Malgré le communiqué de démenti du 21 octobre 2021 de n’avoir mandaté personne pour négocier avec Iyad Ag Ghali, chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et Amadou Koufa, chef de la Katiba Macina, afflué au GSIM, le gouvernement n’a pas encore écarté l’option du dialogue comme l’une des solutions à l’insécurité et à l’instabilité au Mali. Mieux, il note dans le même communiqué que des volontés se sont manifestées pour mener des négociations. Une initiative qu’il salue avant d’encourager toutes les démarches entreprises pour ramener la stabilité et la quiétude dans les différentes régions du pays.

Oui, pour l’heure, rien n’engage officiellement le gouvernement à la lecture de ce communiqué. Donc, l’Etat malien n’a pas encore opté pour négocier avec les chefs des groupes armés terroristes. Cela revient à dire que c’est le Haut Conseil Islamique qui, selon le même communiqué, a émis la volonté de mener une mission de bons offices sans avoir été mandaté par les autorités nationales. Dans ces circonstances pareilles, il est difficile d’espérer des résultats concrets.

La question qu’il faut se poser est de savoir si l’actuel président du Haut Conseil Islamique (HCIM), Chérif Ousmane Madani Haïdara, est vraiment mieux placé pour conduire lui-même une telle mission. Il est très difficile de répondre par l’affirmative. D’autant plus que celui que l’on appelle guide de la Fédération internationale Ançar-Dine (FADI), Chérif Ousmane Madani Haïdara, ne semble pas avoir la même conception de l’islam que ceux-là avec qui il doit négocier. D’un côté, l’on a un islam rude, radical et intolérant, qui œuvre de toutes ses forces pour l’instauration de la charia dans le pays. De l’autre, l’on a un islam plus discipliné, tolérant et capable de remplir des stades à Bamako. Deux entités islamiques qui ne partagent pas la même idéologie.

Par contre, une autre option serait possible. Il s’agit de mettre à contribution le président d’honneur du Haut Conseil Islamique, Imam Mahmoud Dicko. D’ailleurs, ce dernier ne sera pas à son premier essai. Avec lui, le Mali a plus de chance de nouer un dialogue sincère avec Iyad Ag Ghali, surtout quand on sait que ces deux personnalités se connaissent mieux.

Au-delà de la ligne rouge qui concerne le caractère laïc et républicain du pays qui ne sera pas négociable comme recommandé par le peuple malien dans les résolution du Dialogue National Inclusif (DNI) tenu en 2019, sur quoi le Haut Conseil Islamique et ces chefs terroristes pourraient-ils encore négocier ? Et surtout quand on sait que les mêmes chefs terroristes ont déjà exigé, début de 2020, le départ de toutes les forces étrangères du Mali comme condition sine qua non pour nouer le dialogue avec le gouvernement. Si cette condition demeure toujours, il faut dire que rien n’est encore joué et que tout dépendra du gouvernement.

La seule chose que l’on puisse dire, c’est que le Haut Conseil Islamique, à travers son président, Chérif Ousmane Madani Haïdara, ou alors son président d’honneur, Imam Mahmoud Dicko, pourrait tenter sa chance en attendant que le gouvernement n’éclaircisse sa position et ne décide de prendre officiellement les choses en main.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

MaliwebCrise malienne
Malgré le communiqué de démenti du 21 octobre 2021 de n’avoir mandaté personne pour négocier avec Iyad Ag Ghali, chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et Amadou Koufa, chef de la Katiba Macina, afflué au GSIM, le gouvernement n’a pas encore écarté l’option du...