce qui nous aurait évité bien des...