Ils sont revenus de la Libye avec des armements, entretenaient des relations avec le régime en place à l’époque ATT, qui leur avait promis une intégration directe dans l’armée. Chose faite pendant la transition. Ils ont bénéficié des matricules et sont entrés en formation à Koulikoro. Après la sortie de GTIA WARABA, quelques mois plus tard, les voilà, plus d’une quarantaine, passer aux grades supérieurs. Cela, par arrêté N° 3919 du 18 septembre 2013, signé des mains de l’actuel ministre de la Défense, Soumeïlou Boubeye Maïga.  Anefis, Tessalit, Aguelhock, Kidal où ils font partie des groupes militaires déployés, le mécontentement est à son comble.

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Ces hommes qui viennent de passer aux échelons supérieurs par arrêté N°3919 du 18 septembre 2013 signé des mains de l’actuel ministre de la défense, Soumeïlou Boubeye Maïga  a créé des frustrations dans les rangs du Groupe Technique Inter Arme déployé dans les zones de Tessalit, Aguelhock, Anefis et Kidal. Du coup, quelques-uns parmi eux que nous avons joints au téléphone sur la question, se sont laissé aller à la confidence.

 

Voyons donc. « La vraie identité de ces hommes qui viennent d’être gradés, est loin de celle d’un militaire. Ce sont des bergers. Ils font partie des hommes qui sont revenus de la Lybie avec armes et bagages. Quand ils sont arrivés, le régime en place à l’époque d’Amadou Toumani Touré, leur avait promis une intégration directe dans l’armée. Avant que la promesse ne se réalise, le coup d’Etat est survenu. Ceux qui étaient au courant de ce compromis pensaient que c’était fini. Surprise ! Nombreux sont-ils à bénéficier de la formation des militaires maliens par des spécialistes européens dans le cadre de la réforme de l’armée malienne. Le premier convoi du Groupe Technique Inter Arme a été baptisé GTIA Waraba. Dans le lot de ces 715 militaires maliens, ils étaient présents. Et c’est là-bas même qu’ils ont été immatriculés. Toute chose qui prouve que ces inconnus dans l’armée sont des bergers venus du nord du Mali. Mais nous n’avons rien dit», nous a confié au téléphone un élément du groupe, jeudi dernier aux environs de 20 heures.

 

 

Les autorités de la transition sont-elles des victimes d’une évidence selon laquelle l’Administration est une continuité ou ont-elles sciemment laissé passer le dossier?

 

Pour ces mêmes informations, ces hommes semblent être proches du Général El hadj Gamou. Et c’est par le canal de ce dernier qu’ils ont bénéficié d’un tel avantage.

 

On se rappelle de la sélection de certains des hommes de Gamou pour la formation du bataillon GTIA WARABA qui avait irrité les esprits. Mais le calme est revenu après des concertations au sein du groupe.

 

Après la formation, le bataillon a été déployé au nord du Mali. Précisément dans les zones : Kidal, Anefis, Aguelhock et Tessalit. Quelques mois plus tard, par arrêté N° 3919 du 18 septembre 2013 signé des mains de l’actuel ministre de la Défense, Soumeïlou Boubeye Maïga, une quarantaine de ces hommes a été, selon nos sources, promu à des grades supérieures : Lieutenant, colonel, capitaine etc.

 

Manque de suivi pour la transparence ou encore fait sciemment ?

Cette promotion a mis certains éléments du GTIA sur les nerfs qui dénoncent cette injustice.

 

«  Ces hommes ont toujours bénéficié de promotions spéciales. Ils sont venus de nulle part et ont bénéficié de la formation.  C’est au même moment qu’ils ont été immatriculés. Et aujourd’hui, ce sont eux qui bénéficient des échelons supérieurs en présence des militaires qui ont plus de 20 ans d’exercice dans l’armée », a martelé notre interlocuteur.

 

« Mais les raisons de cette indignation, poursuit-il, sont dues au fait que ces hommes n’arrivent pas à pratiquer les notions élémentaires de l’armée sur le terrain. Ce sont les doyens dans les rangs qui sont même en train de les initier à cela »,.

 

Notre interlocuteur pense que les nouvelles autorités ne sont pas au courant de la vraie réalité de cette affaire. Mais pour lui, IBK doit bien ouvrir les yeux et passer aux peignes fins tous les dossiers que lui et ses hommes ont trouvés sur la table, dont le gros n’est  pas propre.

Boubacar Yalkoué

SOURCE: Le Pays