Il s’agit d’un des coups les plus durs essuyés depuis des mois par l’armée malienne mais aussi par la force des pays du G5 Sahel.

 

Au moins 25 soldats maliens ont été tués lors d’intenses combats, lundi 30 septembre et mardi 1er octobre, pour le contrôle de deux camps militaires attaqués dans le centre du Mali par des djihadistes, qui ont eux-mêmes perdu 15 hommes, a annoncé le gouvernement malien.

Que s’est-il passé ?

Des djihadistes ont attaqué, dans la nuit de dimanche à lundi, deux camps militaires maliens situés à la frontière avec le Burkina Faso. Des forces spéciales maliennes ont été déployées lundi matin, appuyées par des vols et frappes aériennes de l’opération militaire française «Barkhane», selon une source diplomatique. L’un des camps, Mondoro, a été repris mardi matin, mais les combats ont continué toute la journée à Boulkessy, à une centaine de kilomètres.

Un premier bilan du gouvernement malien faisait état mardi soir d’au moins 25 morts parmi les soldats maliens et d’une «soixantaine de disparus». Quinze jihadistes ont été tués, selon Bamako.

Les djihadistes ont emporté «un important lot de matériels militaires et roulant», a indiqué à l’AFP une source sécuritaire à Bamako, soulignant que «les militaires maliens [présents dans le camp] se sont repliés» dès le début de l’attaque.

Des médias locaux ont fait état d’une vingtaine de véhicules capturés par les djihadistes, dont certains équipés de mitrailleuses. Selon un rapport de l’armée consulté par l’AFP, deux hélicoptères de l’armée et une dizaine de véhicules ont été incendiés par les djihadistes à Boulkessy. Le camp a été détruit.

Une opération militaire conjointe Mali-Burkina Faso appuyée par la force militaire française «Barkhane» se poursuivait mercredi, selon une source diplomatique.

Quelle est la portée de ces attaques ?

Les événements de Boulkessy sont les plus meurtriers pour l’armée malienne depuis mars, quand l’attaque d’un camp à Dioura (centre) par des djihadistes avait fait près de 30 morts. Encore le bilan risque-t-il d’être bien plus lourd. À Bamako, des rumeurs courent sur la «soixantaine de disparus». Sont-ils aux mains des djihadistes ? Ont-ils été tués ? Des doutes s’expriment aussi sur la réalité des chiffres gouvernementaux.

Le bataillon malien de Boulkessy relevait de la Force conjointe du G5 Sahel. Il s’agit pour cette dernière de l’attaque la plus meurtrière depuis sa création en 2017. L’idée de cette force, poussée par la France, était de faire monter en puissance les armées régionales pour épauler, voire à terme remplacer «Barkhane». Mais ses résultats sont très minces.

L’attaque de Boulkessy, visé par les djihadistes à plusieurs reprises dans le passé, en est un nouvel exemple, en même temps qu’elle illustre l’incapacité de Bamako à contrôler de larges pans du territoire.

Qui est derrière ces attaques ?

Le gouvernement accuse les «terroristes», autrement dit les djihadistes. Mais personne n’a encore revendiqué la double attaque, même si le G5 Sahel (Mali, Mauritanie, Niger, Burkina Faso, Tchad) a mis en cause le groupe djihadiste Ansaroul Islam. Le mode opératoire est celui des groupes djihadistes dans la zone : basés en brousse, ils procèdent par attaques ciblées mais constantes et posent des mines artisanales sur les grands axes.

La situation au Sahel est-elle hors de contrôle ?

La crise sahélienne, qui a pris ses racines dans le soulèvement de groupes armés indépendantistes dans le nord du Mali en 2012, a depuis muté : des groupes djihadistes sont nés dans la zone, les violences intercommunautaires se sont multipliées et les gouvernements locaux n’arrivent pas à faire face.

Le conflit s’est étendu au centre du Mali, où un djihad peul et des violences intercommunautaires incessantes sèment la désolation, et dans les pays voisins. Une large partie du Burkina Faso et l’ouest du Niger font face depuis plusieurs mois à des attaques incessantes et quotidiennes de groupes djihadistes contre les symboles de l’Etat central (bases militaires en priorité) et les civils qui refusent de se soumettre.

L’attaque de Boulkessy est le symbole de «l’intensification de l’activisme des groupes extrémistes violents [au Sahel], avec des cibles de plus en plus ambitieuses», note Baba Dakono, de l’Institut d’études de sécurité, un think tank basé à Dakar.

Boulkessy est situé dans une zone stratégique de trafic et d’influence djihadiste aux confins du Mali, du Niger et du Burkina. Les groupes armés «n’ont pas intérêt à y laisser un dispositif militaire se renforcer», dit-il.

Mi-septembre, l’Afrique de l’Ouest a décidé d’un plan de 1 milliard de dollars sur quatre ans pour éviter notamment que les djihadistes étendent leurs attaques aux pays situés plus au sud.

Source : Le Monde

85 militaires maliens tués et le chef du camp pris en otage, selon un communiqué de JNIM

Il était, en tout premier lieu, question de 5 morts ; puis, 25, pour en arriver à 38 puis 40 morts. Il s’agit du bilan de la double attaque du camp G5-Sahel de Boulkessy et celui de la Garde nationale de Mondoro.

Depuis quelques jours, maintenant, c’est un tout autre bilan qui nous est servi par ceux quoi auraient, semble-t-il, perpétré ces attaques. En  effet, le groupe terroriste JNIM (Jamma’at Nustra Al Islam Wal Musilimin) d’Iyad_Ag_Ghaly vient de revendiquer la double attaque contre le camp du G5 Sahel de Boulkessy et contre le camp de la Garde nationale à Mondoro.

Dans le communiqué publié pour la circonstance, il affirme avoir tué 85 soldats et capturé 02 autres, dont le commandant dudit camp de garde, le capitaine Allaye Touré, et probablement son adjoint, un lieutenant.

Toujours selon le même document, le groupe JNIM affirme avoir saisi 05 pick-up dont 2 pièces techniques montées sur PK-M, 01 véhicule équipé de 14,5 mm, 06 PK-M, 76 fusils d’assaut, 03 lanceurs de RPG-7, 02 mortiers SPG-9, et 02 de 60 mm ainsi que plusieurs caisses de munitions.

Source :  La rédaction Nouvelle Libération

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