Au Mali, ça grogne de partout. En plus de la situation inquiétante d’insécurité avec son corollaire d’assassinats, les incessantes grèves des syndicats et l’enclenchement, sans concertation, du processus de révision constitutionnelle, font douter les Maliens de la capacité des gouvernants actuels du Mali à faire sortir le pays d’une crise multiforme.

Où va le Mali ? Dos au mur. Vers la perte de sa souveraineté,  de son unité, de  sa cohésion  sociale, de la perte des ses valeurs, qui étaient  tant envier par d’autres pays. La détérioration, l’aggravation du climat d’insécurité  au  centre  du pays, au Nord,  à  Bamako laisse, en effet, perplexe les Maliens. Le pouvoir en place est –il conscient de la gravité de la situation ? « Cette  guerre ne  nous  laisse pas  le  choix : ou nous la gagnons ou nous cessons d’exister», a indiqué le président IBK à  l’endroit des  FAMA (forces armées maliennes) lors de la fête de l’armée. Maintenant la question est de savoir comment il compte s’y prendre pour  gagner « cette guerre » en «refusant de s’assumer », comme l’a déclaré le président de Tabital Pulaku, Abdoul Aziz Diallo, sur la situation de la crise au centre du pays.

La « sourde oreille » du pouvoir

IBK et son équipe, malgré le tour du Premier ministre chez les acteurs politiques pour décrisper la situation actuelle, ne semblent pas avoir tiré les leçons du passé. Le pouvoir est toujours dans sa logique de faire semblant d’écouter les Maliens. L’illustration est la mise en place, de façon unilatérale, du comité d’experts pour la révision constitutionnelle. Et pourtant lors du conseil des ministres du 20 décembre 2018, le Président de la République a instruit le Premier ministre, d’engager le processus de révision constitutionnelle et les réformes institutionnelles nécessaires dans le cadre d’une démarche consensuelle et inclusive. Le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) a condamné cette nomination « unilatérale » des membres du comité d’expert. « Sans dialogue politique sérieux, il n’y a pas de réformes consensuelles », précise le FSD.

Le parti de l’ex Premier ministre Modibo Sidibé Fare An Ka Wuli a aussi dénoncé une «  démarche» solitaire du pouvoir: « Ayons la clairvoyance conscience  que les replâtrages  et  les faux fuyants auront vite atteint leurs  limites  objectives, sans avoir rien apporté  à la  résolution du mal. En revanche, le  processus  qui  conduira le Mali à une véritable  sortie de crise structurelle,  durable  et  refondatrice  ne  pourra faire  l’économie  d’une prise en compte  déterminée  et  un traitement de fond de l’ensemble des  causalités  ayant  engendré la crise. Il est  temps  maintenant, face  aux multiples périls qu’il y a en  la  demeure malienne, que  notre  peuple  puisse  se réunir pour parler, de la base au sommet, afin de revisiter  nos  institutions et nos pratiques  démocratiques  et  proposer  des  réponses  endogènes  aux  maux   dont  souffre  le pays. Il est  temps d’envisager  ensemble, dans la sérénité  et  dans le respect  des  principes  républicains, une  nouvelle légitimation de l’Etat qui s’inscrirait  dans  le cadre  d’une  vision  partagée du Mali de demain…»

IBK et son équipe face à la tempête

La liste des  brèches de contestations  contre la gestion actuelle du Mali n’est pas exhaustive. L’on peut citer  entre autres, la grève de dix jours  en cours  déclenchée  depuis lundi  le 21 janvier 2019 par  les  syndicats de  l’Education signataires du 15 octobre 2016. Cette cessation de travail des enseignants, qui n’est pas à sa première depuis l’ouverture de l’année scolaire 2019, paralyse l’éducation nationale. Que dire de la grève  récente  de  trois jours  du plus important syndicat des travailleurs du Mali: l’UNTM (Union national des travailleurs du Mali) ? L’UNTM est toujours sur le pied de guerre. Elle projette une nouvelle grève de cinq jours en mois de février si ses doléances ne sont pas satisfaites.

Selon Soumaila Cissé, le président de l’URD, depuis 2013, la situation sécuritaire, économique et socio-politique du pays s’assombrit d’année en année (en réalité de jour en jour).  Le samedi 26 janvier 2019, à l’appel de Tabital Pulaaku, l’association des amis de la culture peulh, des milliers de personnes ont pris d’assaut la salle Banzoumana Sissoko du palais de la culture de Bamako. Objectif : dénoncer l’insécurité chronique au centre et assassinats ciblés à l’encontre de la communauté Peulh. «L’Etat se doit d’être responsable et impartial», « Trop c’est trop», étaient les slogans visibles sur les pancartes des manifestants. Dans les différentes déclarations, les responsables de Tabital Pulaaku ont dénoncé «  le silence coupable » des autorités face aux crimes qui se déroulent actuellement au centre du Mali. Le même jour, lors d’un meeting géant, le Collectif des associations musulmanes du Mali a exigé du gouvernement l’application de la peine de mort au Mali. Une exigence faite suite aux événements douloureux qui ont frappé la Communauté musulmane du Mali dont l’assassinat de l’imam Abdoulaziz Yattabaré, le samedi 19 janvier 2019. Les administrateurs civils, très en colère contre le pouvoir après le relèvement du gouverneur de Kayes, menacent d’observer une grève de 72 heures, du lundi 11 février au mercredi 13 février 2019.

Hadama B. Fofana

SourceLerepublicainmali

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Au Mali, ça grogne de partout. En plus de la situation inquiétante d’insécurité avec son corollaire d’assassinats, les incessantes grèves des syndicats et l’enclenchement, sans concertation, du processus de révision constitutionnelle, font douter les Maliens de la capacité des gouvernants actuels du Mali à faire sortir le pays d’une...