Quel Mali le régime IBK léguera aux générations futures ? Pourtant, il a hérité d’un Mali uni avec l’administration de Kayes à Kidal, avec des Maliens soudés contre l’ennemi commun qui n’est autre que le terrorisme. Aujourd’hui, force est de constater que tous les acquis démocratiques s’effritent de jour en jour, d’heure en heure.

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La faute à une gouvernance taillée sur mesure par un parti dirigé par les revanchards. Si toute fois il savait qu’il n’y a aucun mal à changer d’avis, pourvu que ce soit dans le bon sens, ils auraient pu épargner notre pays d’un front qui se dessine au sud à cause de la révision constitutionnelle. IBK doit savoir que le véritable homme d’Etat est celui qui s’institue arbitre impartial entre ses ambitions et l’intérêt général. Ouvrir une porte qu’on est incapable de fermer est creusé sa propre tombe.

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La balle des résidus de l’Adema

Malheureusement, l’histoire a donné raison à ceux qui laissaient entendre que le RPM ne regorge pas de cadres compétents capables de gérer le Mali. Car il faudrait rien attendre des résidus de l’Adema. La lenteur dans le choix d’un premier Ministre Tisserand par le chef de l’Etat et la pagaye semée par les ministres et les cadres RPM en charge de la gestion de certaines structures réconfortent cette tendance.

Jamais le Mali n’a été autant au bord de l’implosion dans le sens propre comme au figuré. La partition du Mali semble acter par un régime qui ne respire plus que par la France. Le centre et le nord sont sur la tutelle des narcotrafiquants. La France et la CMA se partagent Kidal. La souveraineté du Mali ne s’exerce que sur 1/3 du territoire. Les morts civils et militaires ne se comptent plus du bout des doigts. Malgré tout, IBK et Manassa nous sortent la carte de l’insécurité résiduelle pour légitimer un projet de révision constitutionnelle contestable dans la forme et dans le fond.

A force de jouer la carte de l’arrogance et du mépris aussi résiduels qu’ils soient, le régime conduit le pays dangereusement vers les ténèbres. Aveugle et sourd, IBK a décidé de confier sa béquille aux diables assoiffés de pouvoir et d’espèce sonnante et trébuchante. N’ayant point de compassion encore moins de pitié pour le Mali et les Maliens, ils s’empiffrent aisément dans le mensonge. La corruption, l’arrogance, le mépris, l’incompétence sont devenus banals. Les larmes de crocodile et awsubilahi minachitan rajim ne trompent plus un peuple qui s’est trompé lourdement en 2013.

A cœur de se racheter avant la fin du mandat, il tient à travers le referendum une opportunité de désavouer le chef de l’Etat, sa famille, son gouvernement, son parti et sa majorité. Regroupant les cadres qui n’avaient pas eu de place au soleil de l’Adema sous Alpha Oumar Konaré, le RPM est un parti qui ignore l’essence de la politique. Pour la plus part des cadres tisserand, l’heure est au pillage et à la vengeance. Cette situation devenue congénitale conduit le pays vers le désastre si le peuple assiste avec passivité.

Le danger de la division des Maliens

Malgré tous les enseignements que la fin tragique du mandat du président ATT aurait pu inspirer chez le RPM, l’inquiétude est de mise pour les observateurs avertis. La sourde oreille et les propos désobligeants qu’entonnent le plus souvent le président IBK et les responsables de son parti ne sont pas de nature à rassurer les Maliens. Selon l’immense majorité, ils cachent une carence qui saute aux yeux.

La révision constitutionnelle est l’occasion rêvée pour les détracteurs du régime de donner de la voix pour barrer la route à un projet qui contient plus que des erreurs. Faire le black-out sur la mobilisation monstre des partisans du non comme l’a fait l’ORTM constitue une poudrière qui, tôt ou tard n’épargnera personne. Nul n’est dupe. La  majorité présidentielle n’a pas la capacité de mobiliser autant sans saignement des caisses de l’Etat. Même si elle franchie l’étape du nombre, la différence se fera toujours à travers la sincérité et l’engagement des manifestants. Du côté du non, c’est la conviction, la détermination et l’engagement.

Du côté du Oui, c’est l’appât du gain. En attendant que le chef résiduel s’en rende compte, le fossé entre les Maliens risque d’être grand. Une seule étincelle suffit pour atteindre le point de non retour. Comme quoi Monsieur le président le bonheur et l’honneur des Maliens ne seront une réalité que lorsque vos actes seront en accord avec vos paroles. Entre la France et le Mali, le choix n’est pas compliqué. Au lieu de créer une polémique inutile à travers la nationalité du futur président dans la constitution, prouvé que vous devez rendre compte au peuple malien et à la France.

Lamine Diallo

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Quel Mali le régime IBK léguera aux générations futures ? Pourtant, il a hérité d’un Mali uni avec l’administration de Kayes à Kidal, avec des Maliens soudés contre l’ennemi commun qui n’est autre que le terrorisme. Aujourd’hui, force est de constater que tous les acquis démocratiques s’effritent de jour...