En 2013, le taux de disponibilité de la plupart des matériels des trois armées est en chute libre. A l’exception des avions gouvernementaux dont la disponibilité s’élève à 90 %. A faire pâlir les militaires.
francois hollande avion

C’est vraiment la “dèche” dans les trois armées (air, marine et terre), notamment dans l’armée de terre… S’il y a bien un indicateur qui ne ment jamais, c’est celui de la disponibilité des matériels par rapport aux exigences des contrats opérationnels. Et la prévision actualisée du ministère de la Défense pour 2013 est très mauvaise. Très clairement, les avions volent moins, les bâtiments voguent moins et les blindés roulent moins.

L’armée de terre désarmée ?

Sur l’ensemble des matériels terrestres de l’armée de terre, le taux de disponibilité s’élève seulement à… 49 % en 2013 (contre 60,3 % en 2011 et 58 % en 2012). Ce taux était pourtant programmé dans la loi de finances initiale 2013 à hauteur de 69 %. Pour 2014, le ministère de la Défense ne prévoit d’ailleurs pas une amélioration (49 %). C’est bien sûr les vieux matériels qui sont les plus difficiles à soutenir : les chars AMX 10 RCR (35 %) et les très vieux VAB (40 %) ainsi que les pièces de 155 mm (45 %), à l’exception du canon tracté Caesar beaucoup plus récent. En revanche, le VBCI est relativement épargné avec un taux de disponibilité à 75 %. Enfin, la disponibilité du char Leclerc s’élève à 60 %, en baisse constante depuis 2011 (72,3 %).

Pourquoi un tel gâchis ? L’opération Serval a mobilisé d’importantes ressources au détriment des matériels restés en métropole, explique le ministère de la Défense. D’autant que les matériels revenus d’Afghanistan et du Mali conditionneront ( ?) la remontée de la disponibilité des matériels terrestres de l’armée de terre. En tout cas, pas avant 2015.

Les matériels aéronautiques de l’armée de terre (hélicoptères de manœuvre et d’attaque) sont en revanche un peu mieux soutenus (58 %). Le déficit est plus flagrant dans les hélicoptères de manœuvre (45 %) que pour ceux d’attaque (70 %). Les deux sont toutefois en baisse par rapport à 2011. Une amélioration est attendue dès 2014, puis en 2015. Notamment pour les hélicoptères d’attaque et de reconnaissance (75 %) avec la réduction du parc de Gazelle.

Les bâtiments de la marine restent à quai

Hors sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) et porte-avions, la marine dispose de ses bâtiments à 56 %. C’est mieux qu’en 2011 (50 %) et qu’en 2012 (52 %). Pour les frégates, cela tombe en dessous de 50 % (48 %) et pour le porte-avions Charles-de-Gaulle, la disponibilité prévue est de 30 % en 2013. Elle devrait remonter à 47 % en 2014 et 2015. Comme quoi, deux porte-avions ne seraient pas inutiles pour la projection des forces françaises. Enfin, la marine peut compter à 58 % de leur temps sur les SNA. Une disponibilité en nette baisse par rapport à 2012 (70 %). Pourquoi un taux si bas ? Selon le ministère, les difficultés rencontrées sur l’appareil propulsif des SNA et des frégates expliquent en partie la baisse en 2013.

S’agissant des matériels aéronautiques de la marine, la disponibilité de la flotte est relativement médiocre (50 %). Un taux stable par rapport aux deux années précédentes. Le Rafale marine est disponible à 49 %, les hélicoptères à 52 % et les patrouilleurs maritimes (Atlantique 2 notamment) à 39 %. La disponibilité de la flotte des ATL 2 devrait toutefois s’améliorer en 2014 et 2015, selon le ministère.

Les appareils de l’armée de l’air volent moins… à l’exception de ceux du gouvernement

C’est indéniable, les avions de l’armée de l’air restent de plus en plus… au sol (61,7 % contre 94,2 % en 2011 et 64,9 % en 2012). C’est le cas des avions de combat (Rafale et Mirage) dont le taux de disponibilité tombe à 59,9 % (contre 100,6 % en 2011 et 66,8 % en 2012). La situation est encore plus inquiétante pour les avions de transport tactique (52,9 %). Les interventions en Libye et au Mali expliquent en partie la baisse de disponibilité des différentes flottes. Celle-ci est accentuée par un bas niveau de stocks de rechanges. En 2014, les prévisions sont en hausse… en raison de la diminution du nombre d’avions nécessaires pour satisfaire les besoins opérationnels liés aux nouveaux contrats.

En revanche, les avions gouvernementaux (Airbus A330-200 et 7X fabriqués par Dassault Aviation), dont la gestion est confiée à l’armée de l’air, ont un taux de disponibilité “record” de 90 %, en baisse toutefois par rapport aux deux années précédentes : 93,5 % en 2011 et 102,8 % en 2012. Pour l’avenir, le taux de disponibilité devrait rester à 90 % en 2014 et 2015.

Source: LA TRIBUNE