(Agence Ecofin) – Le Mali est secoué par une insurrection populaire née au lendemain des législatives fortement contestées. L’ONU et l’UA viennent d’apporter leur soutien à la médiation entreprise par la CEDEAO en vue d’arriver à un règlement consensuel à la grave crise politique que vit le pays.

Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) et le président de la Commission de l’Union africaine (UA) ont apporté leur soutien à la mission d’apaisement diligentée par la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) afin de résoudre la crise politique actuelle au Mali.

Les deux institutions ont par ailleurs appelé les acteurs politiques du Mali « à transmettre des messages à leurs partisans pour qu’ils fassent preuve de la plus grande retenue et s’abstiennent de toute action susceptible d’alimenter les tensions », ainsi qu’à « éviter tout recours à la violence, quelle que soit sa forme ».

Soulignant « l’importance du dialogue » afin de parvenir à un règlement consensuel de la crise, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a encouragé « tous les acteurs maliens à travailler de manière inclusive et constructive pour préserver l’état de droit et respecter les droits fondamentaux ».

Un point de vue partagé par le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki, qui a exhorté « les parties à travailler ensemble en vue de trouver des solutions consensuelles de sortie de crise prenant en compte les aspirations du peuple malien et de ses forces vives ».

Depuis le début du mois de juin, le Mali est secoué par une succession de manifestations de rue réclamant la démission du président, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). Dirigée par le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), cette insurrection populaire réunit des partis d’opposition, des organisations de la société civile, des activistes autour de l’imam Mahmoud Dicko.

Déjà confronté au défi sécuritaire avec des groupes djihadistes, le Mali plonge désormais dans une crise politique née au lendemain des élections législatives fortement contestées. La semaine dernière, 4 des 9 membres de la Cour constitutionnelle considérée comme le détonateur de la crise ont présenté leur démission. La dissolution de l’Assemblée nationale fait également débat.

Face à une contestation qui s’intensifie et afin de parer à tout risque d’affrontement devant des partisans d’IBK qui s’organisent pour « soutenir les institutions », une délégation de la CEDEAO notamment composée du président de sa Commission et des ministres des Affaires étrangères de la Côte d’Ivoire, du Nigeria et du Niger s’est rendue le 19 juin à Bamako en vue de rencontrer les acteurs politiques du pays. Plusieurs propositions de sortie de crise ont été formulées par cette mission, dont entre autres l’organisation d’élections partielles dans les circonscriptions électorales où il y a eu des contestations et la formation d’un gouvernement d’union nationale.

Des propositions aussitôt rejetées par le M5-RFP qui a réitéré sa demande de démission du président IBK, estimant par ailleurs être au « regret de constater que la CEDEAO a occulté l’ensemble des maux qui lui ont pourtant été exposés », pour la « nécessaire refondation dont le Mali a besoin ».

Borgia Kobri

agenceecofin

MaliwebAfriqueCrise malienne
(Agence Ecofin) - Le Mali est secoué par une insurrection populaire née au lendemain des législatives fortement contestées. L’ONU et l’UA viennent d’apporter leur soutien à la médiation entreprise par la CEDEAO en vue d’arriver à un règlement consensuel à la grave crise politique que vit le pays. Le secrétaire...