Un conflit foncier a dégénéré le 19 mai dernier dans le village de Solakoroni, arrondissement de Manankoro dans le cercle de Bougouni, faisant deux morts, un blessé grave et de nombreux dégâts matériels.


Le conflit a opposé les autochtones de la localité aux Miniankas allogènes installés depuis 2004 dans cette zone et qui s’adonnaient à l’agriculture. Cette affaire qui est pendante devant les juridictions a dégénéré lorsque les autochtones ont imposé une taxe de 15000 Fcfa par an, aux allogènes qui exploitent les champs de culture. Leur refus de se soumettre à cette taxation a provoqué des incidents qui se sont soldés par mort d’hommes et la destruction de leurs biens (habitations, greniers et engins brûlés, animaux tués).
Les autorités régionales se sont rendues le 21 mai dans le village de Solakoroni pour inviter les populations au calme et à la sérénité. Malgré ces interventions, la pression a continué de monter obligeant les Miniankas allogènes à quitter la zone. Ainsi, 60 ménages comprenant 800 personnes environ ont regagné la ville de Bougouni dans des conditions précaires pour échapper aux autochtones de Solakoroni. Les autorités locales du Banimonotié les ont accueillis en leur offrant provisoirement gîte et couvert.
Le gouverneur de la région de Sikasso Boubacar Bagayogo, accompagné des membres de la commission régionale d’appui aux catastrophes s’est rendu, jeudi dernier, au chevet de ces déplacés pour leur apporter toute la compassion de l’Etat. La délégation régionale a fait une donation de plusieurs tonnes de riz, de mil, des ustensiles de cuisine, des moustiquaires et des kits Unicef. Le représentant des déplacés, Amidou Dembélé, a remercié les autorités locales et régionales pour leur assistance à ces personnes démunies qui ont tout abandonné. Il a demandé aux autorités de leur trouver de l’espace pour cultiver afin de subvenir permanemment aux besoins vitaux de leurs familles. Le chef de l’exécutif régional Boubacar Bagayogo a remercié les autorités locales de Bougouni pour la promptitude du secours à ces déplacés qu’on ne peut pas traiter d’étrangers sur le territoire national, même si, les droits coutumiers sur la terre sont reconnus. Il a fait la genèse de ce conflit avant de souligner que force doit rester à la loi. Nul ne doit se rendre justice, a-t-il insisté. Nous sommes dans un pays de droit et le procureur a déjà commencé les enquêtes, car, il y a eu assassinat. Le gouverneur a lancé un appel au calme et à l’apaisement aux populations tout en les invitant à respecter la règlementation.
Rappelons que ces Miniankas allogènes sont venus de la localité de Koutiala en 2004 et 2011 et se sont intéressés à la culture du coton. Ils font des productions record dans l’arrondissement de Manankoro, où la terre est très fertile. Concernant la requête relative à la recherche de terres cultivables pour ces déplacés, certains observateurs pensent que l’Etat devrait assurer leur retour à Koutiala pour éviter toute escalade.
Fousseyni
DIABATÉ
AMAP-Sikasso

Source: L’Essor- Mali

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Un conflit foncier a dégénéré le 19 mai dernier dans le village de Solakoroni, arrondissement de Manankoro dans le cercle de Bougouni, faisant deux morts, un blessé grave et de nombreux dégâts matériels. Le conflit a opposé les autochtones de la localité aux Miniankas allogènes installés depuis 2004 dans cette...