Défense – Armée – 1er régiment de hussards parachutistes.

C’est sur le théâtre ardent de l’opération Barkhane, au Mali, que le colonel Renaud Rondet aura accompagné ses hussards, à la tête d’un groupement tactique interarmées de 650 parachutistes. Jusqu’au bout de l’engagement en somme, avant de définitivement quitter le quartier Larrey hier, au terme des cérémonies de la Saint-Michel. Entretien.

Colonel, racontez-nous ces quatre mois d’opération ?

Dans le cadre de l’opération Barkhane qui vise à neutraliser les terroristes dans le Sahel, mais aussi à appuyer les forces partenaires et à apporter une aide au développement de ces territoires, nous avons été confrontés à une mission réussie mais particulièrement exigeante, d’abord par les conditions climatiques avec jusqu’à 50° l’après-midi et parfois 43° dès le matin. Par les conditions du terrain ensuite, puisque dans le nord du Mali, il n’y a rien sinon du sable et des rochers. Et enfin, des ennemis déterminés, des groupes armés terroristes assez bien équipés et insaisissables qui se fondaient dans la population. Mais ce fut aussi une mission particulièrement exaltante pour les 450 hussards engagés où chacun, après des années consacrées à la mission Sentinelle, a fait son métier de cavalier et de parachutiste dans des opérations riches. Au total, sur 120 jours de déploiement, 310 opérations ont été menées dont 130 de nuit. Depuis le 1er janvier, 130 terroristes ont été neutralisés. Le groupement y a contribué.

Qu’en retirez-vous ?

C’est un grand motif de fierté. Dès qu’on sort en opération, la menace est réelle, permanente. Dès le 2 juin, nous avons été accueillis par des tirs de mortier. à Kidal, il y a eu des dizaines d’attaques de mine. Nous avons eu trois blessés à déplorer sur l’une d’elles. Heureusement, leur état de santé est rassurant. Les deux hussards ont déjà repris le travail. Mais si nous avons aussi peu de blessés, c’est grâce au savoir-faire et au professionnalisme de nos paras. C’est forcément quelque chose qu’on sait en tant que chef, mais je n’avais pas mesuré à quel point.

Comment avez-vous été accueillis par la population ?

Très bien. Nous leur apportons la sécurité, eux qui subissent la guerre depuis six ans. Ils nous perçoivent comme une force de paix. De plus, nous avons mené des actions civilo-militaires auprès des associations de femmes qui ont un rôle très important dans la communauté touareg.

Dans quel état rentrent vos hommes ?

Ils sont fiers de ce qu’ils ont accompli. Après, avec deux nuits sur quatre en opération, il y a une fatigue opérationnelle réelle. Ils sont heureux de pouvoir se reposer et retrouver leur famille.

Quel bilan personnel en tirez-vous ?

Ça a d’abord été une responsabilité. Pendant 120 jours, vous ne savez pas si vos gars rentreront quand le soleil se lèvera. Après, c’est une fierté pour les hommes et les femmes qui servent ce régiment. leurs qualités individuelles sont réelles mais elles ne sont rien sans l’esprit collectif et guerrier qui les anime. Sous le feu, leur talent s’exprime. C’est vraiment la richesse de ce régiment. Ça, ça facilite la responsabilité du chef. Je veux leur dire ma gratitude au moment de quitter le commandement du 1er RHP. Ce sont des hommes et des femmes remarquables, admirables. Les Tarbais peuvent être fiers de leurs paras. Ce sont des gens qui sont assez extraordinaires…


Quatre médaillés à l’honneur

Lors de la Saint-Michel, quatre militaires ont été mis à l’honneur, pour leurs actions et leur courage sur le théâtre. Le brigadier Mathieu s’est vu décerner la croix de la Valeur militaire avec étoile de bronze. L’adjudant Hamza a reçu la médaille d’or de la Défense nationale avec étoile d’argent, tandis que l’adjudant-chef Dabrice et le maréchal des logis Jérémy ont été décorés de la médaille des Blessés de guerre./

Source: ladepeche
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Défense - Armée - 1er régiment de hussards parachutistes. C'est sur le théâtre ardent de l'opération Barkhane, au Mali, que le colonel Renaud Rondet aura accompagné ses hussards, à la tête d'un groupement tactique interarmées de 650 parachutistes. Jusqu'au bout de l'engagement en somme, avant de définitivement quitter le quartier...