Le poste militaire de Sokoura, dans le cercle de Bankass, région de Mopti, a été la cible d’une attaque « terroriste» dans la nuit du 12 au 13 octobre 2020. Lors des échanges de tirs, 9 soldats maliens sont morts et plusieurs autres blessés, selon l’armée malienne. Le cauchemar était cependant loin d’être terminé pour les FAMa, car le renfort dépêché sur les lieux est lui aussi tombé, mardi, dans une embuscade, qui a fait 3 morts, 10 blessés et des disparus.

Ce n’est pas tout, lors de l’embuscade, 12 civils dont deux femmes et un enfant ont été eux aussi fauchés. Ils étaient à bord d’un bus en partance pour la foire hebdomadaire de Bankass. « Côté ennemi 09 terroristes ont été abattus. L’aviation militaire malienne est arrivée sur la zone du pont et a détruit deux véhicules des terroristes. Tous ces bilans sont provisoires. Les évaluations sont en cours », indique un communiqué des FAMa. Avec ces chiffres, on est finalement trop loin du compte avec les colonels du CNSP qui, à la veille du coup d’Etat du 18 août, s’étaient particulièrement montrés offensifs tant sur le théâtre des opérations que sur les réseaux sociaux, au point qu’on en était venu à conclure que le régime IBK, avec la complicité de la France, empêchait peut-être les soldats maliens de se battre convenablement. On avait en effet naïvement cru que la chute du président IBK avait bouleversé l’agenda de la français en soustrayant les FAMa des griffes de l’accord de défense établi avec la France, les donnant ainsi la possibilité de faire usage des armes et équipements militaires à leur disposition dans leurs actions de sécurisation et de défense du territoire national, tant l’impression d’une débandade générale dans les rangs des groupes terroristes qui écument notre sol avait été diffuse.

Que s’est-il passé alors pour qu’on assiste depuis un certain temps à des attaques répétées contre les FAMa, avec leurs lots de morts et de blessés ?
Les colonels du CNSP étaient si occupés à s’agripper au pouvoir via Kati-Bamako qu’ils ont finalement perdu les notions de guerre ? Une chose est claire, les statistiques avancées par l’ONU ne sont pas si flatteuses pour nos braves colonels du CNSP qui semblent se plaire beaucoup dans des salons feutrés et climatisés, loin des hostilités du terrain ! En effet, selon le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU, il y a eu 343 attaques, 375 civils tués, 450 blessés et 93 enlevés durant les trois derniers mois au Mali. «Les civils, toutes communautés confondues, ont continué d’être la cible d’attaques, en particulier dans le centre du Mali. Au 31 août, 343 cas avaient été signalés : 375 civils avaient été tués, 450 blessés et 93 enlevés dans l’ensemble du Mali», avait précisé Antonio Guterres dans ledit rapport. Il avait en outre souligné que les milices d’autodéfense et les groupes extrémistes ont continué d’exploiter les conflits intercommunautaires, ce qui a entraîné une violence continue contre les civils et des problèmes de sécurité, touchant principalement les cercles de Bankass, Bandiagara, Douentza et Koro.

« La situation en matière de sécurité est restée très préoccupante, les attaques de groupes extrémistes contre les civils et les forces de sécurité nationales et internationales dans le nord et le centre du Mali se poursuivant sans relâche», note le rapport
Assimi Goita et ses compagnons pourront-ils face à la dégradation de la situation sécuritaire de notre pays ? Le doute s’installe désormais dans le cœur des maliens. Alors très chers colonels, la balle est dans votre camp !

MAIMOUNA DOUMBIA

Le Soir de Bamako

MaliwebCrise malienne
Le poste militaire de Sokoura, dans le cercle de Bankass, région de Mopti, a été la cible d’une attaque « terroriste» dans la nuit du 12 au 13 octobre 2020. Lors des échanges de tirs, 9 soldats maliens sont morts et plusieurs autres blessés, selon l’armée malienne. Le cauchemar...