L’annonce de la mort du prédicateur radical Hamadoun Kouffa, le week-end dernier, a été accueillie avec joie et allégresse au Mali, en Afrique et à travers le monde. Pour cause, son groupe jihadiste, la katiba de Macina, semait la terreur dans le centre du pays depuis près de 4 ans. Il s’est implanté durablement à la faveur de conflits locaux et intercommunautaires, entre agriculteurs dogons et éleveurs peuls. L’infiltration dans les rangs du groupe jihadiste par le service de renseignement du Mali a été déterminante dans la mort de cet ennemi du Mali et de la paix. Dans le centre du Mali, ceux qui militent pour un retour de la paix voient dans la mort de Hamadoun Kouffa une opportunité pour enfin rétablir le dialogue et l’ordre dans la région.
La nouvelle est tombée d’abord avec probabilité à travers les médias étrangers, en occurrence la Radio France Internationale (RFI). C’était le jeudi dernier. Avant d’être confirmé deux jours plus tard, c’est-à-dire le samedi par la même source. En effet, le chef du groupe jihadiste, la katiba de Macina, Hamadoun Kouffa vient d’être tué suite à une action coordonnée et concertée entre les Forces Armées Maliennes (FAMAS) et l’opération Barkhane de la France.


Ensuite, c’est le Ministère malien de la Défense et des Anciens combattants qui l’a affirmé samedi 24 novembre. Hamadoun Kouffa aurait été, dans un premier temps, grièvement blessé avant de mourir.
L’état-major de l’armée malienne est catégorique. Il affirme que Hamadoun Kouffa a été tué lors de la destruction de sa base militaire, située dans le Macina, dans le centre du Mali. Aussi, quelques dizaines d’autres jihadistes, ses plus proches lieutenants, ont trouvé la mort.
L’infiltration dans les rangs du groupe jihadiste par le service de renseignement du Mali a été déterminante dans la mort de cet ennemi du Mali et de la paix. Ces va-et-vient auraient été surveillés mais surtout, l’endroit considéré comme sa base identifié. Les informations ont été partagées ensuite avec les partenaires des FAMAS sur le terrain, la force Barkhane, mais également les forces de sécurité d’autres pays amis.
De l’avis de beaucoup d’observateurs, la mort de Hamadoun Kouffa aura forcément des retombées positives sur la paix au Mali et surtout au centre. Car, en effet, le seul problème qu’il y avait entre les Peuls et les Dogons, c’était le terrorisme.
Depuis plus de deux ans, les violences au centre du Mali ont tué près de 1.200 personnes, selon un rapport de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH). Tout commence par des conflits intercommunautaires pour des ressources naturelles. Rien de plus banal, mais quand les jihadistes s’en mêlent et s’autoproclament défenseurs des intérêts peuls, la situation prend une tout autre tournure.
La mort de Hamadoun Kouffa change la donne. Car, il avait fédéré des conflits de la région en leur donnant le label du jihad, alors qu’en réalité, il s’agissait de contentieux très locaux, distincts les uns des autres, et qui pouvaient trouver une solution dans les instances coutumières.
Youssouf Sangaré

Le Malien

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