Ce rapport du Secrétaire général de l’ONU décrit les représailles et les intimidations infligées au cours de l’année passée par des Etats ou des acteurs non étatiques à des victimes de violations des droits humains, des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes.

Au nombre de ces pratiques, on note des détentions, la pression de législations restrictives et la surveillance en ligne ou hors ligne. Tous les cas mis ainsi en évidence se sont produits entre le mai 2021 et avril 2022 et concernaient des individus et des groupes qui coopéraient avec les mécanismes des droits de l’homme des Nations Unies ou utilisaient les procédures de l’Organisation pour communiquer des informations, des témoignages et demander réparation pour des violations de droits humains.

Il suffisait parfois de tenter de coopérer avec l’ONU ou de seulement en donner l’impression pour s’exposer à cette répression. Conséquence : dans un tiers des pays cités, les individus et les groupes se sont abstenus de toute collaboration, ou ont préféré rester anonymes pour signaler leurs cas.

« Malgré quelques développements positifs, y compris des promesses et des engagements d’États membres, ce rapport montre une fois de plus que des personnes sont poursuivies et persécutées pour avoir confié leurs inquiétudes à l’ONU en matière de droits humains. Aussi choquant soit ce chiffre, nous savons que de nombreux cas de représailles ne sont même pas signalés », a déclaré la Sous-Secrétaire

générale aux droits humains, Ilze Brands Kehris.

Surveillance et lois restrictives

Le rapport confirme aussi l’usage croissant de la surveillance en ligne et des cyberattaques, et note que le recours massif aux technologies numériques pendant la pandémie de COVID-19 a également aggravé les problèmes liés à la cybersécurité, à la confidentialité et à l’accès aux espaces en ligne.

Autre tendance mondiale préoccupante :  l’utilisation de législations destinées à sanctionner la coopération avec l’ONU, par de longues peines de prison ou des assignations à résidence.

Selon le rapport, ces pressions, ces contrôles, et la crainte des poursuites pénales favorisent l’autocensure autant qu’ils généralisent la loi du silence, qui dissuade de coopérer avec l’ONU.

Comme les années précédentes, le rapport montre que les intimidations et les représailles affectent de manière disproportionnée certaines populations et certains groupes, notamment les représentants des peuples autochtones, des minorités ou ceux qui travaillent sur les questions d’environnement et de changement climatique, ainsi que les personnes vulnérables à une discrimination fondée sur leur âge, leur sexe ou leur orientation sexuelle.

Les 42 États mentionnés dans le rapport (qui couvre la période du 1er mai 2021 au 30 avril 2022) sont : Afghanistan, Andorre, Bahreïn, Bangladesh, Bélarus, Brésil, Burundi, Cameroun, Chine, Cuba, Chypre, République démocratique du Congo, Djibouti, Égypte, Guatemala, Inde, Indonésie, République islamique d’Iran, Israël, Kazakhstan, République populaire démocratique du Laos, Libye, Maldives, Mali, Mexique, Maroc, Myanmar, Nicaragua, Philippines, Fédération de Russie, Rwanda, Arabie saoudite, Soudan du Sud, Sri Lanka, Soudan, État de Palestine, Thaïlande, Turkménistan, Émirats arabes unis, République bolivarienne du Venezuela, du Viet Nam et du Yémen.

 

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