Au Burkina Faso, le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration a annoncé, lundi, la prise du pouvoir. Ce qui a tourné définitivement la page du régime du président Roch Marc Christian Kaboré. Depuis, les communiqués et déclarations de condamnation des organisations régionales et sous régionales pleuvent de partout. Mais ce qui est surprenant, une organisation dirigée par un putschiste (le général Mahamat Idriss Deby Itno) notamment le G5 Sahel n’a aussi pas hésité à condamner avec « fermeté une tentative de d’interruption de l’ordre constitutionnel ».

En Afrique, « chaque jour qu’on et se réveille, il y a des nouveaux dossiers » ! C’est la règle du jeu. A la suite du coup d’État militaire au Burkina Faso qui a mis fin au régime du président Roch Marc Kaboré, les communiqués et déclarations de condamnation émanant des organisations régionales et sous régionales ne cessent de pleuvoir.

En effet, dès les premières heures de l’évolution de la situation politique au Burkina Faso, la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest – CEDEAO a condamné «d’une extrême gravité une tentative de coup d’État au Burkina ». Chose qui ne surprend guère les peuples africains en général et le peuple burkinabè en particulier, connaissant déjà la position de l’organisme sous régional dont les chefs sont considérés comme des « marionnettes » des puissances étrangères, particulièrement la France. Ensuite s’en suivent ceux de l’Union Africaine et d’autres organisations internationales.

Mais la surprise fut grande ! Le lendemain du renversement du régime du président Roch Marc Christian Kaboré, l’Afrique se réveille avec un communiqué de condamnation contrefaçon d’une organisation dirigée par un putschiste, notamment le G5 Sahel. Dans son communiqué, le G5 Sahel s’est dit très préoccupé par « les déroulements des évènements politiques et militaires au Burkina Faso » qui selon l’organisme, « sont de nature en péril les acquis démocratiques dans ce pays membre l’organisation ». Le président autoproclamé du Tchad, Déby Fils d’indiquer dans son communiqué que « le G5 Sahel, attaché aux idéaux de paix, de sécurité et de démocratie condamne énergiquement cette tentative d’interruption de l’ordre constitutionnel ».

Ce communiqué du président en exercice du G5 Sahel est considéré par certains observateurs comme une « manipulation » des puissances étrangères. Car lui-même est accédé à la magistrature suprême le Tchad, à la suite d’un putsch. Ce qui pousse beaucoup d’observateurs à s’interroger sur la crédibilité de ce communiqué signé par un élève de l’école de putsch.

Le G5 Sahel au service de la France

Accédé au pouvoir à travers un putsch, le président Tchadien semble être un des marionnettes su régime français. Cela, il le montre à travers son comportement. Surtout que malgré le putsch dans le pays, le président français, Emmanuel Macron, continue toujours d’adouber un putschiste au Tchad alors qu’il dénonce avec la dernière énergie un « coup d’État inacceptable » au Mali. Le scénario est pourtant étrangement similaire : un militaire à peine quarantenaire s’octroie les pleins pouvoirs au nom de la stabilité du pays et de l’intérêt supérieur de la Nation. A N’Djamena, il s’appelle Mahamat Idriss Déby. Le fils du défunt président Idriss Déby n’a attendu la permission de personne pour se déclarer président au lendemain du décès de son père le 20 avril, en violation de la Constitution. L’Élysée n’y a rien trouvé à dire. Cette réaction étrange du pouvoir français montre à quel point, et le Tchad et le G5 Sahel créé pour lutter contre le terrorisme au Sahel sont manipulés par les puissances étrangères, notamment la France. Ce coup d’État au Burkina Faso semble menacer de nouveau la présence française au Sahel. Car, en pleine réorganisation militaire au Sahel, sur fond de tensions exacerbées avec la junte du Mali, la France fait face à une inconnue supplémentaire suite à la prise de pouvoir par les militaires au Burkina Faso, pays qui héberge des forces spéciales françaises.

Ibrahim Djitteye

Source: Le Pays