Bien avant et après l’instauration de la démocratie, le contrôle de l’organe médiatique constitue un défi     que les tenants du  pouvoir s’évertuent à relever, autant en Afrique que sous d’autres cieux. Dans  nos pays, la caporalisation   est encore plus poussée. Sinon en faire un instrument de propagande, on veut gouverner à travers la télévision et ou la radio la plus étendue. En oubliant assez souvent que cela ne peut se faire sans moyens techniques et ressources compétentes.

On déplore alors que les dirigeants de ses organes ont beau avoir une carapace d’acier, les pouvoirs viennent à bout de leur professionnalisme sinon obtiennent leurs démissions. La fragilité des professionnels des media est d’autant plus évidente quand ces derniers ont été demandeurs et non appelés ou élus après appels à candidatures. Le défaut de forme juridique plutôt  que d’arranger celui qui en bénéficie pourrait lui  être brandi comme épée de Damoclès. Le pouvoir ayant ceci de vicieux qu’il tient en laisse celui qui le sert.

Le changement à la tête de l’ORTM n’en sera un  que si et seulement si, il est laissé une marge de manœuvre à ‘’la nouvelle‘’ équipe. Une liberté au plan professionnel qui pourrait voire consacrer à l’opposition politique le temps d’antenne à lui nécessaire, sinon  pour exposer les solutions qu’elle  propose aux différentes problématiques de l’heure, jouir de son droit de réponse quand elle est prise à partie. Il en sera de même pour atténuer les contractions du monde footballistique et le bouillonnement scolaire et universitaire. Comme la grève des travailleurs affiliés à l’UNTM (dont ceux de l’ORTM) du 11 au 13 janvier 2019, l’atteste, le mouvement syndical ne sera pas en reste , les scandales sociaux ou financiers non plus. Alors que l’incursion djihadiste et les conflits inter communautaires nous pourrissent la vie. On sait que le patron  d’organe médiatique

 

Peut subir  diverses influences idéologiques, sociales et ou financières. Les politiques ne sont jamais loin ; dans le public les pressions individuelles  viennent généralement de cadres   des institutions dont  la présidence de la république et le gouvernement. La censure emmène les journalistes à s’autocensurer sans le savoir  et bonjour les dégâts.

Le trafic d’influence ou cette course effrénée pour la conservation des prébendes se fait généralement au détriment du contribuable qui après un bâillonnement de 23 ans et le sang de martyrs aspire à jouir de la liberté d’expression. Par la même occasion, les traditionnels auditeurs et téléspectateurs entendent bénéficier des fruits d’une bonne gouvernance économique et sociale. Plutôt que  du nombrilisme (qui  consiste à se regarder)  ou du salonnard à Bamako, la télévision et la radio doivent nous montrer les réalités du pays  profond, promouvoir  le culte du débat constructif, inciter à la création d’entreprises, éduquer les masses et  former au civisme.

Dans nos différentes chapelles la contradiction doit l’emporter sur le culte de la personnalité et la pensée unique. Pour faire bonne figure on pourrait avancer que la culture de la démocratie n’a pas fini de s’implanter chez nous ; toutefois,au pays de l’oralité, le débat ne peut que contribuer à libérer les rancœurs et rapprocher les esprits.

Moise TRAORE, journaliste.

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Bien avant et après l’instauration de la démocratie, le contrôle de l’organe médiatique constitue un défi     que les tenants du  pouvoir s’évertuent à relever, autant en Afrique que sous d’autres cieux. Dans  nos pays, la caporalisation   est encore plus poussée. Sinon en faire un instrument de propagande, on veut...