Le vendredi dernier, 1er novembre, un détachement des Forces armées maliennes (Famas) stationné à Indelimane, région de Ménaka aux confins des frontières avec le Niger, a subi une attaque terroriste meurtrière, sans doute la plus meurtrière. Elle s’est soldée par une cinquantaine de soldats tués et des pertes de moyens logistiques. Quelques jours plutôt, les camps de Diouara, Boulikessi et Mondoro, au centre du Mali, avaient subi le même sort. Ce qui porte hélas le bilan de cette année à près de cent (100) soldats tués. Que de pertes en vies  humaines, que de veuves, que d’orphelins !

Ces récents revers subis par les Forces armées maliennes  inquiètent  plus que jamais les populations qui commencent à manquer de confiance. Des populations qui s’interrogent  désormais sur les capacités des Famas  à faire face aux attaques  des mouvements terroristes et bandits de tout bord.  Pourquoi les  mouvements terroristes parviennent-ils  à tendre de nombreuses  embuscades  meurtrières contre nos soldats jusqu’à  oser s’attaquer à des casernes militaires en les anéantissant totalement, sans que ceux-ci  s’en aperçoivent ?  Pourquoi l’armée malienne ne possède-t-elle  pas de renseignement fiable pour anticiper sur l’ennemi ? Pourquoi, elle ne passerait pas  à l’offensive contre les mouvements terroristes ? Telles sont, entre autres, autant  d’interrogations  que  se posent de nombreux maliens. Qui attendent impatiemment des réponses.

« Face aux attaques meurtrières récurrentes contre nos emprises, j’ai présidé la Session extraordinaire du Conseil Supérieur de la Défense Nationale et une réunion ad hoc avec la hiérarchie militaire, respectivement le 09 et 30 octobre 2019. J’ai instruit des mesures fortes ; notamment l’élaboration d’un nouveau concept opérationnel qui donne une part importante à l’offensive, au niveau de relèvement du commandement opérationnel sur le terrain et à l’amélioration des conditions d’engagement de nos hommes. Je ne cesserai jamais de le rappeler, c’est dans ces moments qu’il est impératif de rendre effective l’union sacrée autour de notre vaillante armée, derrière ces hommes qui ont choisi de nous défendre et de défendre le Mali tout entier, au prix de leur vie », tente de répondre le Chef de l’Etat IBK aux populations, dans son message radio-télévisé. Est-ce à comprendre que le Gouvernement malien  mesure désormais l’ampleur de l’angoisse des populations, en ne se contentant plus de faire, après chaque  attaque, que des communiqués laconiques.

La solution proposée par l’ancien Premier ministre Moussa Mara  au Président de la République de  réunir chaque semaine le Conseil de défense et de sécurité afin de : « prendre en main personnellement, la défense et la sécurité de notre pays ; évaluer sérieusement le leadership et le management de nos FAMA en y apportant les changements appropriés qui consacrent de manière indiscutable la compétence, le professionnalisme, la loyauté et la légitimité des commandants auprès des troupes ; imprimer à l’action des forces de défense un caractère d’anticipation des menaces et leur fournir des capacités d’observation qui y contribuent ;traduire les conclusions de chaque incident permettant de renforcer les capacités de défense de nos troupes tout en tirant rapidement et de manière énergique toutes les conclusions des attaques subies, y compris les sanctions contre les responsables »,  ne semble-t-elle pas  bien appropriée pour ce changement de stratégie annoncé par le Chef de l’Etat ? Les experts des Famas sauront certainement en tirer toutes les leçons !

De toute façon l’évidence exige que le président IBK,  Commandant en Chef des Forces armées maliennes, prenne, illico presto,  toutes ses responsabilités. Il devrait aussi  instruire  un audit interne de l’armée. Cela est d’autant une nécessité, vu  l’ampleur des pertes subies.  Notamment, en fonction du fait que  la guerre que nous impose le terrorisme international, n’est  plus une  guerre asymétrique mais désormais une guerre conventionnelle. Cet audit  permettra certainement de faire un inventaire exhaustif de l’effectif, des moyens logistiques  et  des ressources financières de notre armée. Mais aussi, de savoir  si notre armée dispose ou pas de renseignements fiables.

Gaoussou Madani TRAORE

Source : Le Pélican

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Le vendredi dernier, 1er novembre, un détachement des Forces armées maliennes (Famas) stationné à Indelimane, région de Ménaka aux confins des frontières avec le Niger, a subi une attaque terroriste meurtrière, sans doute la plus meurtrière. Elle s’est soldée par une cinquantaine de soldats tués et des pertes de moyens...