La Plateforme de lutte contre la corruption et le chômage a battu le pavé encore le samedi, 7 septembre 2019 à Bamako, pour réitérer son soutien à l’armée malienne et sa revendication à l’endroit des autorités en les invitant à faire toute la lumière sur l’affaire des avions cloués au sol.

Pas de lassitude. Le mouvement gagne du terrain par rapport au nombre d’adhérents qui ne cessent d’augmenter de jour en jour. Une cinquantaine de radios de  l’intérieur du pays a été mise en contribution sans compter la presse écrite, audiovisuelle et la presse en ligne. Cette fois-ci,  les femmes des camps de Kati, beaucoup connues  pour leur implication dans toutes les manifestations lors de la crise de 2012 se sont invitées dans ce groupe qu’est la Plateforme. Les représentants des différentes associations habituellement présents à chaque sortie de la Plateforme sont encore montés au créneau pour signifier leur volonté farouche à poursuivre le combat de la transparence. Il s’agit de l’AJSL (Association Jeunesse  stratégie locale), le Syndicat de la régie des chemins de fer du Mali sous la conduite de Moussa Keita, le représentant des commerçants détaillants du grand marché de Bamako, la présidente des femmes des camps, Mme Diallo Massaran Koné, la représentante de la CSTM, Mme Awa Sow, Association J A, des leaders de la Plateforme comme Lassana Mody Sissoko etc. C’est l’intervention de la présidente des Femmes des camps de Kati, Mme Djénéba Keita qui a attiré l’attention de plus d’un. Elle a levé le couvercle sur la gestion calamiteuse, sur les puanteurs exacerbées de la corruption du service social des armées du Mali. Selon elle, tous les dons octroyés aux militaires par le biais du service social des armées n’arrivent pas à destination. Elle dira qu’aujourd’hui le camp de Kati correspond à un camp fantôme. Trop de veuves  et d’orphelins dans les maisons sans subsistance pleurent leurs maris, leurs parents. Le service social des armées n’a jamais joué jusqu’à présent sa partition pour soutenir les familles de ces militaires tombés sur le front, a indiqué la présidente. Un sac de riz et 50.000 FCFA sont donnés chaque fois qu’il y a une famille orpheline, a-t-elle fait savoir. Selon Mme Djénéba Keita, il y a deux poids deux mesures car ce sont les intégrés qui ont bénéficié de la situation. Ils ont été gradés et ont bénéficié de toutes les attentions de nos autorités militaires. Elle dira que c’est suite à la visite du président de la Commission Défense de l’Assemblée Nationale, l’honorable Karim Keita qu’on s’est rendu compte de la situation que vit le camp de Kati.  Selon elle, c’est  par cette visite que les militaires du camp de Kati ont eu une prime de logement.  Car, l’honorable a lui-même fait savoir que les militaires du camp de Kati vivent dans des taudis,  a dit Mme Djénéba Keita. Selon elle, l’armée malienne a besoin d’être reconstruite. « Le service social est devenu un lieu d’enrichissement pour ceux qui dirigent ce service », a-t-elle fait savoir. Avant d’ajouter que les dons destinés aux vrais ayants droit ne sont jamais arrivés aux groupes cibles. Le président de la Plateforme, le Pr Clément, galvanisé par les propos de ses prédécesseurs est lui-même monté au créneau. Il a  rendu un hommage à l’armée malienne, aux militaires tombés et à leurs veuves et à tous ceux qui pensent que la vérité va triompher. Il a invité les Maliens au retour à nos valeurs fondamentales. Selon le Pr Clément Dembélé, les  Maliens  refusent  la division parce que nous croyons à la diversité culturelle, la diversité ethnique. Il a salué les partenaires, les pays voisins qui souffrent avec nous à cause du laxisme de nos dirigeants. Le Pr Clément Dembélé  a fait savoir que «  les Maliens refusent que leur pays est un pays pauvre,  que leur armée soit trainée dans la boue à cause de la mauvaise gouvernance, les Maliens refusent l’évidence que leurs enfants meurent sur la mer,  refusent l’évidence de l’évasion fiscale,  refusent que des généraux prennent en otage le pays, que nos militaires soient démoralisés par le vol, le gaspillage de nos ressources. ». Il dira que l’éveil des consciences a sonné contre la gabegie, la délinquance financière. Il a dénoncé le comportement de nos hauts gradés qui se transforment en commerçants. Le Pr  Clément n’a pas manqué de faire un clin d’œil sur le comportement de certains de nos hommes en noirs pour dénoncer ceux qui vendent leurs cachets au mieux nanti même s’il n’a pas raison. Selon le Pr Clément Dembélé, les maliennes veulent aujourd’hui une justice de paix. Il fera savoir que c’est IBK et l’honorable Karim qui les ont poussés dans la rue parce que ce sont eux qui les ont informés que les Maliens ont leurs avions cloués au sol. Pour lui, IBK ne sera jamais ce grand président que les Maliens souhaitent tant qu’il ne lutte pas contre la corruption, l’impunité, tant qu’il ne met pas aux arrêts tous ceux qui sont impliqués dans cette affaire. Il a invité le président en tant que chef suprême des armées de prendre sa responsabilité historique et cela devant Dieu. « Nous croyons encore qu’il y a la justice au Mali, nous croyons que ceux qui devraient justifier que les armements étaient en bon état  sont prêts à restituer l’argent du peuple » a dit le Pr Clément Dembélé. La Plateforme a lancé un ultimatum d’une semaine au gouvernement afin que la vérité soit dite aux Maliens par rapports à cette affaire.

Fakara Faïnké

Source: Le Républicain

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La Plateforme de lutte contre la corruption et le chômage a battu le pavé encore le samedi, 7 septembre 2019 à Bamako, pour réitérer son soutien à l’armée malienne et sa revendication à l’endroit des autorités en les invitant à faire toute la lumière sur l’affaire des avions cloués...