Le dialogue national  inclusif vient de valider ses termes de référence après 3 jours de débat entre plus de huit-cents participants venus de toutes les composantes de la société malienne, une répétition de la conférence nationale de 1992. L’initiative du dialogue politique inclusif vient de l’opposition malienne notamment du chef de file de l’opposition, lors de sa rencontre en avril avec le Président de la République. Il prend désormais le nom de ‘’Dialogue national inclusif’’.

Le refus de l’URD à ne pas prendre par à ces assises à travers le Front Pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD) est lié aux conditions d’organisations du dit dialogue qui semble avoir été vidé de sa substance en ces points suivants :

  • Revenir au concept de Dialogue National Inclusif ;
  • Évaluer l’utilité de tous participants et allier l’inclusivité à la représentativité dans ce cadre :
  • Éviter, à tous les niveaux, la surreprésentation de l’État qui devrait se limiter strictement à la facilitation logistique, sécuritaire et budgétaire ;
  • Assurer une stricte parité entre la majorité gouvernementale et l’opposition politique incluant le décompte des élus et la stricte application de la loi portant Statut de l’Opposition en République du Mali ;
  • Assurer une représentation tripartite et paritaire Société Civile – Majorité gouvernementale-Opposition politique à tous les nouveaux du Dialogue National Inclusif ;
  • Préciser à l’avance le processus décisionnel qui devrait être sanctionné par une majorité qualifiée des trois quarts (3/4), à défaut de consensus ;
  • Ouvrir le débat sur les raisons des retards et blocage de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issue du processus d’Alger, sur l’applicabilité de certaines de ses dispositions et, le cas échéant, envisager sa relecture ;
  • Ouvrir le débat sur l’opportunité et la pertinence de la révision constitutionnelle en ce moment, en raison, entre autres, de l’absence de l’État à Kidal, de la persistance voire l’aggravation de l’insécurité, de la nécessaire mise en place des règles et mécanismes permettant la transparence des consultations électorales ;
  • Affirmer clairement le caractère exécutoire et contraignant des Résolutions adoptées par le Dialogue National Inclusif ;
  • Mettre en place un Comité de Suivi paritaire indépendant.

La prise en compte de l’ensemble de ces points dans les Termes de référence définitifs sera un des gages déterminants de succès du dialogue envisagé et l’atteinte des objectifs fixés. À défaut, le dialogue perdra beaucoup de sa sincérité et de son efficience, et dans ce cas, le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD) se réserve le droit de ne pas y participer.

Effectivement une fois de plus, le FSD a eu raison de le nommer ainsi. Les participants ont vu cette nécessité et ils ont adopté cette dénomination. C’est pourquoi il faut rendre à César, ce qui est à César et à Dieu, ce qui est à Dieu.

Sous le magistère du Président IBK, ce désaccord n’est pas le premier en soi entre l’opposition et lui. Par rapport aux négociations d’Alger en 2014, il y a eu un premier désaccord entre les points de vue de l’opposition et ceux du Président IBK sur les dispositions préparatoires des dites négociations. L’opposition a souhaité des concertations nationalespour dégager une plateforme et une vision nationale avant de s’engager dans des pourparlers cruciaux d’Alger pour le présent et l’avenir du Mali et de la sous-région. Mais le Président IBK a préféré sous-traiter à la République d’Algérie et à son Président, la souveraineté du Mali. Les documents issus de ces négociations premières ont comporté beaucoup de faiblesses notamment :

  • La notion de zone de développements des régions du nord ;
  • La notion de régions intégrées ;
  • La représentation des communautés du nord au niveau national, la répartition des pouvoirs entre l’Etat et les régions et la gestion de la sécurité après la signature de l’accord.

Pour éviter au Président IBK d’entrainer le Mali sur une pente raide, l’URD, fidèle à son engagement à mettre le problème du nord au-dessus des querelles politiciennes, a souhaité que les consultations préparatoires des futures assises des pourparlers d’Alger associent le plus largement toutes les composantes de notre société. IBK malheureusement, n’est pas allé dans le sens des vœux de l’URD.

Conséquences de cet entêtement, les notions de ‘’zone de développement des régions du nord et de régions intégrées, le principe de représentation des communautés du nord au sein des instances nationales, le partage des pouvoirs entre l’Etat et les régions ont fait leur apparition pour la première fois dans notre gouvernance.

Du coup, ces termes ont mis fin à l’unité du pays et à l’égalité entre tous les citoyens d’un même pays et on assiste au début de la fin de l’État Nation au Mali par la faute du caractère orgueilleux d’IBK. Car l’accord signé le 20 juin 2015 et son engagement sécuritaire nous amène au fédéralisme de facto.

IBK doit savoir que la gestion d’un état exige que les bonnes idées soient analysées avec sérieux par un plus grand nombre de citoyens, au lieu de s’accrocher à l’idée de personnes qui sont les obligées ignorantes toutes les autres même si elles sont bonnes.

Encore une fois de plus, les évènements viennent de donner raison au chef de file de l’opposition par rapport à sa vision de la résolution de la crise malienne. Ce dialogue ou concertation proposée par l’opposition en 2014 après la débâcle des FAMA devrait se tenir avant que la délégation malienne ne quitte Bamako pour Alger. Malheureusement, ce sont des novices qui ne connaissent rien des questions du nord qui ont été envoyés au nom du peuple malien.

Le résultat obtenu à Alger et le bégaiement d’IBK sur l’intégrité territoriale et l’unité nationale a fini de donner raison à la responsable opposition malienne. Et il en sera toujours comme cela, si IBK ne reconsidère pas les idées, toutes bonnes d’ailleurs de l’opposition malienne. Dans le cas contraire, le Mali ira de mal en pis.

Seydou DIARRA

 

Source: Le Carréfour

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