Telle est la décision du Conseil de sécurité des Nations Unies qui s’est réunie lundi dernier à New York

 

Les mesures prioritaires assignées aux parties maliennes sont l’obtention des résultats substantiels en vue de l’achèvement du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion des groupes armés signataires et de l’opérationnalisation des Forces de défense et de sécurité maliennes reconstituées, l’achèvement de la réforme constitutionnelle et des réformes institutionnelles prévues par l’Accord ; la poursuite de l’opérationnalisation de la Zone de développement des régions du Nord par la mise en place du conseil consultatif interrégional et d’initiatives de renforcement des capacités ; l’exécution d’un projet pilote dans chacune des cinq régions du Nord du Mali ; et la mise en œuvre des recommandations issues de l’atelier de haut niveau sur la participation des femmes aux mécanismes dans le cadre de l’Accord.

En adoptant la résolution 2531 (2020), le Conseil de sécurité autorise donc la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) à utiliser tous les moyens nécessaires pour prioritairement appuyer la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali par les parties maliennes et faciliter l’application par les acteurs de la stratégie de stabilisation du centre du pays. Ceci, dans le cadre d’une action globale à orientation politique, afin de protéger les civils, de réduire les violences intercommunautaires et de rétablir l’autorité et la présence de l’État ainsi que les services sociaux dans cette partie de notre pays.

Dans le document, le Conseil de sécurité exhorte le gouvernement malien et les groupes armés à continuer d’accélérer l’application de l’Accord pour la paix et la réconciliation au moyen de mesures sérieuses, effectives et irréversibles, à prendre de manière urgente.  Il rappelle qu’il est prêt à réagir en appliquant les dispositions prévues par la résolution 2374 (2017) si les parties engagent des hostilités ou prennent des mesures qui entravent, par un retard prolongé, la mise en œuvre du texte.

Le Conseil de sécurité se félicite que des étapes importantes aient été franchies dans la mise en œuvre de certaines des mesures prioritaires de l’Accord mentionnées au paragraphe 4 de la résolution 2480 (2019), mais regrette que plusieurs d’entre elles n’aient pas été pleinement appliquées. Par ailleurs, il exhorte les parties maliennes à prendre immédiatement des dispositions concrètes, dans un véritable esprit de coopération, pour appliquer les mesures prioritaires ci-après avant la fin du mandat actuel de la Minusma : obtenir des résultats substantiels en vue de l’achèvement du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion des groupes armés signataires et de l’opérationnalisation des Forces de défense et de sécurité maliennes reconstituées, notamment en procédant au contrôle des antécédents d’au moins 2.000 membres des groupes armés signataires (en sus de ceux qui ont déjà été intégrés), en les incorporant aux Forces de défense et de sécurité maliennes et en leur dispensant l’entraînement requis.

Il s’agit aussi de redéployer au nord du pays, tous les éléments incorporés ayant bénéficié du processus accéléré de désarmement, démobilisation et réinsertion, à l’issue de consultations appropriées entre les parties maliennes sur la composition des unités reconstituées et en confiant à ces unités, des tâches concrètes telles que des patrouilles.

Également, il s’agit, entre autres, d’assurer l’achèvement de la réforme constitutionnelle, conformément aux conclusions du Dialogue national inclusif et des réformes institutionnelles prévues par l’Accord, en particulier, de régler les questions en suspens concernant l’élection des assemblées régionales, des conseils de cercle et des conseils de commune au suffrage universel direct, de créer une deuxième chambre parlementaire, de fixer un calendrier pour le transfert des services décentralisés de l’État et de 30 % des recettes de l’État aux collectivités territoriales dans leurs domaines de compétence.

Il est également question d’achever le cadre juridique applicable à la police territoriale régionale et commencer réellement le recrutement de ses effectifs, qui devraient comprendre un nombre important d’anciens membres des groupes armés signataires. Mais aussi de  mettre pleinement en place les circonscriptions électorales nouvellement créées, y compris Ménaka et Taoudéni en tant que régions, ainsi que les cercles et communes proposés et organiser des élections législatives dans ces zones. En outre, le Conseil de sécurité exhorte les parties maliennes à poursuivre l’opérationnalisation de la Zone de développement des régions du Nord par la mise en place du conseil consultatif interrégional et d’initiatives de renforcement des capacités, en dialoguant avec différents groupes à cet égard, et d’exécuter un projet pilote dans chacune des cinq régions du Nord du Mali, après des consultations appropriées en vue de redistribuer rapidement les dividendes de la paix à la population et de faire avancer en priorité d’autres interventions du Fonds pour le développement durable.

Par ailleurs, le Conseil demande la mise en œuvre des recommandations issues de l’atelier de haut niveau sur la participation des femmes aux mécanismes créés dans le cadre de l’Accord pour appuyer et suivre la mise en œuvre, en augmentant leur représentation au Comité de suivi de l’Accord et dans les sous-comités. Ainsi, le mandat de la Minusma comportera les tâches prioritaires ci-après : l’appui à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali; l’appui à la stabilisation et au rétablissement de l’autorité de l’État dans le Centre du pays, la protection des civils, les bons offices et la réconciliation, la promotion et la protection des droits humains, l’aide humanitaire.

Le Conseil de sécurité décide que la Minusma continuera avec un effectif de 13.289 militaires et 1.920 policiers et l’autorise à utiliser tous les moyens nécessaires pour accomplir son mandat.

Dieudonné DIAMA

Source : L’ESSOR

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