En juin 2019, le Mali et la Russie ont signé un accord de coopération militaire. L’accord bilatéral couvre la vente et la maintenance de deux hélicoptères Mi-35

Un nouveau Mi-35M, camouflé dans le désert, destiné à l’armée de l’air du Mali, a été vu dans les installations de Rostvertol à Rostov s le 3 juin 2019. Le Mali a reçu deux Mi-35M en 2017, après avoir commandé quatre des hélicoptères en 2016, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).

Il semble que le Kremlin vise à resserrer ses relations avec le continent africain par différents moyens, et les ventes d’armes ainsi que le soutien militaire en font partie. Dans une déclaration faite devant un panel de dirigeants africains en octobre dernier à Sotchi, Wladimir Poutine a déclaré: «Nous sommes capables de doubler nos taux de change commerciaux dans les années à venir».

Une telle annonce a été rapidement suivie d’une étape concrète dans la mesure où le personnel du groupe paramilitaire russe Wagner (qui serait lié au Kremlin) a récemment été aperçu dans les rues de Bamako. Et le ministre russe de la Défense, Sergei Choigou, a été cité par la radio française FranceInfo: «La coopération militaire sert les intérêts des deux pays. La Russie est prête à normaliser la situation du Mali afin de créer les conditions d’une paix durable ».

Les relations entre Moscou et Bamako ne sont pas nouvelles depuis que l’URSS a activement participé à l’armement de l’armée malienne juste après son indépendance de la France en 1961. En plus des armes légères et des munitions, Moscou a également fourni des chars moyens, des véhicules blindés et de l’artillerie. Les soviétiques ont également équipé l’armée de l’air d’avions Antonov AN-2 Colt, MiG-21 et Mi-4.

Au-delà des ventes militaires, les deux pays ont également réussi à développer des relations diplomatiques et commerciales. Selon les chiffres de l’ambassade de Russie, l’URSS a investi localement environ 570 millions de dollars depuis la fin des années 1960. La Russie prétend avoir aidé les gouvernements du Mali à construire des infrastructures publiques telles que l’aéroport de Gao, le stade de Bamako (d’une capacité de 20000) ou l’hôpital Gabriel Touré. Sur le plan économique, des entreprises russes ont apporté leur contribution au développement d’une cimenterie, de l’industrie aurifère «Kalana» et de divers centres techniques, tandis que des spécialistes russes ont réalisé des travaux de prospection et de cartographie géologique permettant ainsi à 9 000 ha de terres de pousser des plantations, notamment de riz.

Cependant, après l’implosion de l’URSS au début des années 90, les relations entre les deux États se sont relâchées et se sont même arrêtées pendant près d’une décennie. Les pourparlers ont vraiment repris en 2009 lorsque le ministère malien des Affaires étrangères, M. Ouane, s’est rendu à Moscou. Après avoir ravivé la flamme diplomatique, il a signé plusieurs contrats notamment liés aux visas et accords mutuels pour renforcer la lutte mondiale contre le terrorisme et le blanchiment d’argent.

Les deux pays travaillent actuellement sur divers programmes liés à la science et à la culture. Tenant compte du fait que 2020 serait le 60e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux États, Bamako cherche à ouvrir un centre culturel russe pour mieux mettre en valeur «les valeurs et le folklore russes». Aujourd’hui, 158 citoyens russes résident en permanence au Mali et la majorité d’entre eux contribuent à la poursuite des relations diplomatiques. Sur le plan économique, le commerce entre les bothnations est faible. Moscou a même effacé la dette de Bamako de 124 millions de dollars en 2003, mais le pays a encore un potentiel intéressant, en particulier dans le secteur de l’extraction de l’or, le segment des transports, le développement hydraulique et énergétique. C’est également l’occasion d’interagir avec des challengers tels que les pays européens impliqués dans des opérations anti-terroristes ainsi que les ambitions croissantes de la Chine sur le continent.

Écrit par ADIT – Le Bulletin –

 

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