Mercredi 8 avril 2020 à Bruxelles, un communiqué de presse annonçant le report au 28 avril prochain du délibéré de l’Appel interjeté par Rokia Traoré a été rendu public. Il s’agit de l’Appel concernant la décision de la justice belge donnant la garde exclusive de son enfant à son père, Monsieur Jan Goossens. Dans cette affaire l’artiste malienne semble être prise dans l’étau de la machine judiciaire.

Pour interjeter l’appel dans cette affaire, l’artiste malienne Rokia Traoré a mis en avant le lieu de résidence de l’enfant dont il est question. Elle a rappelé à la justice belge que l’enfant vit au Mali avec elle, sa mère, et son frère aîné depuis l’âge de 4 mois avant d’y avoir été également scolarisée et socialisée. De ce fait, elle estime que cet enfant n’a aucune raison de se retrouver sujet de la justice belge dans le cadre d’une procédure concernant sa garde. Donc, à la décision de la justice donnant la garde exclusive de son enfant à son père, Monsieur Jan Goossens, Rokia Traoré avait interjeté Appel devant la Cour d’appel de Bruxelles pour que cette juridiction supérieure puisse statuer en premier lieu, sur le problème de l’incompétence du juge belge qui a décidé de confier la garde exclusive de l’enfant à son père en plus de la peine d’emprisonnement et du paiement d’une forte amende. Donc avant tout débat sur le fond du dossier, la Cour d’appel de Bruxelles devait statuer sur la compétence du juge belge qui n’est pas le juge naturel du domicile de l’enfant. Mais un autre paradoxe était que Rokia Traoré avait été arrêtée le 10 mars 2020, à son escale à Paris, en vertu d’un mandat d’arrêt européen émis contre elle, lorsqu’elle se rendait en Belgique pour être présente physiquement à une audience de cette affaire. Puisque, selon le communiqué, dans le droit belge, l’appelant est tenu d’être présent à l’audience, sous peine de l’annulation de son droit à l’Appel (déchéance).

Pour rappel, M. Goossens, l’ex-compagnon de Rokia, avait porté plainte contre l’artiste malienne pour non-respect de ses droits de visite à l’enfant ainsi que le non-respect de son autorité parentale. Une situation qui résulte du fait que Rokia Traoré avait décidé de ne plus prendre en charge ses frais de transport pour venir voir sa fille au Mali. Cette rupture aussi était survenue en 2018, après que l’artiste a eu des soupçons d’attouchements contre lui à l’endroit de sa fille ainsi que la volonté de la maman de n’en discuter que sous la médiation d’un psychologue. Donc le monsieur a décidé de ruiner à la vie de la femme en nuisant à sa carrière et en la faisant perdre la garde de ses deux enfants, dont la fille, se retrouverait confiée à un père dont le soupçon d’attouchements n’a jamais été vérifié (une procédure pénale à ce sujet a été classée sans suite en Belgique, une autre est en cours au Mali) selon le communiqué.

À noter que Jean Goossens réclame dans le cadre des mesures provisoires qui ont été décidées par le juge belge, la liquidation de l’astreinte de 2500 euros par jour, pour non-représentation d’enfant, à Madame Rokia Traoré. Il est donc demandé à Rokia Traoré, selon le communiqué, de faire un chèque de 303 000 euros pour le compte de Jan Goossens, indépendamment du paiement d’une pension alimentaire à Monsieur Goossens et sa participation à hauteur de 50% à tous les frais excepté ceux liés à l’alimentation de l’enfant.

ISSA DJIGUIBA

Source : LE PAYS

 

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Mercredi 8 avril 2020 à Bruxelles, un communiqué de presse annonçant le report au 28 avril prochain du délibéré de l’Appel interjeté par Rokia Traoré a été rendu public. Il s’agit de l’Appel concernant la décision de la justice belge donnant la garde exclusive de son enfant à son...