Monsieur le Président,
Vous aviez livré un entretien à Jeune Afrique sur la FrançAfrique où vous aviez pensé évoquer celle de votre temps. Vous aviez fait le bilan de vos actions et vous aviez exprimé vos sentiments en dépeignant le niveau de conscience de l’Africain dans un message subliminal et vos propos en disent long.
En effet, vous aviez déclaré: « J’ai lancé plusieurs chantiers. Le premier, la restitution du patrimoine africain. Le deuxième était la fin du FCFA, cette reforme importante conclue par un accord signé lors de mon dernier voyage en Côte d’Ivoire, met fin à un marqueur très symbolique qui alimentait beaucoup de fantasmes et de critiques… » Vous êtes Français et nous, nous vous en voudrons de prendre à la lègère les mots que vous attribuez aux Africains.
Ainsi fidèle à vos prédécesseurs et ancêtres, vos maîtres à pensée, qui ne sont ni plus ni moins que des anaphabètes culturels, tels Montesquieu et Voltaire…, l’Africain n’a jamais été autre chose qu’un être émotif qui se nourrit de fantasmes. Il est pour ainsi dire incapable de reflechir par lui même, de savoir ce qu’il veut, il est dépourvu de raison. Il est en outre incapable de prendre conscience de son esclavage, de son indignité, encore moins de développer par lui même les moyens de sa liberté. L’Africain est le fruit d’un scenario de l’accomplissement du désir inconscient, d’où le fantasme. Cette façon de présenter l’Africain comme un être folklorique et « afro-pessimiste » pour maintenir le continent dans un fatalisme du moyen-âge, est une injure à la conscience africaine de notre temps. Ce n’est pas un hasard, si par vos propres propos « l’Afrique a un problème de civilisation. »
Vous avez resumé votre regard sur l’Africain, comme cet animal dont les capacités d’exprimer une volonté de souveraineté sont dépourvues de toutes épaisseurs, au point qu’il faut un pays comme la Russie et un petit pays comme la Turquie pour venir apprendre à tout un continent, le misérabilisme que vous lui imposez : « Mais il ya également une stratégie à l’oeuvre, menée parfois par des dirigeants africains, mais surtout par des puissances étrangères, comme la Russie ou la Turquie, qui jouent sur le ressentiment post-colonial. Il ne faut pas être naïf sur le sujet: beaucoup de ceux qui donnent de la voix, qui font des vidéos, qui sont présents dans les medias francophones sont stipendiés par la Russie ou la Turquie. »
Cette conception que vous avez de l’Africain, témoigne une fois de plus, comme tous vos prédécesseurs, d’une terrible ignorance de l’histoire des peuples, de sa complexité et de la diversité des sociétés, de la géographie et des réalités africaines. Ce type de discours n’a rien d’autre que de vous permettre de vous justifier devant votre opinion publique, votre présence et votre volonté de domination sur le continent africain. Nous savons tous que vous n’aviez rien à foutre des défis africains. C’est ce complexe de supériorité que vous nourrissez envers l’Africain qui vous amène chaque fois dans toutes les tribunes internationales à vouloir parler au nom du continent africain. Cette infantilisation continue de l’Africain est à l’origine de tout ce que l’Africain vit comme racisme à travers le monde. Vous, vous presentez en tuteur zélé de l’Afrique à travers le monde. Vous, vous adressez à nos Chefs d’Etats comme vos écoliers. Ce n’est pas parce que vous êtes Président de la puissante France colonialiste, impérialiste, que vous pouvez vous arroger les droits dans toutes les tribunes pour donner des leçons de civilisation au peuple africain. Il est temps d’arrêter de renverser les rôles et les situations et d’admettre que l’avenir de la France est à la croisée des chemins.
Monsieur le Président,
Le pôle unissant l’Afrique et l’Europe doit d’abord se fonder sur le respect et l’égalité. Comment pouvez-vous coopérer avec un continent dont vous ne cessez d’accumuler du mépris à l’égard de ses Dirigeants et de ses populations ? Tentatives d’infantilisation, accueil méprisant et injurieux,…voici à quoi se résume la coopération française civilisée. Votre peur de perdre votre hégémonie en Afrique vous a conduit à une politique de coopération la plus répugnante pour la jeunesse africaine.
Le jour que vous choisirez une coopération humanisée, loin de cette inhumanité qui caractérise toute l’histoire barbare de la France, ce jour là, nous serons les premiers à conduire vos premiers pas dans la communauté des êtres humains. C’est à vous de reconnaître d’abord, la sauvagerie de votre politique de coopération avec l’Afrique. Que c’est révoltant de vous entendre résumer la conquête de notre souveraineté monétaire à de simples fantasmes ! Quand on sait avec Edouard Balladur que: “ la monnaie n’est pas seulement, une question technique, mais une question politique qui touche à la souveraineté et à l’indépendance des Etats.” Ne citons pas Joseph TCHUNDJANG POUEMI, dans Monnaie, servitude et liberté pour qui elle sous-tend :« la possibilité pour chaque pays d’orienter sa politique de développement dans le sens qui lui convient, qui assure le mieux-être matériel de sa population et donc le contrôle de l’exploitation de ses ressources » ?
Un des idéaux de notre nouvelle génération consciente africaine, recherché à travers les luttes nobles pour la survie de la jeunesse africaine, est de ne plus jamais avoir à faire à la France dans notre système monétaire. La mise en scène que vous aviez rochestré en Côte d’Ivoire est loin d’enterrer cet héritage colonial. Votre accord arraché de l’innominé, est caduc et de nul effet dans notre lutte contre cette servitude monétaire.
Monsieur le président,
Vous comprendrez pourquoi, nous, Jeunesse Africaine, ne pourrons continuer à subir et à regarder nos Etats plonger dans des économies de survie, car la logique productiviste qui détruit la planète finira par nous conduire dans une catastrophe encore plus grave que la traite négrière. Les politiques d’épuisement de nos matières premières, la dégradation générale des écosystèmes africains par vos industries sauvages, le développement des tensions sociales et politiques générées par les compétitions entre puissances étrangères ne sont que des formes d’assujetissement de cette dure réalité appelée coopération.
Monsieur le président,
Pour conclure, il n’y a pas de sentiment anti-français. Nous sommes en guerre contre votre armée néonzie au sahel, nous sommes en guerre contre votre monnaie néonazie le FCFA(version eco-macron), nous sommes en guerre contre vos politiques néocolonialistes, nous sommes en guerre contre votre volonté de toujours prendre la parole au nom de l’Afrique dans le plus grand mépris de sa souveraineté et de ses dirigeants. Cette guerre nous la gagnerons, il y va de notre survie.
Œil D’Afrik
Le Président
Larba Israël LOMPO Pour Bamada.Net
MaliwebCrise malienneInternational
Monsieur le Président, Vous aviez livré un entretien à Jeune Afrique sur la FrançAfrique où vous aviez pensé évoquer celle de votre temps. Vous aviez fait le bilan de vos actions et vous aviez exprimé vos sentiments en dépeignant le niveau de conscience de l’Africain dans un message subliminal et...