Les nouvelles autorités de la transition viennent de franchir une autre ligne rouge tracée par la France en décidant de dialoguer avec les chefs terroristes (Iyad et Kouffa) conformément aux conclusions du Dialogue national inclusif. La nouveauté dans l’approche est : le lead sera porté par le Haut conseil islamique, comme affirmé par le ministre des Affaires religieuses, le Dr Mahamadou KONE. C’était le mardi 10 octobre lors d’une visite au siège du HCIM.

 

Le Mali va reprendre les discussions avec les chefs des groupes radicaux, Iyad Ag Ghali et Amadou Kouffa, en vue d’un retour à la stabilité dans le Nord et une partie du Centre du pays où ces deux groupes opèrent.
En plus que la démarche soit conforme aux conclusions du Dialogue national inclusif tenu en décembre 2019, elle marque une autre rupture avec la France. Puisque la France est opposée à tout dialogue avec ces chefs terroristes. Cette position a été plusieurs fois réaffirmée par le Président MACRON et son ministre des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian.
Pour mener ces discussions, la transition, à travers le ministère des Affaires religieuses, a mandaté le Haut conseil islamique dirigé par le Cherif Ousmane Madani HAIDARA de conduire les négociations. En clair, il va être question de rétablir la mission de bons offices qui avait été suspendue sous l’ancien Président Ibrahim Boubacar KEITA.
« De plus en plus, le Mali veut sortir de la domination française en mettant en exécution ses propres visions et approches pour le retour de la paix et de la stabilité », explique un observateur politique.
A la différence de la mission de bons offices précédente qui était conduite par l’Imam Mahmoud DICKO, l’ancrage institutionnel et administratif de celle en voie de constitution est au niveau du ministère des Affaires religieuses, du culte et des coutumes. Il ne sera pas porté par une personne.
« Si le Gouvernement m’a investi de l’ancrage institutionnel et administratif de la mission de bons offices, à mon tour, j’en confie le portage pratique sur le terrain au Haut conseil islamique du Mali parce que, à mes yeux, il n’y a pas de structure mieux indiquée et plus outillée pour ce faire », a soutenu le ministre KONE.
« Il s’agira pour vous d’identifier des personnes rompues à la tâche, c’est-à-dire aux techniques de négociation, de vrais connaisseurs du pays et imprégnées des enjeux, internes et externes, comme de la complexité de la question, mais aussi, de fins psychologues et assez pédagogues », a-t-il balisé.
Par ailleurs, le ministre a précisé que c’est le Président du HCIM qui aura la responsabilité pleine et entière pour conduire cette mission avec, toutefois, un canevas bien défini par les pouvoirs publics en termes de lignes rouges à ne pas dépasser dans le cadre des négociations à mener en direction des groupes armés radicaux dont les idéologies et les actions sont de nature à impacter les institutions elles-mêmes.
« Désormais, toutes les missions de bons offices vont être formalisées et placées dans un cadre institutionnel et administratif avec toutes les règles requises en la matière », a-t-il indiqué.
Cependant une source diplomatique se demande si ces discussions pourraient ramener Iyad et Kouffa compte tenu de leur allégeance à des grands groupes terroristes.
« Avec leur niveau d’engagement au sein de ces groupes, ils ne seront pas sincères avec l’État malien », prédit-t-elle.

Par SIKOU BAH

Source : Info-Matin

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