La critique tous azimuts formulée quotidiennement à l’endroit des acteurs politiques de 91 comme étant la cause de la dérive actuelle de notre pays n’est ni juste ni justifiée. Certes, ils ont une part de responsabilité en tant qu’acteurs publics, mais c’est la crise de citoyenneté qui nous a conduits dans le chaos.

Par citoyenneté, il faut entendre l’ensemble des qualités morales, des devoirs civiques considérés comme nécessaires à la bonne marche de la cité, lieu où chaque personne doit accepter la règle commune. La citoyenneté s’apprend au sein de la famille, dans les lieux de culte, au sein de l’entreprise et des partis politiques, à travers les médias, etc. avant de s’exercer dans la vie de tout citoyen. Nous prendrons juste trois exemples pour mieux illustrer nos propos.

D’abord, la cellule familiale est le lieu par excellence où l’enfant, dès son plus jeune âge, apprend à assimiler les règles de vie en société. En effet, l’individu se trouve confronté dans la famille, à un ensemble de mécanismes d’apprentissage social par lesquels il acquiert des connaissances, des rôles, des devoirs et intériorise des valeurs, des normes, des représentations et des pratiques responsables à travers l’éducation familiale. La famille étant la cellule de base de l’apprentissage des vertus sociales, il revient ainsi aux parents d’assumer ce devoir de communication envers leurs enfants.

Par ailleurs, en tant qu’espace d’instruction, l’école permet l’élévation, le perfectionnement et le raffinement du niveau culturel de l’individu, qualités sans lesquelles, « l’homme est un être brut, inculte » pour reprendre le philosophe Emmanuel Kant.

Ensuite, les médias eux aussi doivent participer à l’éducation à la citoyenneté des jeunes à travers des écrits et des émissions. Ils constituent un tremplin à partir des acteurs qui les animent pour développer la réflexion et favoriser l’évolution des mentalités et des représentations. Les médias constituent des canaux privilégiés pour divulguer des informations qui contribuent à la prise de conscience et à un changement positif de comportement des citoyens.

Enfin, dans un État démocratique comme le Mali, les partis politiques et les organisations de la société civile constituent d’importants agents de socialisation. En effet, Il est assigné aux instances politiques une responsabilité en ce qui concerne la formation civique et politique des citoyens. Cette éducation civique et politique aide à approfondir les rouages de la vie nationale et permet aux jeunes d’exercer pleinement leur citoyenneté.

Pour conclure, nous pouvons retenir que le développement voire l’émergence du Mali est dépendante de l’implication des jeunes dans les divers secteurs de l’économie et de la croissance. Mais encore faudrait-il que ces jeunes reçoivent une bonne formation citoyenne indispensable à l’accomplissement d’acte patriotique et la prise de décision politique favorable au développement socio-économique du pays.

Toutefois, il y a lieu à s’inquiéter si on constate avec regret la crise de la citoyenneté prendre de plus en plus de l’ampleur au risque de compromettre le devenir des générations futures.

Sambou SISSOKO

Source: Le Démocrate 

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