Vendredi matin, la France a revendiqué la mort d’un haut responsable jihadiste au Mali. La France, pas l’Europe. Rien d’anormal puisque ce sont les soldats français de la force Barkhane qui ont « neutralisé » Bah Ag Moussa, décrit comme un « cadre historique de la mouvance jihadiste au Sahel » par Florence Parly. Sa mort est évidemment une bonne nouvelle dont a bien raison de se féliciter la ministre des Armées. Hélas, ce succès militaire ne devrait pas faire l’objet d’une seule célébration franco-française tant la lutte contre le terrorisme est un enjeu qui dépasse largement les frontières de l’Hexagone. L’attaque terroriste du 2 novembre à Vienne est là pour le rappeler à nos partenaires européens qui, sans le dire, considèrent bien souvent que ces questions sont du seul ressort de la France.

Principale cible des terroristes, la France est aussi, en Europe, son ennemi le plus constant. Elle en paye le prix fort sur le terrain militaire puisque 44 soldats français ont perdu la vie au Mali depuis l’engagement de la France, par François Hollande, en janvier 2013. Nos troupes sont les seules d’Europe à combattre véritablement les jihadistes au Sahel. Aujourd’hui, 5. 100 militaires français sont déployés au Mali, Niger et Tchad. Ils sont certes secondés par quelques unités européennes. Mais celles-ci se révèlent très timides au moment de monter au feu, en première ligne. Une lacune européenne sur laquelle Emmanuel Macron n’a pas davantage prise que ses prédécesseurs. Or, le terrorisme prospère sur cet attentisme. Vendredi, les 27 ministres européens de l’Intérieur ont fait une déclaration conjointe actant leur « détermination » à « renforcer les frontières extérieures » de l’Europe. Pas de quoi triompher, on est bien loin de partager les engagements militaires. Sur le terrorisme, parmi d’autres échecs, l’Europe n’est hélas pas au rendez-vous.

Source : vosgesmatin.fr
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Vendredi matin, la France a revendiqué la mort d’un haut responsable jihadiste au Mali. La France, pas l’Europe. Rien d’anormal puisque ce sont les soldats français de la force Barkhane qui ont « neutralisé » Bah Ag Moussa, décrit comme un « cadre historique de la mouvance jihadiste au Sahel » par Florence Parly. Sa...