La démocratie, si elle est perçue par de nombreux politologues comme la meilleure forme de gouvernance, elle a également ses contraintes. Vouloir fouler certains principes chers à cette démocratie serait de tomber dans l’anarchie. Malheureusement, c’est en cela qu’une partie de la population est en train de basculer, provoquant des lendemains incertains pour le Mali.

En effet, depuis le 5 Juin 2020, le Mali est secoué par une contestation populaire sans précédent. Les leaders de cette contestation sont entre autre l’imam Mamoud Dicko, un ancien soutien du régime qui a viré dernièrement dans l’opposition et vient d’être cité parmi les 100 personnalités les plus influentes de l’Afrique selon Jeune Afrique, certains membres de l’opposition malienne ayant pour la plupart travaillé dans le gouvernement d’IBK par le passé et enfin un groupe de suiveurs sans conviction réelle. Les contestataires n’ont depuis qu’un seul mot sur les lèvres : la démission du président de la république, qui ouvrira la porte à une transition politique et la dissolution de certaines institutions comme la cour constitutionnelle. Ont-ils la légitimité nécessaire ? A cette interrogation, ils répondent à l’affirmatif, sans aucune ambiguïté et au-delà, se réclament même du peuple. Pourtant, une grande partie de ce peuple ne se reconnait pas dans leur lutte qu’il juge pour sa part très partisane et axée essentiellement sur des intérêts personnels.  Alors, s’en sont suivies une guerre médiatique et la mobilisation afin de paralyser la ville et faire valoir leurs exigences.

Pourquoi cette frange de l’opposition tenait tant à faire partir le président en violation flagrante de la constitution et bien que   toute la communauté internationale soit opposée à cette idée ? Du moment où la CEDEAO a été un peu plus claire quant à sa position sur le possible départ du président avant la fin de son mandat qui, selon elle, est une ligne rouge à ne pas franchir.  Ces différentes manifestations étaient-elles opportunes dans une période où le Mali et ses alliés luttent inlassablement contre le terrorisme ? Voilà des questions qui brûlent plusieurs lèvres en ces temps d’incertitudes. Le pays aurait pu connaitre le pire n’eut été la forte mobilisation des forces de l’ordre, et leur professionnalisme. Qu’est ce qui peut bien justifier une marche d’une telle envergure pendant que le pays est en guerre et que la menace djihadiste est permanente ? Quel régime aussi inconscient cèderait-il à une telle demande sachant l’existence de toutes ces menaces ? Des faits pourtant simples qu’une certaine élite malienne peine à comprendre. Pourtant, personne ne gagnerait à ce que le Mali retourne dans les années 1991, comme le voudraient des agitateurs comme Clément Dembélé, Kaou Djim et certaines vieilles figures du soleil de la démocratie. Plusieurs d’entre eux sont d’ailleurs nostalgiques de cette époque oubliant que les choses ont changé et que le monde a beaucoup évolué depuis. C’est ce que la communauté internationale avec deux missions de la CEDEAO ont tenté de faire comprendre aux leaders du M5-RFP lors de leur séjour dans la capitale malienne. En réponse, les 5 cinq chefs d’État ont été butés à un non catégorique de la part des leaders des contestataires qui pensent désormais que le pouvoir est à portée de main. Ils ont rejeté en bloc les propositions soumises à leur appréciation. Cette mission devrait pourtant permettre la décrispation de la situation afin d’éviter le pire à cet État d’Afrique de l’ouest déjà fragilisé par de longues années de guerre contre le terrorisme.  La radicalisation des leaders du M5-RFP est loin d’être la solution au contraire, elle pourrait ternir le peu d’image crédible qui reste du mouvement. Déjà, des fissures sont bien visibles au sein du mouvement avec certaines parties comme la tendance de l’Iman Dicko qui a accepté de mettre un peu d’eau dans son vin afin de sauver la situation.  Mais cette volonté de dialogue se trouve butée à une volonté manifeste de certains politiques de renverser le pouvoir. Une chose est sûre, le M5-RFP suffisamment affaibli, gagnerait à saisir l’opportunité que lui offre la CEDEAO et sortir par la grande porte. Personne ne gagnerait à ce que l’anarchie s’installe dans le pays.

Amadingué SAGARA

Source: Journal le Pays-Mali

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La démocratie, si elle est perçue par de nombreux politologues comme la meilleure forme de gouvernance, elle a également ses contraintes. Vouloir fouler certains principes chers à cette démocratie serait de tomber dans l’anarchie. Malheureusement, c’est en cela qu’une partie de la population est en train de basculer, provoquant des...