Le Mouvement du 5 juin- Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) entame ce lundi 3 août, une nouvelle phase de désobéissance civile. Cette étape de la contestation intervient après l’échec dans l’application de la feuille de route de sortie de crise recommandée par le sommet extraordinaire de la Communauté économique des États de l’Ouest de l’Afrique (CEDEAO), tenu par visioconférence le 27 juillet dernier.

Les compteurs sont remis à zéro. Les leaders de la contestation renouent avec leur demande initiale de démission du Président Ibrahim Boubacar Keita.

Ils ont décliné l’offre d’adhérer au gouvernement d’union nationale, dont une composition restreinte a été mise en place le lundi 27 juillet dernier, conformément aux recommandations de l’Organisation ouest africaine.

On retrouve dans ce gouvernement restreint de 6 membres, 3 ministres sortants : Tiébilé Dramé (Affaires étrangères), Ibrahim Dahirou Dembélé (Défense) et Boubacar Alpha Bah (Administration territoriale). Kassoum Tapo (Justice), Bemba Keita (Sécurité intérieure) et Abdoulaye Daffé, un protégé du Chérif du Nioro (Finances) font leur entrée dans cette équipe dans laquelle le M5 avait été vivement souhaité, selon le Premier ministre Boubou Cissé.

Par ailleurs, les 31 « députés mal élus », ont rejeté en bloc la proposition de la CEDEAO demandant leur démission avant le 31 juillet 2020, pour permettre la tenue d’élections partielles dans les circonscriptions électorales, où il y’a eu des contestations.

De même, le remembrement préconisé de la Cour constitutionnelle se fait attendre. Toutefois, le Conseil supérieur de la magistrature a proposé ses 3 représentants.

Le délai d’exécution de la feuille de route de la CEDEAO a expiré depuis le 31 juillet. Exceptée la nomination d’un gouvernement régalien, aucune des propositions n’a été entérinée. La question reste désormais de savoir si l’organisation sous régionale mettra en vigueur son régime de sanctions contre les réfractaires à la résolution de la crise. Ou si le chronogramme de mise en œuvre de ses propositions de sortie de crise sera aménagé ?

De l’espoir au doute

Toutefois, l’espoir placé en la Tabaski, pour laquelle le M5-RFP a décidé d’observer une trêve, laisse place désormais au doute sceptique. Dans son message à la Nation, à l’occasion de la fête de Tabaski, le Président IBK n’a pas évoqué la crise sociopolitique qui agite le pays. Il a plutôt prêché la foi et le pardon. Quelques jours avant cette sortie, IBK avait accusé selon RFI, le M5-RFP de vouloir instaurer un Etat islamique au Mali, critiquant au passage, l’imam Mahmoud Dicko, l’autorité morale de la contestation. La présidence a aussitôt démenti ces allégations dans un communiqué officiel.

L’opposition revendique le départ du Président Keita et de son Premier ministre, qui entendent bien tenir tête, et mettre rapidement en place un gouvernement, avec ou sans le M5 pour « continuer le fonctionnement de l’État ». Des tractations sont en cours pour la formation du gouvernement d’union nationale avec les « forces vives de la Nation »

Près de trois mois après le déclenchement de cette nouvelle crise de gouvernance, le Mali demeure dans l’impasse, une situation qui préoccupe ses voisins de l’Afrique de l’Ouest et la communauté internationale qui déploient d’énormes efforts pour la stabilité de ce pays fragile, rongé par une décennie de guerre asymétrique contre des groupes terroristes, dont l’expansion s’étend aujourd’hui à tout le sahel.

Aly Bocoum

Source: Bamakonews

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Le Mouvement du 5 juin- Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) entame ce lundi 3 août, une nouvelle phase de désobéissance civile. Cette étape de la contestation intervient après l’échec dans l’application de la feuille de route de sortie de crise recommandée par le sommet extraordinaire de la Communauté économique...