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Le Général Yamoussa Camara

Le président de la transition, le Pr Dioncounda Traoré, devant les hauts responsables de l’Union Européenne à Bruxelles, a donné l’assurance que le premier tour de l’élection présidentielle se tiendra  le 28 juillet. Avant lui,  c’est le Premier ministre Diango Cissoko qui, à la faveur d’un Conseil de Cabinet,  avait déclaré que l’armée malienne allait prendre possession de Kidal au plus tard le 15 mai. Ce fut le tour de son ministre de la Défense, Yamoussa Camara, de réaffirmer le même engagement en martelant, à l’occasion de son interpellation par les députés, que l’armée malienne allait prendre pied à Kidal au plus tard le 15 mai. Aujourd’hui, nous sommes le 16 juillet et au moment où bouclions hier aucune prémisse allant dans le sens d’une libération imminente de Kidal n’était perceptible.

 

Autant dire que le gouvernement n’a pas pu tenir  sa promesse de libérer la capitale de l’Adrar des Ifoghas et la 8ème région du Mali avec des griffes des bandits armés du MNLA qui, apparemment, jouissent d’une complicité, pour le moins passive, de la France.
Principal acteur  du déclenchement de la crise malienne, le MNLA  continue à constituer le principal facteur de blocage à sa résolution. A défaut d’être une réelle force militaire, le MNLA, constitué d’éléments touaregs venus de la Libye après la chute de Kadhafi à la solde de qui ils se trouvaient plus  des éléments de l’Alliance du 23 mai 2006, qui avaient allègrement violé sans motifs sérieux les Accords dits d’Alger, se signale par sa capacité de nuisance. Il tient cette capacité d’une incroyable incurie par rapport au destin de la nation malienne, y compris celui de la communauté Touareg dont il est censé défendre les intérêts. Il la tient aussi des actes de grand banditisme dans lesquels il excelle, du maquignonnage politique qui lui permet de mener en bateau ceux qui ignorent tout des arcanes de la question Touareg et du dossier du Nord-Mali et plus globalement de la zone sahélo-saharienne  devenu un enjeu sécuritaire et géostratégique à l’échelle régionale voire mondiale. Cela dans le cadre d’une politique de lobbying de mauvais aloi qui, mal contrée pas l’Etat malien, pourrait se révéler d’une efficacité redoutable. A preuve : Vox Africa, une chaîne junior de télévision se disant panafricaine et appartenant à un milliardaire camerounais, dans une  récente  édition de son journal télévisé, présentait  l’Azawad comme un immense territoire désertique  qui serait le berceau naturel des Touaregs. Nous sommes en plein dans la propagande inventée et développée par le MNLA.
De la part de la soi-disant chaîne panafricaine à la recherche d’audience et de parts de marché est-ce le signe d’une méconnaissance des réalités maliennes  ou une ligne délibérée motivée, pourrait-on dire prosaïquement, par le fric ?  On peut pencher pour la seconde hypothèse. Tout indique que, devant la monstruosité des contre-vérités qu’elle distille la chaine Vox Africa a sacrifié les principes élémentaires de la déontologie journalistique  sur l’autel  de ses intérêts commerciaux et vénaux. Car si elle s’était, un tant soit peu, donné la peine de vérifier son information, Vox Africa allait savoir que l’Azawad n’est rien de moins qu’un oued ou tout au plus une enclave située entre Tombouctou et Araouane en 6ème région du Mali. Que les Touaregs ne représentent, dans le meilleur des cas, que 5% de la population du septentrion malien dont les terres ont eu à abriter de prestigieux empires à l’image de l’empire Songhaï.
Un homme politique malien ne déclarait-il pas récemment sur les antennes d’une radio internationale que le     MNLA n’avait pas de projet politique pour le Nord-Mali ? Et qu’en fait en guise de projet il n’a pour notre pays que la violence, le sang et les larmes ?
A posteriori, les assurances données par nos plus hautes autorités à propos de la libération de Kidal,  au plus tard le 15  mai, apparaissent comme de simples professions de foi. A la limite, cette impasse fait planer le doute sur la tenue du premier tour de l’élection présidentielle le 28 juillet prochain comme le déclarait le président par intérim, Pr  Dioncounda Traoré, devant les hauts responsables d’une centaine de pays au siège de l’Union Européenne à Bruxelles à l’occasion de la réunion internationale qui vient de s’y tenir sur le Mali. Tant est que l’unanimité est faite, du moins verbalement, sur l’organisation du scrutin  sur l’ensemble du territoire du Mali y compris la région de Kidal. A part des déclarations verbales de  ses principaux dirigeants, le président et le ministre des Affaires étrangères notamment, la France ne fait rien pour la libération de Kidal des mains du MNLA. Ne serait-ce qu’en débridant l’armée malienne.
A travers sa prompte et salutaire intervention, via l’opération Serval, la France de François Hollande a démontré qu’elle est le protagoniste de premier plan dans la résolution de la crise malienne. Qu’elle aille au bout de sa logique ! Le Mali est quasiment guéri du SIDA des narco-jihadistes. Reste maintenant le choléra des bandits armés du MNLA. La France est vivement interpellée d’autant que ce mouvement a suffisamment donné la preuve qu’il ne peut être une force de construction, mais plutôt une force de destruction. Et qu’il ne peut être d’aucun recours dans la libération des otages français détenus par ses ex-alliés d’AQMI  et du MUJAO à qui il a déjà  payé un lourd tribut.
Yaya Sidibé