L’organisation applique différentes méthodes pour répondre aux transitions au Mali, au Burkina Faso et en Guinée.

La sphère politique au Mali avait exprimé à plusieurs reprises son mécontentement vis-à-vis des sanctions de la Cédéao. De nombreux experts ont rapidement expliqué que l’embargo risquait d’attiser les tensions entre la junte et l’organisation sous-régionale, plutôt que de régler les problèmes.

Des tensions à la réconciliation

Pendant des mois, le pouvoir malien a accusé la France d’être derrière les sanctions qui ont commencé à paralyser son économie.

Mais c’est une nouvelle ère qui s’ouvre sous la présidence du Bissau-Guinéen Umalo Sissoko Embalo, qui a remplacé le Ghanéen Nana Akouffo Addo à la présidence tournante de la Cédéao.

Une ère plus conciliante, de l’avis du journaliste et analyste nigérien Seidik Abba :

“Je pense qu’il y a de la part de la Cédéao la volonté de ne pas apparaître comme une instance qui cherche simplement à punir le Mali. Dans les opinions publiques africaines, la décision de la Cédéao de sanctionner le Mali n’a pas forcément été bien accueillie. Je pense que la Cédéao a tenu compte du geste du Mali de passer de cinq ans initialement à deux ans désormais [pour sa transition.”

Ce sont des contextes différents qui ont conduit aux coups d’État au Mali, en Guinée et au Burkina Faso. D’où les différentes solutions envisagées. Le Burkina Faso est miné par le djihadisme comme le Mali. D’ailleurs, les violences ont déjà provoqué le déplacement de près de deux millions de personnes. Mais le pays n’est pas vu de la même manière par la Cédéao.

Les autorités de la transition à Ouagadougou sont, aux yeux des analystes politiques, le bon élève de l’institution sous-régionale.


Le Colonel Assimi Goita, président de la transition au Mali

Louis Keumayou, journaliste camerounais, croit que “c’est l’une des transitions militaires les moins contestées de la Cédéao. Elle est contestée parce que c’est un coup d’État, mais elle ne l’est pas dans la manière dont la gestion des affaires se déroule. Il n’y a pas beaucoup de contestations en interne. On a l’impression que c’est une transition au fil de l’eau.”

Le cas de la Guinée

Les autorités de transition du Mali et du Burkina Faso devraient toutes les deux rendre le pouvoir aux civils d’ici deux ans.

Mais la Guinée, elle, s’est vue dotée d’un médiateur, Boni Yayi, l’ancien président béninois. Il y a quelques jours, la junte au pouvoir à Conakry avait convoqué une réunion de concertation avec les partis de l’opposition sur la durée de la transition qu’elle avait fixée en mai dernier à 39 mois.

Dany Ayida, résident directeur du National Democratic Institute (NDI) au Congo Kinshasa, explique le choix de Boni Yayi comme médiateur en Guinée :

“Il n’y a pas encore de discussion entre la Cédéao et la junte guinéenne et c’est ce qui démontre certainement ce durcissement. Un mois a été accordé au régime de Doumbouya pour renouer; l’ancien président béninois, Yayi Boni a été désigné comme médiateur. Alors, je pense que dans les prochains jours, des discussions franches pourront se dérouler non seulement entre la Cédéao et le gouvernement de Guinée, mais également entre les parties prenantes de la scène socio-politique de la Guinée” 

Pour le moment, le Mali, le Burkina Faso et la Guinée restent suspendus des instances de la Cédéao.

DW

 

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L’organisation applique différentes méthodes pour répondre aux transitions au Mali, au Burkina Faso et en Guinée. La sphère politique au Mali avait exprimé à plusieurs reprises son mécontentement vis-à-vis des sanctions de la Cédéao. De nombreux experts ont rapidement expliqué que l'embargo risquait d'attiser les tensions entre la junte et l'organisation sous-régionale, plutôt que...