Les chefs d’État du G5-Sahel se sont retrouvés dans la capitale mauritanienne, ce mardi 30 juin 2020, pour le sommet du G5-Sahel. A l’ordre du jour de cette rencontre : faire le point de la mise en œuvre de la feuille de route convenue lors du Sommet de Pau, le 13 janvier 2020. Plusieurs chefs d’État, dont celui de la France (Emmanuel Macron), ont effectué le déplacement.

Faire le point sur la mise en œuvre des engagements pris lors du sommet de Pau en France, le 13 janvier 2020, tel était le but de ce sommet du G5-Sahel qui a réuni plusieurs chefs d’État à Nouakchott, en Mauritanie, ce mardi 30 juin 2020.

La persistance des attaques terroristes au Sahel, la détérioration de la situation sécuritaire en Libye, l’instabilité due à la pandémie de la covid-19 avec comme corollaire une crise économique et sociale sont entre autres des fléaux qui frappent ces régions du Sahel, voire le monde entier. C’est pourquoi dans le communiqué final de cette rencontre, nous pouvons lire : « Ce Sommet marque une nouvelle étape dans le suivi des engagements communs pris à Pau ». Les chefs d’État présents à la rencontre ont saisi l’occasion pour décrire ce contexte particulier dans lequel se tient ce sommet.

Crise économique

S’agissant du volet économique, le communiqué final du sommet indique  que« la pandémieaffecte gravement les économies des pays du G5 Sahel déjà fragiles, avec un risque de contraction sérieuse du Produit intérieur brut (PIB) pouvant aller, pour certains États, de 7% à 8% en 2020 ». Cette rencontre a été une occasion pour ces chefs d’État de réitérer leurs engagements à lutter efficacement contre cette maladie. Pour ce faire, ils ont renouvelé« leur appel à l’annulation de la dette extérieure des pays du G5 Sahel ».

Vaincre l’impunité

Sur le plan sécuritaire, ce sommet a servi d’occasion pour les chefs d’État de ces cinq pays du Sahel de montrer leur volonté à ouvrir des enquêtes afin de mieux clarifier les allégations d’exactions attribuées à des éléments des forces de défense et de sécurité. Ils rassurent que si les faits sont avérés, des sanctions exemplaires seront prises.« La lutte contre le terrorisme se poursuit avec détermination et une meilleure cohérence d’ensemble », lit-on dans le même document.

Les chefs d’État sahélien ont saisi cette opportunité pour demander la poursuite des mobilisations contre les terroristes. Dans ce sens, ils appellent à la« poursuite de la mise en œuvre de la Feuille de route de Pau et du Plan d’action de la Force conjointe du G5 Sahel ». Ainsi, aucune violation des droits de l’homme ne sera tolérée, rassurent-ils avant de faire savoir leur volonté de judiciariser les « champs des opérations ».

Dans cette dynamique, les chefs d’État du G5 Sahel « ont salué l’engagement des effectifs supplémentaires de la Force Barkhane au cours du dernier semestre et l’opérationnalisation du Mécanisme de Commandement conjoint facilitant la coordination entre la Force conjointe du G5 Sahel et la Force Barkhane ».

Une démarche soutenue par la France. Selon son président, Emmanuel Macron, « Quand la France s’engage, c’est toute l’Europe qui s’engage avec elle ». Or la France restera toujours au côté des pays du sahel dans sa lutte contre le terrorisme ainsi que la Covid-19, a-t-il précisé. A l’en croire, cette mobilisation contre le terrorisme est aussilavolontéde la France « d’européaniser la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. C’est une solidarité de l’Europe à l’égard de l’Afrique ».

Problèmes de développement

Pour sa pleine opérationnalisation et son développement, le G5-Sahel a besoin de ressources. Les chefs d’État de la région le savent. Ce qui les amène à demander la libération del’ensemble des fonds promis lors du Sommet de Nouakchott, le 6 décembre 2018.

En plus du problèmed’acquisition des ressources, les chefs d’État du G5-Sahel estiment que le problème du sahel est également une question de développement. Ils apprécient à ce titre les différentes initiatives prises dans ce sens et instruisent aux ministres en charge du développement « d’accélérer la mise en œuvre des programmes de développement, en coordination avec les partenaires du G5 Sahel ».

Crises maliennes

Les avancées opérées dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger ont été appréciées par l’ensemble des chefs d’État qui ont réaffirmé leur engagement à accompagner ce processus. Outre cet aspect, ils ont apprécié les démarches récentes de la CEDEAO au Mali pour l’apaisement du climat social. Ils se sont montrés opposés à toute forme de violence et invitent les différentes parties au dialogue. Ils invitent également la CEDEAO à poursuivre son arbitrage.

Recommandations

Après avoir apprécié toutes les initiatives prises pour vaincre l’hydre terroriste dans le sahel, les chefs d’État ont néanmoins noté « la persistance d’un second front dans la zone du Lac-Tchad au Niger et au Nigeria et un renforcement des capacités terroristes locales dans ces zones, remettant en cause les résultats obtenus lors de l’opération « Colère de Boma ». Ce n’est pas tout, l’extension des attaques terroristes en direction de la Côte d’Ivoire n’a pas échappé aux remarques des chefs d’États sahéliens. Ce qui les amène à prôner l’urgence « d’une action collective et énergique » en vue d’éradiquer le mal.

La redynamisation progressive du cadre d’échange, d’analyse et d’exploitation coordonnées des renseignements à travers le processus d’institutionnalisation de Plateformes nationales de Coopération en matière de Sécurité (PCMS) a reçu toute la satisfaction des chefs d’État sahélien. Tout en saluant ainsi leurs partenaires pour leurs accompagnements, ces chefs d’État n’ont pas manqué d’insister« sur la nécessité de poursuivre et de renforcer l’appui en équipements des Forces de défense et de sécurité des États membres du G5 Sahel et de la Force conjointe ». Outre cela, « ils ont également encouragé l’élargissement et la diversification des activités de soutien de tous les partenaires à tous les pays membres du G5 Sahel, y compris en matière de formation, en fonction des besoins et spécificités de chacun ».

La restauration de la confiance entre les citoyens et les autorités est un autre point ressorti au cours de cette rencontre. « Le retour de l’État et des administrations dans les zones fragiles est engagé », lit-on dans le communiqué final du sommet. Ainsi, les chefs d’État ont jugé nécessaire la mise en place d’« initiatives à l’échelle régionale, nationale et locale, en faveur du dialogue intercommunautaire, de la réconciliation et du traitement des questions de fond sur le partage des ressources ou les litiges fonciers ».

Ils demandent un engagement militaire accru de la Communauté internationale dans la lutte globale contre le terrorisme au Sahel.

Lors de ce sommet, les chefs d’État du G5-Sahel n’ont pas manqué de réitérer leurs demandes de financement pérenne de la Force, ainsi que d’octroi d’un mandat sous le Chapitre VII de la charte des Nations-Unies.

« Le prochain Sommet se tiendra courant 2021 dans un pays du G5 Sahel. La Coalition pour le Sahel y sera associée. Le suivi des engagements inclura les ministres en charge du développement en plus de ceux des Affaires étrangères et de la Défense », a-t-on conclu le communiqué final.

Fousseni Togola

 

Source: Journal le Pays- Mali

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Les chefs d’État du G5-Sahel se sont retrouvés dans la capitale mauritanienne, ce mardi 30 juin 2020, pour le sommet du G5-Sahel. A l’ordre du jour de cette rencontre : faire le point de la mise en œuvre de la feuille de route convenue lors du Sommet de Pau, le...