Du 19 au 23 octobre 2017, les quinze ambassadeurs du Conseil de sécurité ont effectué une visite de travail au Mali et dans les quatre autres pays du G5 Sahel. Cette visite intervient dans un climat plus ou moins glacial entre l’organisation des Nations Unies et le Mali, suite à la publication du rapport sur la situation dans notre pays. En effet, dans ce rapport, le secrétaire général affirme que «presque qu’aucun progrès n’a été fait dans l’application de l’accord pour la paix et la réconciliation». Le 5 octobre dernier, le gouvernement a été contraint de faire une conférence de presse pour s’expliquer. Grave encore, la publication de ce rapport intervenait juste après la visite qu’a effectuée le Président IBK aux Nations Unies pour la traditionnelle Assemblée générale où il a donné un discours et où on le voyait, dans les couloirs de l’ONU, main dans la main avec M. Antonio Guterres, tout joyeux. La publication de ce rapport, qui est, pour certains observateurs, comme un couteau dans le dos du président IBK, associée à d’autres faits, montrerait que la situation entre l’ONU et le Mali ne serait pas, de nos jours, au beau fixe.

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Le  Président de la République du Mali était au siège des Nations Unies du 17 au 20 septembre 2017 pour la traditionnelle Assemblée générale annuelle de l’organisation, dont le thème portait sur : «Priorité à l’être humain : paix et vie pour tous sur une planète préservée ». Là, devant ses quelques pairs présents, IBK, en qualité de président en exercice du G5 Sahel, a tenu son discours. Il a saisi l’occasion pour informer la communauté internationale des progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’Accord de paix et de certaines difficultés liées au processus de paix au Mali.

Aussi, en marge de cette 72ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies et à l’initiative du Mali, se sont tenues également la réunion de haut niveau du G5 Sahel et celle sur le Mali.

Au cours de son séjour onusien, le Président de la République a rencontré de hautes personnalités du monde, dont le Secrétaire général des Nations Unies, M. Antonio Guterres. Le président IBK a reçu le prix du «Leadership in Courage Award», décerné par l’UNESCO et Global Hope Coalition, pour son engagement en faveur de la paix et de la réconciliation. On a aussi vu un IBK, tout joyeux, main dans la main avec Antonio Guterres dans les couloirs des Nations Unies, comme un agneau qu’on amenait à l’abattoir. Ou tout simplement pour faire semblant que tout allait pour le mieux entre les deux personnalités ou en encore entre les deux entités de la communauté internationale.

Seulement, le 28 septembre 2017, à peine que IBK ait fini de savourer son séjour onusien, un rapport de 28 pages, que d’aucuns qualifieraient d’accablant pour les autorités maliennes, est mis en scelle par le secrétaire général des Nations unies. Dans son rapport, M. Guterres, du parti socialiste portugais, est on ne peut plus clair : «presque qu’aucun progrès n’a été fait dans l’application de l’accord pour la paix et la réconciliation». Face à cette situation, le ministre des Affaires Etrangères a été contraint de s’expliquer devant la presse. Il a fait savoir «l’étonnement du Gouvernement malien face à la déclaration du Secrétaire général des Nations unies dans son dernier rapport sur la situation au Mali». Là, le chef de la Diplomatie malienne avoue que «grand fut notre étonnement face à cette affirmation qui, à première vue, donnait l’impression d’un immobilisme généralisé dans la mise en œuvre de l’Accord, malgré les efforts du Gouvernement du Mali et de la communauté internationale». Entre amis, les vérités se disent en face, mais pas autrement.

Entre temps, Bamako exhibe ses nouveaux équipements militaires comme les deux aéronefs de combats et deux autres de transport de troupes.  En outre, toutes les chancelleries s’accordent, à dire, aujourd’hui qu’à Bamako les lignes ne bougent pas. Sur aucun programme ou aspect de l’accord de paix, on voit rarement l’Etat malien faire le premier pas pour son exécution. Qu’il s’agisse du cantonnement, du désarmement démobilisation ou de la réintégration, aucun chronogramme n’existe réellement. Or, c’est à l’Etat malien de faire preuve de plus d’engagement dans la mise en œuvre du document. Aux Nations Unies et dans les autres chancelleries, on s’inquiète encore et davantage du manque d’efforts des autorités maliennes visant à l’élaboration de stratégies nationales de lutte contre les maux qui minent le Mali, voire le Sahel.

Par ailleurs, il importe de retenir aussi que le 15 mars dernier, le Conseil de sécurité publiait une liste des personnes ou d’entités empêchant la mise en œuvre de l’accord. Et aussi la création d’un régime de sanctions contre ceux qui entravent l’application correcte du texte est passée par là, et cela à l’initiative de la France.

C’est dans ce climat national, d’un pas en avant et de deux pas en arrière, que les quinze membres du  Conseil de Sécurité ont décidé d’effectuer une visite de terrain au Mali et dans les autres pays du G5 Sahel.  Au Mali, la délégation a insisté sur un engagement plus volontariste des autorités maliennes dans la mise en œuvre de l’Accord. Auparavant, le secrétaire général de l’ONU disait qu’avec la force du G5 Sahel, la présence des forces onusiennes est indispensable, craignant des violations des droits de l’homme lors des opérations antiterroristes. Car, pour eux, le cadre légal du G5 Sahel étant encore très flou, d’où aussi une manque de confiance. Il a laissé entendre qu’il souhaitait que le langage soit volontairement très engagé.

Dieudonné Tembely

tembely@journalinfosept.com

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Du 19 au 23 octobre 2017, les quinze ambassadeurs du Conseil de sécurité ont effectué une visite de travail au Mali et dans les quatre autres pays du G5 Sahel. Cette visite intervient dans un climat plus ou moins glacial entre l’organisation des Nations Unies et le Mali, suite...