Le dialogue avec les chefs djihadistes demeure l’actualité la plus dominante au Mali, depuis quelques semaines. De l’annonce de cette décision par le président de la République jusqu’à nos jours, l’opinion malienne est divisée sur la question. Dans la forme, nombreux sont des Maliens qui se montrent favorables à la volonté de l’État malien de dialoguer avec les chefs djihadistes. La décision est bonne car elle est l’une des recommandations de la Conférence d’entente nationale et du Dialogue national inclusif. Mais ce qui va poser problème dans ce dialogue, c’est le fond, c’est-à-dire les termes sur lesquels le dialogue va se tenir. Il est d’abord important de savoir ce que veulent les djihadistes. Est-ce que leur volonté est compatible avec les lois de la République du Mali ? Non, car l’une de leurs revendications est la mise en place d’une gouvernance basée sur l’application de la Charia.

En effet, lors de la conférence de presse du Mouvement démocratique et populaire (MDP), Me Hassane Barry a rapporté les propos de Amadou Koufa au cours de leur rencontre : « Mais je n’ai jamais refusé le dialogue, mieux on m’a diabolisé pour rien. Je suis pour le dialogue, je veux dialoguer avec vous quand et où vous voulez mais j’ai deux principes et je ne suis pas prêt à me départir de ces deux principes. Il s’agit du problème de l’application de la Charia et le problème de la présence des troupes étrangères dans notre pays». L’application de la charia , voilà le plus grand problème. L’État du Mali va-t-il négocier sa laïcité au profit de ces chefs djihadistes ? Les Maliens vont-ils adhérer  à l’application de la charia et l’installation du Califat dans ce pays de diversité religieuse ? La réponse à ces questions peut être difficilement l’affirmative. Un autre aspect important, ce sont les autres groupes terroristes qui n’évoluent pas avec Iyad et Koufa. Faut-il aussi dialoguer avec eux ? Vont-ils accepter le dialogue ? Sans que tous ces points ne soient clarifiés, le dialogue peut difficilement être une réussite.
Le gouvernement peut, de bonne foi, entamer ce dialogue mais sa réussite reste incertaine tant que les Iyad et Koufa resteront sur leur position : l’application de la charia qui est une menace pour la laïcité de ce pays. Comme on le dit très souvent « qui ne tente rien, n’a rien », la volonté de l’État malien est donc à encourager même s’il faut l’inviter à éviter tout piège.

Boureima Guindo

Source: Journal le Pays- Mali

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