Le Mardi 09 avril dernier, Dramane Aliou Koné,  directeur de publication du journal l’Indicateur du Renouveau et non moins président de l’Association des Editeurs de la Presse Privée du Mali (ASSEP) a frôlé la prison centrale de Bamako. Le juge Idrissa N’golo Coulibaly l’a mis sous mandat de dépôt dans une affaire de terrain qui l’oppose à certains spéculateurs fonciers bien connus de la capitale.

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Dramane Alou Koné, président de l’Assep

C’est la deuxième fois dans un intervalle d’un mois que Dramane Aliou Koné est traîné devant le tribunal de la commune VI. La première a eu lieu le 11 Mars 2013 lors de l’audience du procès qui opposait un journaliste sportif de la radio Guintan au vice président de la fédération Malienne de football. Venu assisté à cette audience en guise de soutien, il s’est vu décerné un mandat d’amener.  Conduit dans le bureau du juge, nous avons vite pris attache avec certains avocats présents sur place. Il a dû son salut sur l’assistance de ceux-ci et d’autres responsables qui ont intervenu.

Le juge en manque d’arguments juridiques a renvoyé l’affaire sine die. Pour nous, l’affaire était close vu les documents produits par notre confrère.

A notre grande surprise, cette même affaire a brusquement refait surface le mardi dernier avec un mandat de dépôt. Le confrère a été conduit à la prison centrale de Bamako. Heureusement pour lui que des interventions ont eut lieu rapidement. Au moment même où on l’enregistrait à la prison centrale, la procédure a été interrompue. Il a été ordonné de le ramener au tribunal. Notre avocat, Me Cheick Oumar Konaré a bataillé dur pour obtenir  la transformation du mandat de dépôt en contrôle judiciaire.

En fait de quoi s’agit-il réellement ?

En 2011, l’Association des Editeurs de la Presse Privée du Mali a obtenu auprès du gouvernement malien un terrain d’une superficie de 05 hectares pour en faire une cité de la presse. Cette parcelle a été octroyée par une décision interministérielle signée du ministre de l’Administration Territoriale, le Général Kafougouna Koné et du ministre des Affaires Foncières, de l’Urbanisme et du Logement, Madame Gakou Salimata Fofana.

L’actuel directeur national actuel de l’urbanisme, à l’époque directeur régional de l’urbanisme est celui qui a piloté le dossier.

Au moment où les journalistes sont entrain de payer les frais de cession du titre, l’ASSEP a commis une équipe pour enlever la montagne  d’ordures qui occupe une bonne partie du terrain, nous avons été surpris de voir des soubassements poussés sur le site. Les enquêtes ont vite permis d’établir que ce sont le Maire du District Adama Sangaré et le Maire de la commune VI, Souleymane Dagnon qui ont morcelé et vendu des parcelles à des particuliers. Saisis de façon amiable, ils ont fait des décisions d’annulation des parcelles attribuées.  Nous détenons copies de ces décisions qui ont même été communiquées au juge Idrissa N’golo Coulibaly. Ensuite, le Maire Dagnon a fait une décision de démolition des travaux en cours. Ce sont les services de la Mairie de la commune VI qui sont allés démolir les travaux en question. Nous avons une copie de cette décision qui a aussi été communiquée au juge.

Malgré ces pièces  vérifiables et irréfutables, le juge, sur la plainte de certains bénéficiaires des attributions illégales et annulées par la suite, tient coûte que coûte à jeter en prison Dramane Aliou Koné pour démolition illégale.

Or, les plaignants n’ont aucune pièce, car leurs décisions ont été annulées par ceux qui les avaient attribuées. Alors, la question qui se pose est de savoir : sur quelle base légale les plaignants ont porté plainte devant le juge. Ont –ils réellement qualité à poursuivre le président de l’ASSEP ?

Autre chose, c’est que bien avant l’étape de la justice, le président de l’ASSEP  a été plusieurs fois entendu par la gendarmerie de Faladiè. Le juge a aussi la déposition de notre confrère faite par la gendarmerie.

Le plus marrant dans cette affaire est que ni le Maire Dagnon ni le Maire Adama Sangaré n’ont été inquiétés. Or, ils sont à la base de ce problème. Seul Dagnon a été entendu comme témoin.  Son deuxième adjoint Baba Sanou est celui qui maîtrise mieux cette affaire. Car c’est lui qui a amené l’équipe de démolition sur le terrain. L’homme est venu de lui-même pour faire témoignage. Le juge n’a pas voulu l’écouté.  Alors, pourquoi le juge tient-il à envoyer Koné en prison ? Son intime conviction a-t-elle trébuchée devant l’espèce sonnante et trébuchante ? Comment comprendre que les plaignants aient élu domicile dans son bureau au point de recevoir Koné en leur présence et de demander sur leur avis sur la conduite à tenir ?

Les plaignants parlent de 60 maisons démolies, ce qui fait la pratiquement la moitié des 5 hectares. D’où sortent ces 60 maisons alors que les décisions ne portent que 41 lots attribués et annulés par les deux maires ?

Décidément, le  juge Idrissa N’golo Coulibaly semble avoir « empoché » le droit au point de vouloir emprisonner un citoyen au profit de ses clients. Nous faisons confiance à la justice de notre pays et à son indépendance malgré certains comportements qui jurent avec l’orthodoxie et qui font honte même aux apprentis sorciers.

Le dessein des plaignants est connu. Sous la pression, ils veulent que l’ASSEP leur cède  des lots ou leur paye des dommages intérêts. Nous ne céderons pas au chantage, le droit est justement droit pour le monde. Nous nous donnerons tous les moyens légaux pour défendre ce qui nous revient de droit. N’en déplaise à ceux qui veulent torpiller la presse malienne.

A suivre

Ibrahima COULIBALY