L’opinion publique ouest africaine est de plus en plus critique d’une part les chefs d’État quant à la gestion des affaires publiques et d’autre part les organisations sous régionales face à la gestion des crises, ce qui dénote d’une rupture entre ces chefs d’État et les populations qu’ils sont censées diriger.

Dans un contexte de crise sécuritaire au Sahel et qui menace de s’étendre dans les pays du golfe de Guinée où les chefs d’Etat ont du mal à répondre aux aspirations profondes des populations, le risque d’incursion des militaires sur la scène politique reste imminent et risque de mettre en péril les démocraties déjà fragiles. Les yeux sont tournés vers le Burkina-Faso, qui depuis un certain temps, fait face à une grogne sociale et des dysfonctionnements au sein des forces de défense et de sécurité.

Jamais l’Afrique de l’Ouest n’a été autant ébranlée que ces dernières années où l’institution sous régionale a eu du fil à retordre face à des situations auxquelles, elle n’a pas su se montrer à la hauteur. Face à la recrudescence des tensions sociales et politiques dans la sous-région, certains chefs d’Etat manquent de moyens pour apporter des solutions idoines aux problèmes urgents. En plus de ces pressions s’ajoute le défi sécuritaire auquel les pays du Sahel sont confrontés et dont la menace est en train de se propager dans les pays du golfe de Guinée.

Le Burkina Faso constitue un enjeu face à cette propagation du terrorisme à cause de sa situation géographique à cheval entre le Sahel et le golfe de Guinée. Déjà fragilisé par les attaques récurrentes des groupes armés terroristes qui occupent une bonne partie du territoire, les réponses adéquates tardent à se concrétiser malgré plusieurs remaniements ministériels mais également au sein des forces de défense et de sécurité. Ces mesures prises peinent à assurer la cohésion au sein des forces de défense et de sécurité et la sécurité des populations qui en sont les principales victimes.

Au regard de l’impopularité grandissante et l’adversité de l’opposition et des mouvements de la société civile auxquelles le président Kaboré fait face depuis sa réélection en novembre 2020, ne cessent d’accroître. Ce qui envenime davantage la situation dans un pays où l’on retrouve plus d’un million et demi de déplacés au sein même du territoire national et des zones qui échappent au contrôle de l’Etat. Face à l’exacerbation de la population dont une partie exige sa démission et les manifestations violemment réprimées, les militaires sont tentés comme à chaque fois, d’intervenir pour mettre fin au régime qui semble vivre ses dernières heures.

Au-delà de ce que pourrait représenter le chef d’État burkinabè auprès de l’opinion publique, le Burkina reste sous menace djihadiste et toute déstabilisation des institutions de la République pourrait être fatidique pour le pays déjà fragilisé, mais qui continue de subir un acharnement de la part des groupes terroristes. Le verrou burkinabè est en train de lâcher sous le regard impuissant des chefs d’Etat et de la Cédéao face à des contestations de plus en fortes.

 

Bah Traoré

(Détenteur de Master en études africaines post-coloniale et en journalisme et communication, à l’Ucad de Dakar)

 

Source: Mali Tribune

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L’opinion publique ouest africaine est de plus en plus critique d’une part les chefs d’État quant à la gestion des affaires publiques et d’autre part les organisations sous régionales face à la gestion des crises, ce qui dénote d’une rupture entre ces chefs d’État et les populations qu’ils sont...