26 mars-25 avril 2013 : les Forces armées maliennes (FAMa) ont redéployé 1 200 soldats à Gao et 650 à Tombouctou. Le 6 mai, elles ont déployé 250 soldats supplémentaires à Ménaka. Elles ont aussi fait savoir qu’elles avaient déployé des troupes à Gao, qui se préparaient à faire mouvement vers le nord. Les annonces des autorités de transition et les mouvements consécutifs des Forces armées maliennes vers Kidal ont contribué à la montée des tensions dans la région et entre communautés touaregs, et fait craindre une reprise du conflit armé.

 

Le 5 juin: les Forces armées maliennes ont lancé une offensive et repris la ville d’Anefis (à 115 km de Kidal) au MNLA. Cette avancée s’expliquerait par des informations qu’elles auraient reçues selon lesquelles ce groupe armé aurait procédé à l’arrestation et à l’expulsion des habitants à la peau foncée (les non-Touaregs) de Kidal. Le MNLA a expliqué que sur les 180 personnes arrêtées, 20 l’avaient été pour espionnage pour le compte des autorités de notre pays et que les autres n’étaient pas résidentes de la ville et seraient déportées vers une ligne de démarcation située après Douentza. Les combats qui ont eu lieu le 5 juin ont fait plusieurs morts au sein du MNLA et celui-ci s’est retiré dans le nord. Au 6 juin, les Forces armées maliennes se seraient regroupées à 35 kilomètres au sud de Kidal.

Au même moment, l’Opération Serval et les opérations de la MISMA dans les montagnes de l’Adrar des Ifoghas ont été achevées, mais elles se sont poursuivies autour des grandes agglomérations. Les forces françaises ont quitté la région de Kidal pour prêter main-forte aux Forces armées maliennes et à la MISMA contre les groupes armés extrémistes le long du fleuve Niger près de la frontière avec la Mauritanie, dans la région de Gao, sur l’axe menant à Asongo, et dans la région du lac Faguibine (au sud de Tombouctou). Il n’y a pas eu d’affrontement majeur, mais des quantités importantes d’armes, de munitions et d’explosifs ont été saisies et des installations de fabrication d’engins explosifs improvisés ont été découvertes.

Du 8 au 18 avril : des opérations ciblées conjointes ont été menées contre les éléments du MUJAO dans la région de Gao. Plus de 13 tonnes d’armes et de munitions ont été trouvées.

La MISMA a continué d’assumer progressivement les responsabilités opérationnelles dans plusieurs zones du nord du pays tandis que les hommes de l’Opération Serval commençaient de se retirer, comme le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, l’a annoncé à Bamako le 5 avril. Au 30 mai, les effectifs de la MISMA étaient de 6 085 hommes déployés dans les régions de Tombouctou, Gao ainsi que de Ménaka, le long de la frontière avec le Burkina Faso dans la région de Douentza et le long de la frontière avec la Mauritanie dans la région de Diabaly. Le contingent de la MISMA qui était précédemment basé à Kidal a été redéployé à Aguelhok et Tessalit au début du mois de mai. Une compagnie de l’Opération Serval s’y trouve toujours. Au 29 mai, les effectifs des Forces françaises étaient de 4 000 hommes engagés dans les opérations en cours.

26 mars 2013 : le Rapport du secrétaire général sur la situation au Mali détaille les options pour une opération des Nations unies.

3 avril 2013 : le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques a informé le Conseil de sécurité des derniers événements d’importance survenus dans le pays sur le plan politique et dans le domaine de la sécurité. Il a mis l’accent sur l’adoption en janvier d’une feuille de route pour la transition, qui visait notamment à permettre le rétablissement de l’intégrité territoriale du pays et l’organisation d’élections libres et régulières. Il a également signalé que, si l’accès humanitaire s’était amélioré dans certaines parties du pays, la situation demeurait extrêmement instable, ajoutant que l’Organisation suivait de près la situation des droits de l’homme et que le Conseil des droits de l’homme avait nommé un rapporteur spécial sur le Mali. Il a en outre averti qu’il était extrêmement important que la conciliation des priorités politiques et de sécurité ne remette pas en cause la primauté de l’action politique au Mali. Concernant les problèmes de sécurité, il a signalé qu’une des questions clefs était de savoir dans quelle mesure l’Organisation pouvait ou devait assumer quelque responsabilité en matière de sécurité et de stabilisation, ajoutant que les acteurs humanitaires insistaient sur la nécessité d’observer une stricte distinction entre l’action humanitaire et les objectifs politiques et de sécurité. En conclusion, il a décrit les modalités possibles de l’engagement des Nations Unies au Mali.

Le représentant du secrétaire général de l’ONU à cette séance a signalé que les flambées de violence faisaient obstacle au rétablissement de l’autorité de l’État, au retour des déplacés et des réfugiés vivant dans les pays voisins et à l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles sur l’ensemble du territoire. Il a également fait savoir que le gouvernement du Mali était favorable au déploiement d’une mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en vertu du Chapitre VII de la Charte.

9 avril 2013 : alors que les troupes françaises entament leur retrait du Mali, Michael Sheehan, conseiller du secrétaire à la Défense pour les opérations spéciales et les conflits de basse intensité lors d’une audition au Sénat américain a déclaré que les soldats de la CEDEAO qui doivent prendre le relais ne constituent pas une force compétente.

Au cours d’une audition au Sénat américain, mardi 9 avril, un haut responsable du Pentagone, Michael Sheehan, s’est montré très critique à l’égard des soldats de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) présents au Mali. «C’est une force totalement incapable, ça doit changer», a expliqué le conseiller du secrétaire à la Défense pour les opérations spéciales et conflits de basse intensité.

«Débusquer Aqmi des montagnes et attaquer leur leadership est un boulot pour une force bien plus capable. L’ONU ne peut faire cela et nous ne devons pas attendre d’elle qu’elle le fasse. Ce sera aux Français, peut-être avec notre soutien» de s’en occuper, a estimé Michael Sheehan.

Le responsable américain a en outre déclaré que l’administration Obama a interdit au département américain de la Défense d’apporter un quelconque soutien direct à l’armée malienne, selon The Hill, un blog américain sur l’activité du Congrès.

Durant son audition, Michael Sheehan a déclaré qu’Aqmi tenterait sans doute de se reconstituer au Mali. “Nous allons voir s’[ils] vont être en mesure d’établir une capacité stratégique d’ici les prochaines années”, a-t-il ajouté, précisant que les principaux dirigeants d’Aqmi précédemment basés au Mali avaient pris la fuite lors de l’avancée des troupes françaises vers le Nord.

14 avril 2013 : cette flèche du conseiller américain aux troupes de la CEDEAO est loin d’être appréciée par les responsables de la MISMA. L’émissaire de l’UA pour le Mali, l’ancien président burundais, Pierre BUYOYA, s’est inscrit en faux contre ce discours précisant que personne ne peut douter de l’utilité des troupes de la MISMA engagées aux côtés des Français. Les troupes africaines travaillent dans les réalités qui sont les leurs, a déclaré Pierre Buyoya lors d’un point de presse vendredi.

Pierre Buyoya ajoute : « nous avions décidé de venir au Mali avant que les Français ne le fassent. Les événements ont fait que les troupes françaises sont venues avant nous avec plus de moyens, mais nous sommes venus dans la foulée et nous allons continuer notre montée en puissance. Nous allons probablement rester beaucoup plus longtemps que les troupes françaises. Nous avons certes un certain nombre d’insuffisances, mais nous allons faire en sorte que notre capacité opérationnelle s’améliore ». Et Pierre Buyoya de marteler : « ce monsieur a lancé des fleurs aux Français et blâmé les Africains alors que les Français qui sont sur le terrain et se battent avec eux ne sont pas de son avis ». Se félicitant  de l’engagement des pays contributeurs de troupes, l’émissaire de l’UA  estime que le taux de déploiement est d’environ 80% insistant sur le fait qu’au moment où la France entame son retrait progressif, il est légitime que les troupes de la MISMA s’assurent qu’il n’ a pas de vide sécuritaire. Les forces africaines ne sont pas seulement là pour occuper les territoires libérés par les Français, mais elles ont aussi commencé à remplacer les forces maliennes afin de leur permettre de se redéployer pour suivre la formation qui leur est offerte par l’Union européenne.

19 avril 2013 : l’Union africaine, la CEDEAO et l’Organisation des Nations Unies ont coprésidé la quatrième réunion du Groupe de soutien et de suivi sur la situation au Mali, à Bamako, qui a été l’occasion pour les autorités nationales, les responsables régionaux et la communauté internationale dans son ensemble de faire le point de la mise en œuvre de la feuille de route depuis la précédente réunion du Groupe à Bruxelles, le 5 février, et de tracer la voie à suivre pour l’avenir.

La réunion, qui a été ouverte par le Pr Diouncounda TRAORE, Président par intérim a vu la participation du Mali, dont la délégation était conduite par le ministre du Travail et de la Fonction publique, chargé des Relations avec les Institutions, assurant l’intérim du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Mamadou Namory TRAORE, et comprenait le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Moussa Sinko COULIBALY, et le ministre de l’Action humanitaire, de la Solidarité et des Personnes âgées ; des Ministres des Affaires étrangères et autres hauts responsables de la région et d’autres États membres de l’UA, ainsi que de partenaires bilatéraux et multilatéraux.

Les participants ont réaffirmé la ferme conviction que toute solution à la crise pluridimensionnelle sévissant au Mali devait venir des Maliens eux-mêmes, et qu’il convenait d’explorer de front voie politique et voie militaire.

En ce qui concerne la situation qui prévaut dans la ville de Kidal, les participants se sont accordés sur la nécessité d’assurer le rétablissement rapide de l’autorité de l’État. Ils ont réitéré l’exigence, faite lors de leur réunion de Bruxelles, du désarmement du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), ainsi que de l’affirmation de son attachement inconditionnel au respect scrupuleux de l’unité et de l’intégrité territoriale du Mali, pour autant que ce groupe désire participer au processus politique. Ils ont demandé à l’UA, à la CEDEAO, aux Nations unies et à l’UE, sous la conduite de l’ancien Président Pierre Buyoya, de prendre les initiatives appropriées, dans le prolongement des efforts de médiation de la CEDEAO, en vue du règlement de ce problème. Les participants ont souligné la nécessité de la dissolution et du désarmement de toutes les milices pour faciliter le processus de restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national, ainsi que pour renforcer la confiance, la sécurité et les perspectives de réconciliation nationale.

Les participants ont été informés des discussions en cours au Conseil de sécurité des Nations unies sur la transformation de la MISMA en une mission de stabilisation des Nations unies, et ont réitéré leur soutien à ce processus. Ils ont insisté sur la nécessité pour le Conseil de sécurité de s’assurer que l’opération envisagée renforce l’appropriation malienne, consolide les progrès accomplis avec l’appui de la CEDEAO et de l’UA, et favorise un engagement africain et international renforcé et coordonné au profit de la paix et de la sécurité au Mali. Ils ont reconnu que l’implication politique continue et effective de l’UA, de la CEDEAO et des pays du champ est essentielle pour le succès des efforts en cours, et ont noté, à cet égard, les paramètres énoncés par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA, dans son communiqué du 7 mars 2013, s’agissant de la transformation de la MISMA en une opération des Nations unies, et l’accent mis par l’UA et la CEDEAO sur la nécessité d’assurer une continuité, sur la base des efforts des deux organisations. Les participants ont souligné la nécessité, dans l’intervalle, de fournir à la MISMA le soutien nécessaire pour renforcer son efficacité et faciliter la transition vers une opération onusienne. Ils ont appelé tous les pays et organisations qui ont fait des annonces de contribution en faveur de la MISMA à honorer leurs engagements, et demandé au Secrétariat des Nations unies de prendre des mesures immédiates pour répondre aux besoins les plus urgents de la MISMA, tels que communiqués par l’UA, et ce en utilisant les ressources déjà disponibles dans le Fonds d’affectation spécial.

25 avril 2013 : la MINUSMA a été créée en application de la résolution 2100 (2013) du Conseil de sécurité. À cette date, le Bureau des Nations Unies au Mali (BUNUMA) a été incorporé à la MINUSMA avec effet immédiat, les responsabilités confiées au Bureau par la résolution 2085 (2012) ont été transférées à la Mission, et David Gressly, Chef du Bureau, a été nommé Chef de la Mission par intérim.

25 avril 2013 : le Conseil de sécurité adopte à l’unanimité la résolution 2100 (2013), dans laquelle il décide que l’autorité de la MISMA, requise par le Conseil dans sa résolution 2085, sera transférée à la MINUSMA, force des Nations Unies avec pour mission la stabilisation au Mali.

« Saluant la célérité avec laquelle les forces françaises sont intervenues, à la demande des autorités de transition, pour arrêter l’offensive de groupes armés terroristes et extrémistes dans le sud du Mali (…) » (5e considérant du préambule),

3 mai 2013 : le Sommet extraordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO tenu à Dakar le 3 mai 2013 a entendu le Président par intérim S.E.M. Dioncounda TRAORE et le Premier ministre et prend acte de leur exposé sur l’évolution de la situation au Mali. La Conférence les encourage à continuer leurs efforts visant à consolider les Institutions Républicaines et, en liaison avec le Médiateur, à faciliter la coopération entre le Gouvernement du Mali et la CEDEAO.

7-8 mai 2013 : dans la perspective de la transformation de la MISMA en MINUSMA, l’UA, la CEDEAO et les Nations unies ont eu des discussions à Addis-Abeba, les 8 et 9 mai 2013, pour convenir des modalités de cette transition. En outre, les Commissions de l’UA et de la CEDEAO ont entamé́ des consultations sur la mise en place envisagée d’une présence conjointe au Mali pour pouvoir continuer à appuyer les efforts du Gouvernement et des acteurs de notre pays et permettre à l’Afrique de jouer le rôle qui lui revient à cet égard.

8 et 9 mai 2013 : les membres d’une équipe pluridisciplinaire des Nations Unies ont rencontré leurs homologues de l’Union africaine et de la CEDEAO au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba pour réfléchir à des dispositions transitoires concernant les contingents, la police, la formation et l’appui à la mission, dont l’organisation d’une séance de planification conjointe, suivie de la mise en place à Bamako d’un dispositif conjoint MISMA/MINUSMA ayant pour mission de superviser la transition.

Lors de la réunion conjointe de planification à Addis-Abeba, l’Union africaine et la CEDEAO ont indiqué leur volonté de maintenir leur présence politique au Mali. Elles ont évoqué la possibilité que la MINUSMA partage des bureaux à l’extérieur de Bamako avec, par exemple, leurs observateurs de la situation sur le plan des droits de l’homme, leur personnel de police et leurs observateurs militaires, une fois effectué le passage de la MISMA à la MINUSMA. Elles ont aussi abordé avec l’Organisation des Nations Unies les domaines dans lesquels elle pourrait leur apporter un soutien après le passage à la MINUSMA : communication sur le plan stratégique et opérationnel, mouvements sur le théâtre des opérations, logements, services médicaux et de mesures de sécurité à l’intention de leur personnel en poste dans le pays. Une fois la transition de la MISMA à la MINUSMA achevée, l’Organisation des Nations Unies collaborera étroitement avec l’Union africaine et la CEDEAO pour assurer la consolidation et la durabilité des initiatives de médiation en cours et du processus politique plus large au Mali.

13 mai 2013 : le Secrétaire général de l’OCI « a salué le courage et le sacrifice de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) dont les principaux pays qui y ont contribué à l’envoi de troupes sont des États membres de l’OCI en plus de la France et du Mali, pour la libération et les efforts en cours pour stabiliser la région récupérée malgré les problèmes de sécurité qui restent à résoudre à Kidal et dans d’autres zones. »

17 mai 2013 : Albert Gerard Koenders (Pays-Bas) a été nommé Représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Mali et Chef de la MINUSMA. M. Koenders, qui était le Représentant spécial en Côte d’ivoire et Chef de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire depuis octobre 2011, a pris ses fonctions le 4 juin.

29-30 mai 2013 : les contingents et le personnel de police de la MISMA continuent de jouer un rôle non négligeable, en coordination avec les Forces armées maliennes et françaises, pour stabiliser la sécurité dans le nord du pays. Au 29 mai, la MISMA comptait 6 085 hommes, dont 92 officiers d’état-major, 18 policiers et une unité de police complète de 140 hommes déployée à Bamako. Le détachement précurseur d’une autre unité de police constituée (de 72 hommes) étant déployé à Sévaré, ce qui représente 87 % de l’effectif total promis par différents pays fournisseurs de contingents et de personnel de police.

Au 30 mai : la MINUSMA était composée de 95 personnes recrutées sur le plan international (57 membres du personnel opérationnel et 38 membres du personnel d’appui à la mission), de 6 personnes recrutées sur le personnel national, de 2 officiers de liaison et de 3 agents de la Force de police permanente.

Les contingents de la MISMA ont reçu un appui de la principale base de soutien logistique à Bamako et d’un centre de soutien logistique à Niamey, ainsi que de trois bases avancées à Sévaré, Gao et Tombouctou. Une société privée engagée par les États-Unis assure l’approvisionnement des unités les plus avancées à Gao et Tombouctou. Cette société est également censée dispenser de la formation à la MISMA.

30 mai 2013 : les besoins de la MISMA ont été recensés, identifiés, coordonnés et hiérarchisés en conjonction avec l’Union africaine, la CEDEAO et l’état-major de la MISMA. La première livraison par avion des stocks stratégiques pour déploiement rapide disponibles a eu lieu le 30 mai.

Bien que la MINUSMA soit l’une des missions les plus ambitieuses sur le plan logistique jamais entreprises par les Nations Unies, des progrès encourageants ont été réalisés en vue de son établissement durant la période considérée. On s’est efforcé de veiller à ce que les contingents transférés de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) à la MINUSMA respectent les normes des Nations Unies applicables au personnel et au matériel, un état-major a été établi à Bamako et la Mission s’est également implantée au niveau régional à Gao, Tombouctou, Kidal et Mopti. Cela étant, d’importantes lacunes restent à combler concernant le personnel et les effectifs militaires et de police autorisés. Le recrutement et le déploiement de personnel civil se poursuit.

12 juin 2013 : nomination du général de division Jean Bosco KAZURA (Rwanda) comme commandant de la Force de la MISMA. Le général de division KAZURA en assumera le commandement le 1er juillet 2013, date à laquelle, conformément à la résolution 2100 (2013) et sous réserve d’un examen par le Conseil, le transfert de responsabilités de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) à la MINUSMA est prévu.

18 juin 2013 : le Gouvernement de transition et les groupes armés des régions du nord du Mali ont signé, à Ouagadougou, un accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix au Mali.

La MINUSMA a continué de collaborer avec la Commission dialogue et réconciliation pour déterminer la meilleure manière de soutenir ses activités et de les relier aux travaux des organes créés en application de l’Accord préliminaire. Il a été convenu que la MINUSMA aiderait la Commission, sur le plan technique, à concevoir le processus de dialogue. Dans l’intervalle, la Commission a continué d’expliquer son mandat dans le cadre d’activités de sensibilisation menées auprès des dirigeants locaux dans le district de Bamako et dans le nord du Mali notamment à Kidal.

25 juin 2013 : le Conseil s’est réuni pour examiner le rapport du Secrétaire général sur la situation au Mali. Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali et Chef de la MINUSMA, s’adressant au Conseil par visioconférence depuis Bamako, a donné un aperçu de la situation sur le terrain, signalant que les conditions de sécurité s’étaient graduellement améliorées, mais que la situation demeurait complexe et fragile.

Concernant le processus politique, il a annoncé que le Gouvernement de transition du Mali et les groupes armés des régions du nord avaient signé un accord préliminaire le 18 juin à Ouagadougou concernant la tenue d’une élection présidentielle et de négociations ouvertes à tous. Concernant les préparatifs de l’élection, il a informé le Conseil que le scrutin présidentiel était prévu pour le 28 juillet 2013 et que la MINUSMA jouerait un rôle d’appui. Il a également fait savoir que les besoins humanitaires continuaient de le préoccuper et que des activités humanitaires étaient menées dans les régions septentrionales en dépit des problèmes de sécurité et de l’approche de la saison des pluies. Il a souligné en outre que la situation des droits de l’homme demeurait précaire et que des violations étaient commises par toutes les parties.

Le représentant du Mali a informé le Conseil que les conditions de sécurité étaient favorables au transfert des compétences de la MISMA à la MINUSMA, ajoutant que l’accord signé à Ouagadougou marquait une étape décisive vers le rétablissement de l’intégrité territoriale du Mali et créait les conditions propices à la tenue de l’élection présidentielle sur toute l’étendue du territoire national.

1er juillet 2013 : à la suite de la passation des pouvoirs, la MINUSMA, qui s’était jusque-là concentrée sur les fonctions civiles transférées le 25 avril par le Bureau des Nations Unies au Mali, s’est vu confier la responsabilité du personnel militaire et de police déployé au sein de la MISMA. À l’issue d’une cérémonie tenue à Bamako ce jour-là, 6 103 membres du personnel militaire, 20 policiers hors unités constituées et 3 unités de police constituées comprenant 368 officiers ont été transférés et ont commencé à bénéficier du plein appui de la MINUSMA, conformément aux normes Nations Unies. Une évaluation du matériel appartenant aux contingents a été effectuée en août et septembre afin de recenser les besoins les plus critiques. Les contingents et les unités de police constituées se sont vu accorder un délai de grâce et ont jusqu’au 31 octobre pour répondre aux normes des Nations Unies applicables au personnel et au matériel appartenant aux contingents.

1er juillet 2013 : le Groupe de soutien et de suivi sur la situation au Mali, présidé conjointement par l’Union africaine, la CEDEAO et l’Organisation des Nations Unies, a tenu sa cinquième réunion à Bamako. Les participants se sont félicités de la signature de l’Accord préliminaire et ont souligné qu’il fallait que la communauté internationale continue de soutenir les efforts nationaux de consolidation de la paix. Ils ont également encouragé les autorités à créer des conditions propices à la conduite d’élections crédibles.

29 juillet 2013 : le Chef de la MINUSMA a présidé une réunion organisée pour discuter du premier tour des élections avec les chefs des missions d’observation envoyées pour l’occasion, notamment celles dépêchées par l’Union africaine, l’Organisation internationale de la Francophonie, la CEDEAO et l’Union européenne.

16 septembre 2013 : les effectifs de la MINUSMA comptaient 5 208 hommes, à la suite du retrait d’un bataillon d’infanterie par un pays fournisseur de contingents. La Mission comprend cinq bataillons d’infanterie, déployés dans les principaux secteurs, y compris Tessalit, Aguelhok, Kidal, Gao, Ménaka et Ansongo dans le secteur Est, et Gossi, Douentza, Sévaré, Tombouctou, Goundam et Diabaly dans le secteur Ouest. Une compagnie ivoirienne de transport et une entreprise ghanéenne de construction du génie sont déployées à Bamako. Par ailleurs, un hôpital togolais de niveau II est en place à Sévaré et une compagnie sénégalaise de génie de combat est stationnée à Gao.

Pour atteindre le plafond des effectifs autorisés, la MINUSMA a encore besoin de deux bataillons d’infanterie, d’une compagnie du génie de l’air pour s’occuper de la remise en état des pistes d’atterrissage de Tessalit et Kidal, d’une unité de gestion de l’information et d’une compagnie des forces spéciales. Elle a également grand besoin d’hélicoptères militaires de transport et d’attaque. La composante militaire disposera de la pleine capacité opérationnelle nécessaire à l’exécution de toutes les tâches qui lui seront confiées probablement plus tard que prévu, une fois que des moyens logistiques supplémentaires lui auront été attribués.

17 septembre 2013 : la composante police de la MINUSMA comptait 56 membres de la police hors unités constituées (34 à Bamako et 22 autres dans les régions du nord), cinq unités de police constituées comprenant 743 membres (deux unités à Bamako, une à Tombouctou, une autre à Gao et la dernière à Kidal) et des membres de la Force de police permanente.

La Mission a continué de renforcer sa présence civile dans les régions de Bamako, Gao, Tombouctou et Kidal, 287 membres du personnel civil étant déployés sur le terrain au 17 septembre. Les trois bureaux régionaux de Gao, Tombouctou et Kidal ont commencé à mener des activités et à déployer progressivement du personnel civil et des agents en tenue. La composante civile de la Mission s’efforce essentiellement d’appuyer le processus politique, notamment de mener des négociations avec les groupes armés et de préparer le terrain à l’instauration d’un dialogue national ouvert à tous, et elle met l’accent sur les aspects du mandat relatifs aux droits de l’homme, à la protection des civils, à la justice, aux questions pénitentiaires et à la protection des femmes et des enfants tout en s’acquittant des nombreuses fonctions d’appui requises durant la phase de démarrage des opérations de la Mission.

16 octobre 2013 : le Représentant spécial du Secrétaire général a présenté le deuxième rapport du Secrétaire général sur la situation au Mali. Le représentant du Mali a rendu compte au Conseil du déroulement de l’élection présidentielle et de l’élection d’un nouveau Président, et énuméré une série de mesures prises par le Gouvernement comme suite à l’accord du 18 juin 2013, notamment la tenue de discussions avec les groupes armés, l’organisation de forums de sensibilisation, la création de la Commission dialogue, vérité et réconciliation ainsi que la préparation d’activités relatives à la décentralisation et au développement accéléré des régions du nord. Il a également affirmé que, si le déploiement de nos Forces de défense et de sécurité ainsi que des contingents de la MINUSMA et de l’opération Serval avait contribué à améliorer considérablement les conditions de sécurité dans les grandes villes du nord du Mali, la situation demeurait fragile et exigeait l’attention soutenue de la communauté internationale.

1er octobre 2013 : dans son rapport sur la situation du Mali, le secrétaire général de l’ONU explique : la situation est très complexe. C’est dans un nouveau contexte géopolitique, qui présente des risques jamais rencontrés par le passé dans le cadre du maintien de la paix, que les Nations Unies entreprennent de déployer cette mission. Par son mandat, la MINUSMA est autorisée à protéger par tous les moyens la population et à prendre activement des dispositions afin d’empêcher le retour d’éléments armés dans les principaux centres de population. L’imposition de la paix ou la lutte contre le terrorisme relèveront de la responsabilité des forces françaises. La Mission devrait toutefois se donner pour priorité immédiate de prendre activement des mesures pour protéger la population dans les zones de son déploiement et dans la limite de ses capacités.

Il reste de nombreux défis à relever pour que le passage de la MISMA à la MINUSMA puisse être opéré sans heurt. Il s’agira avant tout d’assurer la continuité entre les deux opérations pour préserver les gains acquis et éviter tout vide sécuritaire. Une période transitoire initiale de six mois verra le renforcement des capacités militaires et, parallèlement, l’élargissement des opérations de la Mission.

La situation au Mali a d’importantes répercussions à l’échelle régionale et internationale. Alors que nous nous efforcerons tous ensemble de stabiliser la situation sur le plan national, il faudra garder à l’esprit que des éléments armés risquent de passer dans les pays voisins et d’y mener des attaques terroristes et d’autres activités criminelles, comme l’ont rappelé les attaques perpétrées au Niger le 23 mai. Il est donc crucial de développer les approches régionales pour relever les défis rencontrés en matière de sécurité et de gouvernance et sur le plan humanitaire, qui sont de nature transitoire. À cet égard, je suis sur le point de finaliser la stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel et j’invite tous les États membres à en appuyer la mise en œuvre. La MINUSMA aura besoin de temps pour être pleinement opérationnelle et il faudra que la communauté internationale fasse preuve de patience et de soutien, en consentant d’importants investissements pour protéger les gains acquis et renforcer la stabilité au Mali en évitant que le conflit ne s’étende dans toute la région.

13 novembre 2013 : À Addis-Abeba, l’Union africaine (UA) a validé le plan de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) devant mener à une intervention armée au nord du Mali pour y chasser les groupes islamistes.

C’est un nouveau pas vers une intervention armée au nord du Mali. Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a validé le plan de la CEDEAO. Réuni toute la journée, ce conseil a examiné la proposition d’envoyer une force de 3 300 soldats chargés de soutenir l’armée malienne dans la reconquête militaire du Nord – opérations élaborées, d’une part par la CEDEAO et de l’autre, par le Gouvernement.

Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a « décidé d’approuver le concept harmonisé d’opérations pour le déploiement planifié de la force (…) conduite par l’Afrique, en soutien au Mali », a déclaré le commissaire à la paix et à la sécurité de l’organisation, Ramtane Lamamra.

Ce plan de la CEDEAO devra maintenant être transmis à l’ONU, avant la fin novembre, et ce sera au Conseil de sécurité de donner son feu vert aux opérations. Sa réponse est attendue le 26 novembre, au plus tard.

13 novembre 2013 : le Président François Hollande a affirmé, ce mardi 13 novembre, lors d’une conférence de presse, que la France n’interviendra « en aucun cas elle-même » au Mali, mais qu’elle apportera son « soutien logistique » à une éventuelle opération.

Dans le cadre de cette intervention militaire, les ministres de la Défense et des Affaires étrangères de cinq pays européens (France, Espagne, Italie, Allemagne et Pologne) se réuniront à Paris, jeudi 15 novembre, pour discuter de la formation d’une mission d’entraînement des forces africaines. Elle pourrait comprendre entre 200 et 400 militaires.

Quant au soutien logistique des pays occidentaux, et notamment de la France, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian a évoqué, ce mardi 13 novembre, l’éventualité de frappes aériennes qui « dépendra des difficultés sur le terrain » tout en affirmant que la France n’y participera pas.

De son côté, en fin d’après-midi de ce mardi 13 novembre 2013, le président français, lors de sa grande conférence de presse, a fait des déclarations allant dans le même sens. François Hollande a rappelé que Paris s’est engagé à « soutenir logistiquement » les pays africains. : «Au Mali, la situation était suffisamment grave pour aider les Africains à s’organiser pour faire à la menace terroriste. Nous avons pris toutes les initiatives utiles pour faire voter une résolution au conseil de sécurité et en préparer une suivante», a déclaré lors de sa première conférence de presse François Hollande. «Nous voulions que les Africains eux-mêmes, la CEDEAO, puissent prendre l’initiative de préparer cette intervention. Mais en aucun cas la France interviendra elle-même au Mali. Si nous sommes aux côtés des Africains, ce sont eux et eux seuls qui décident. Si il y a un risque de diffusion dans les autres pays, nous ferons en sorte de les soutenir pour les protéger».

En d’autres termes une intervention directe de la France, comme l’Opération Serval, n’était pas à l’ordre du jour… officiel !

Source : Info-Matin

MaliwebChroniques
26 mars-25 avril 2013 : les Forces armées maliennes (FAMa) ont redéployé 1 200 soldats à Gao et 650 à Tombouctou. Le 6 mai, elles ont déployé 250 soldats supplémentaires à Ménaka. Elles ont aussi fait savoir qu’elles avaient déployé des troupes à Gao, qui se préparaient à faire mouvement...