Depuis quelques mois, la localité de Farabougou, à 39 kilomètres de Niono, est devenue un point noir dans la zone Office du Niger où la psychose a notamment gagné le monde paysan. Malgré la présence des FAMa dans ce village assiégé par les terroristes, les échos de la zone ne plaident plus en faveur d’une saison agricole favorable. Pour qui connaît donc le poids de la zone dans le ravitaillement du pays en céréales point besoin de détail officiel pour s’inquiéter de la sécurité alimentaire du pays.

De sources concordantes, le week-end dernier, ont fait état de champs de riz incendiés par les jihadistes qui écument les localités du cercle de Niono, épicentre de l’Office du Niger, alors que le riz dans les périmètres était prêt pour la récolte. Si les sources ne font pas cas d’affrontement entre jihadistes et paysans où force de défense et de sécurité, depuis peu, il n’en demeure pas moins que la psychose, à cause de la présence d’éléments terroriste, empêchent des paysans à faire face aux occupations champêtres, don la récolte du riz.
Les dernières tueries, selon nos sources, remontent au mois de décembre dernier où des paysans avaient été accrochés par les terroristes et tués dans leurs champs où ils s’étaient rendus pour la récolte. C’est dans ce cadre que trois paysans ont été tués ce 6 décembre 2020, à environ 5 km du village de Goma-Coura, dans le cercle de Niono, selon des sources locales.
Ces mêmes sources indiquent que deux autres cultivateurs ont été blessés dont un cas grave évacué à Niono. Les assaillants seraient venus à bord de 3 pick-up, rapportent des témoins. Le 26 novembre dernier également, c’est le village de Dogofry K6 qui avait subi un assaut mené par plusieurs individus armés. Six personnes ont trouvé la mort, trois autres blessées grièvement ont été admises dans un centre de santé. Les faits s’étaient produits, lorsque les habitants, en pleine récolte, ont été surpris dans leurs champs par des hommes armés. Ils ont ouvert le feu sur ces paysans sans défense, tuant du coup six personnes et emportant avec eux leurs outils de travail.
Cette attaque de K6, dans la commune de Dogofry, est identique à celle menée, il y a une dizaine de jours, contre des paysans de Farabougou, dans la même zone. Alors qu’ils récoltaient leurs champs d’arachide et de riz situés à la périphérie du village. Au cours de cette incursion, deux paysans ont été kidnappés, leurs céréales également emportées.
Ce contexte d’insécurité accumulé à la crise d’engrais en début de campagne agricole aura un impact négatif sérieux sur les prévisions en matière de production rizicole dans la zone Office du Niger, même si les autorités n’en pipent que rarement mot. En effet, lors de la campagne agricole de cette année, non seulement les subventions des engrais ont été accordées à la dernière minute, mais aussi au lieu 6 sacs d’engrais par hectare, on est revenu à 3 sacs par hectare, selon des sources paysannes.
Face à la situation préoccupante, les autorités de la transition sont fortement interpellées, elles qui se sont engagées à combattre le terrorisme pour un retour rapide de la paix et la quiétude dans le pays.
Toutes les opérations visant à l’atteinte de cet objectif seraient salutaires et les bienvenues, à l’image de ‘’Eclipse’’, une initiative que le vice-président de la transition Assimi Goïta est allé apprécier, ce 9 janvier 2021, en compagnie de l’Ambassadeur de France au Mali. Mais, il est temps de retourner aux populations de Farabougou leur dignité, à travers une opération militaire salutaire, en vue de préserver la zone Office du Niger, le grenier de l’Afrique de l’Ouest, qui si l’on ne prend garde, risque de se transformer en ‘’no man’s land’’, à l’image d’autres parties du Mali.

Par Sidi DAO

Source: info-matin

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Depuis quelques mois, la localité de Farabougou, à 39 kilomètres de Niono, est devenue un point noir dans la zone Office du Niger où la psychose a notamment gagné le monde paysan. Malgré la présence des FAMa dans ce village assiégé par les terroristes, les échos de la zone...