Instrumentalisation populaire sans précédent, situation de dégradation sociale en toile de fond des massacres des paisibles populations de la région de Mopti et d’une grande partie de Ségou ; laissées impuissamment à la merci des hommes sans foi ni loi à cause d’une insécurité grandissante et quotidienne sous un régime des colonels. En voilà les germes de l’échec d’une Transition dans une impasse totale dont les premières se caractérisaient dans le tâtonnement, le populisme, la démagogie et dans le camouflage dès ses objectifs de base.

Et au lieu de réussir comme dernier recours pour consolider les parties du puzzle autour d’initiatives de sauvetage pour procéder à un organigramme nous conduisant vers des perspectives qui nous serviront d’exemples pour toutes les erreurs accumulées afin de panser les blessures et rendre justice pour les fautes à haute responsabilité, les putschistes ont préféré chercher des coupables à présenter au peuple pour le convaincre de leur bonne volonté.

Les colonels putschistes  ont eu le malheur de se laisser emporter dans une guerre politique interne avec comme visée la chasse à l’homme et la division. Parce que le message a été bien passé : il fallait utiliser tout ce qui est possible pour mettre à mal la réflexion libre, la liberté d’expression, utilitaire pour primer sur le dialogue interne entre maliens. Plus d’une année de pourparlers, de rencontres, de spéculation et de la débrouillardise, on se demande toujours c’est quoi le projet.

Aujourd’hui, avec un Premier ministre clivant, ils combattent certains pour se rapprocher des autres tout en insistant sur l’adhésion d’un peuple malien ébahi et impuissant face à une instrumentalisation populaire sans précédent dans une situation de dégradation sociale et de massacres.

La Transition a échoué

Le problème n’est pas le peuple malien. Le problème ne réside non pas aux financements de manifestations, et des sorties médiatiques stériles. Le problème ce sont ceux de la rue qui veulent créer un nouveau Mali, sans que certains Maliens ne soient impliqués. Et malheureusement, le pouvoir demeure toujours dans la rue, parce que malgré le coup d’Etat, les militaires non plus n’ont pas attendu longtemps pour financer la rue. Les campagnes politiques avaient débuté dès après le coup d’Etat. Et il se trouve que toutes les formations politiques autour des militaires ont été repêchées dans la rue. Tous les privilèges et les médailles du mérite national distribuées entre les militaires et ceux qui ont enflammé l’Assemblée nationale et ont fait des victimes aux noms de qui des gens ont été félicités et remerciés pour service rendu à la nation.

La transition qui n’a jamais quitté la rue, parce que la rue peut servir pour tout motif (raison pour laquelle, elle sacrifie l’essentiel pour honorer les apparences), a échoué définitivement dès l’instant où les militaires ont voulu s’imposer de force dans une situation suffisamment tendue. On peut la rectifier, ou la refonder. On peut également la prolonger ou la transformer en régime de continuité directe. Mais la vérité est qu’ils ont échoué, et nous ne savons plus quoi faire, même si beaucoup craignent même pour leurs vies et préfèrent faire profil bas à l’occasion. Le changement ne peut s’obtenir dans le tâtonnement sans démagogie aucune. A quoi aura servi alors le renversement du régime démocratique d’Ibrahim Boubacar Keïta(IBK) par un putsch ?

Touré Abdoul Karim

Source: Le Démocrate- Mali

MaliwebCrise maliennemaliweb net
Instrumentalisation populaire sans précédent, situation de dégradation sociale en toile de fond des massacres des paisibles populations de la région de Mopti et d’une grande partie de Ségou ; laissées impuissamment à la merci des hommes sans foi ni loi à cause d’une insécurité grandissante et quotidienne sous un régime...