Après la longue période de concertation suivant le coup d’Etat du 18 août, les décisions qui s’enchainent à Bamako prennent une direction pour le moins inquiétante, potentiellement dangereuses pour « Barkhane ». Du moins, la non-implication des autorités françaises dans les négociations qui ont permises les libérations de Soumaïla Cissé et de « Mariam » Pétronin est mal appréciée par les partenaires de premier plan de la lutte contre le terrorisme au Sahel. A cela s’ajoute désormais, les propos déplacés de l’ex-otage française qui ne manque pas de qualifier ses ex-ravisseurs de ‘’groupes d’opinions opposés au pouvoir en place’’ et non des terroristes. En attendant de voir clair dans les choses, l’état-major français se fâche et recadre Sophi Pétronin. Voici son recadrage!

 

Mali : Le général Lecointre recadre Mme Pétronin pour ses propos sur les jihadistes
Désormais libéré de l’ombre d’Abdelmalek Droukdal, le chef d’al-Qaïda au Maghreb islamique, tué lors d’une opération des forces spéciales françaises conduites en juin dernier à Talhandak près de Tessalit, Iyad ag Ghali, qui dirige le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM ou JNIM, lié à al-Qaïda] a réussi un coup politique en obtenant que les nouvelles autorités maliennes relâchent plus de 200 de ses combattants en échange de la libération de Soumaïla Cissé, un responsable politique de premier plan qui avait été enlevé dans la région de Tombouctou il y a environ six mois.
Mais outre M. Cissé, le GSIM a également libéré trois autres otages, dont la franco-suisse « Mariam » [ou Sophie] Pétronin, kidnappée à Gao en décembre 2016, et deux ressortissants italiens. La missionnaire suisse Béatrice Stockly n’aura pas eu cette chance, ses ravisseurs l’ayant assassinée dans des circonstances qui restent à préciser.
Les autorités françaises n’ont pas été associées aux négociations menées par Bamako, la libération de Soumaïla Cissé ayant été un objectif prioritaire pour les autorités maliennes, installées au pouvoir à la faveur d’un coup d’État militaire ayant renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta. Et parmi les jihadistes remis en liberté, en l’honneur desquels Iyad ag Ghali a organisé un méchoui pantagruélique, a priori dans la région de Kidal, fief touareg, il figure plusieurs noms bien connus, comme ceux de Mimi Ould Baba Ould Cheick, « cerveau » des attentats de Grand Bassam [Côte d’Ivoire] et de Ouagadougou [Burkina Faso] et de Fawaz Ould Ahmed, ex-cadre du groupe al-Mourabitoune.
Cela étant, de retour en France, les déclarations faites par « Mariam » Pétronin ont pu causer un malaise certain. « Appelez-les comme vous voulez, moi je dirais que ce sont des groupes d’opposition armés au régime », a-t-elle en effet dit au sujet de ses geôliers, qu’elle a même assimilé à des « militaires. »
« Qu’a fait le gouvernement de transition? Il a demandé la libération de leurs militaires. Certains ont été libérés, je ne pourrais pas dire combien. Mais dans l’immédiat, ils ont été libérés. Donc, si vous avez un groupe de militaires, et que certains se font prendre, vous allez tout faire pour les faire libérer que vous soyez l’armée française, l’armée congolaise ou l’armée malienne ou l’armée américaine, vous allez tout faire pour les faire libérer. Ce qui est logique. ‘Jihad’, c’est ‘guerre’ en français et c’est une guerre entre des groupes d’opposition armée au régime, ils trouveront le chemin pour la paix. Je leur souhaite en tout cas vivement », a déclaré l’ex-otage auprès de RFI.
Or, de tels propos sont restés au travers de la gorge du général François Lecointre, le chef d’état-major des armées [CEMA], qui a tenu à faire une mise au point, lors d’une audition devant la commission sénatoriale des Affaires étrangères et de la Défense, ce 14 octobre.
« Pour que les choses soient bien nommées, l’adversaire qui est le nôtre n’est pas un groupe armé comme un autre, qui serait un groupe armé d’opposition au régime malien. Il s’agit bien d’une organisation terroriste internationale […] qui a fait allégeance à al-Qaïda et dont l’objectif contrevient directement à la sécurité des Français, à l’étranger et sur le territoire national », a commencé par préciser le général Lecointre.
« C’est un groupe qui a par ailleurs des modes d’action qui sont très clairement terroristes. […] On ne peut pas appeler ces personnes des militaires et imaginer qu’ils peuvent être comparés aux militaires français. Les militaires français sont des soldats d’une armée régulière, qui se battent dans le respect du droit international, dans le respect du droit de la guerre, en maîtrisant leur violence et qui sont liés, au-delà de la mission, par une éthique particulièrement exigeante », a continué le CEMA.
« En aucun cas, on ne peut comparer ces soldats et la façon dont ils remplissent admirablement leur mission au comportement de ces groupes armés terroristes auxquels nous sommes confrontés. Enfin, évidemment, les soldats français n’auraient jamais l’idée pour obtenir la libération de prisonniers français par un ennemi quelconque d’aller prendre des otages parmi la population civile », a insisté le général Lecointre.
« Je tiens à dire cela, car il y a des propos qui ont été tenus au moment de la libération de Mme Pétronin qui, me semble-t-il, risquent de fausser l’appréciation qu’on doit avoir de la situation au Mali, de l’engagement des armées françaises. Engagement qui reste aujourd’hui, plus que jamais, très clair et guidé par la volonté d’abattre l’hydre terroriste et de garantir la sécurité des Français », a encore fait valoir le CEMA.
« Et qu’il doit être très clair pour l’ensemble des familles qui ont perdu des leurs dans les combats que nous menons au Mali depuis des années que nous ne devions pas de ligne, que notre combat reste le même et qu’il est tout aussi légitime qu’il l’était », a conclu le général Lecointre, avant de confirmer que la « France n’a en rien été impliquée dans des négociations d’aucune sorte avec ce groupe terroriste que nous continuerons de combattre avec la dernière détermination. »

Source : opex360
*Le titre, le sous titre et le chapeau sont de la rédaction

Source : INFO-MATIN

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Après la longue période de concertation suivant le coup d’Etat du 18 août, les décisions qui s’enchainent à Bamako prennent une direction pour le moins inquiétante, potentiellement dangereuses pour « Barkhane ». Du moins, la non-implication des autorités françaises dans les négociations qui ont permises les libérations de Soumaïla...